Mêmoire des premières professions
Jn 15, 1-5. 9-17, 1Co 3, 9-11. 16-17

Mes sœurs, chers amis,

Vous fêtez donc en ce jour l’anniversaire des premières professions qui ont eu lieu en 1952 a Grandchamp. Profession des premières sœurs qui ont osé dire le oui de toute une vie offerte à Dieu en Jésus Christ.

Un oui qui a porté du fruit puisque aujourd’hui la communauté est là, vivante, priante, célébrant par sa forme de vie communautaire et par sa vie de prière, le Dieu que nous a révélé Jésus le Christ.

Jésus, qui nous appelle à demeurer en lui, comme lui demeure en nous.

C’est ces mots de l’Evangile qui me frappent ce soir.

Demeurez en moi, comme moi je demeure en vous.

Le verbe grec traduit ici par demeurer, se traduit aussi aussi par rester, s’arrêter, persévérer, endurer, continuer à garder, attendre, se loger….

(En référence à un lieu Séjourner, s’attarder
Ne pas partir Continuer à être présent
être retenu, gardé continuellement
En référence au temps
Continuer à être, ne pas périr, durer, endurer
De personnes : survivre, vivre
En référence à un état ou une condition
Rester le même, ne pas devenir un autre ou différent
S’attendre, attendre quelqu’un)

Et donc pour tous ceux qui s’engagent pour le Christ, qui disent un oui à Dieu, et quel que soit la forme de cet engagement, c’est cette relation au Christ, faite de persévérance, d’attente, de proximité, d’endurance aussi qui permet de porter du fruit.

Et ce fruit que nous sommes appelés à porter, c’est le fruit de l’amour. Ce que je vous commande, c’est de vous aimer les uns les autres.

Autrement dit, l’amour n’est pas une condition, l’amour n’est pas un chemin, l’amour reçu, puisque nous sommes aimés de Dieu et l’amour partagé parce que l’amour ne se met pas en conserve, l’amour est le fruit de cette communion avec celui en qui nous sommes invités à demeurer et qui lui, demeure en nous. Et ce fruit mûrit à l’écoute de la Parole de Dieu. En l’écoutant et bien sur en vivant la Parole, au jour le jour, dans nos relations au quotidien, nos choix, nos engagements, nos renoncements.

Pour parvenir à vivre de cette parole jour après jour et porter les fruits de l’amour, celui qui nous aime demeure en nous. Reste avec nous, s’arrête et loge chez nous. Persévère avec nous.

Alors nous pouvons aimer,

comme ces 2 frères dont l’un était célibataire et l’autre marié, et qui possédaient une ferme et travaillaient ensemble.

La moitié de chaque récolte était séparée en 2 à chaque moisson et tout allait bien. Puis de temps a autre le frère marié commença a s’éveiller en sursaut la nuit et se mettait à penser : ce n’est pas juste. Mon frère n’est pas marié et il reçoit la moitié du produit de la ferme. Moi j’ai une femme et 5 enfants et j’ai toute la sécurité pour mes vieux jours. Mais qui prendra soin de mon frère quand il vieillira ? Il faut qu’il épargne plus en prévision de l’avenir. Beaucoup plus que maintenant… Sur ces pensées il se glissait hors de son lit, allait chercher un sac de grain dans sa réserve qu’il portait dans la réserve de son frère.

Le célibataire commença lui aussi a subir de pareilles attaques nocturnes, et se disait : ce n’est pas juste mon frère a une femme et 5 enfants et il reçoit la moitié de la récolte. Moi je n’ai que moi même à soutenir. Mais mon frère a des besoins beaucoup plus grands que moi. Alors il se levait allait prendre un sac de grain dans sa réserve et allait le déposer dans la réserve de son frère.

Une nuit ils se levèrent de leur lit en même temps et se retrouvèrent chacun avec un sac de grain sur l’épaule.

Bien plus tard, après la mort des 2 frères, les gens de ce village voulurent construire une église. Ils choisirent l’endroit ou les 2 frères s’étaient rencontrés parce qu’ils ne pouvaient pas imaginer endroit plus saint que celui-là.