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Nouvelle 2001

Nouvelles de Grandchamp 2001

Une attente nous habite

Quand se lèvera-t-elle l’aurore de ce jour nouveau où tous les peuples pourront enfin vivre dans la justice et la paix? Longue est la nuit, interminable le chemin… mais Dieu y marche avec nous, et devant tant de souffrances, n’aurait-Il parfois que son silence pour cacher ses larmes et nous dire l’infini de sa compassion? Oui, nous sommes portés par un très grand Amour. Un Amour qui veille sur le monde à la fois si beau et si meurtri, qui jamais ne nous quitte, nous accompagne, souvent à notre insu, dans tous nos combats, à travers les souffrances, les nuits de notre vie. Une image stylisée, d’origine coréenne, l’exprime mieux que des mots: le Christ tient avec une infinie tendresse le monde dans ses bras. Derrière lui, la Croix, mais la Croix vivifiante, l’Arbre de vie donnant chaque mois son fruit et «dont le feuillage sert à la guérison des nations» (Apoc.22/2).

Dans son homélie pour la fête de la Croix vivifiante, peu après les attentats de New York, le pasteur P. Bühler commentait les textes du jour:

«… le monde est en deuil (…) Nous sommes, comme les enfants d’Israël, mordus par des serpents brûlants: par l’effroi, la tristesse, l’angoisse, la colère, l’inquiétude (…) Il y a collision entre ce que le monde donne à voir et les promesses de la Parole de Dieu. Si nous voulons être honnêtes avec nous-mêmes, avec le monde, avec les textes, nous ne pouvons pas sauter à pieds joints par dessus cette tension, nous devons l’accepter, l’endurer, même si elle vient nous mordre, nous blesser, l’endurer jusqu’à ce qu’elle puisse être assumée dans la foi. Nous aimerions bien sortir de cette tension par une grande victoire, claire, lumineuse, nous délivrant de toutes les morsures.

Ainsi le président Bush a promis au peuple américain la victoire du bien sur le mal, comme s’il était d’emblée clair de quel côté est le bien et duquel le mal! Il faut redouter que ce grand bien, trop vite revendiqué, suscite un mal nouveau (…) La croix ne nous fait pas revivre par une grande victoire, qui nous débarrasse de la mort, du doute, de l’angoisse, de toutes les morsures des serpents (…)mais en nous offrant un nouveau regard (…) Les serpents sont là et ils nous mordent de partout. Mais parce que ces morsures ont été englouties dans la mort du Christ, nous avons cette certitude qui peut renaître sans cesse en nous que ces morsures n’ont pas le dernier mot, qu’elles sont encore et encore accueillies dans l’amour de Dieu pour le monde et les humains qui l’habitent.»

Jésus est allé jusqu’au bout de l’amour; il a donné sa vie pour ses amis et ses ennemis. «La seule réponse à la violence est la sainteté» (p. Ch. Théobald), nous écrivait d’Alger s. Anne-Geneviève. Telle est la réponse de Dieu au mal: un plus grand Amour. «Père, pardonne-leur, ils ne savent pas ce qu’ils font» (Luc 23/34). Insondable profondeur du pardon qui nous relève et nous tourne, nous envoie vers les autres car Jésus nous invite à Le suivre, à entrer dans Son combat contre les forces du mal, tout ce qui défigure l’être humain. «Aimez vos ennemis, priez pour ceux qui vous persécutent» (Mat 5/44). Son appel est d’une brûlante actualité dans un monde où grandissent l’insécurité, l’angoisse, où l’ennemi prend souvent visage de l’autre et de «l’autre différent». Seul «l’amour des ennemis», un amour désarmé, peut faire tomber les murs de la haine et briser le cercle infernal de la violence, ouvrir à un véritable avenir.

Ce combat nous ne pouvons le mener qu’avec Lui et en Lui. «Ni par puissance, ni par force, mais par l’Esprit du Seigneur». A nous de revenir inlassablement à la Source, de contempler l’immense compassion du Père devenue visage en Jésus de Nazareth, de nous tourner vers Celui qui nous appelle au plus intime de notre être, se faisant mendiant de notre amour. Alors peu à peu nous osons nous laisser désarmer – de notre «volonté d’avoir raison», de nous «justifier en disqualifiant les autres», comme le rappelle le patriarche Athénagoras, de nous venger… – pour vivre de la seule force de l’amour, du pardon, de la non violence de l’Evangile. Il s’agit de mener «la guerre la plus dure, la guerre contre soi-même», précise-t-il, d’aller à la racine du mal, de ne pas nous tromper d’ennemi en identifiant l’autre à son mal. Notre seul terrain de combat, c’est notre coeur.

«Unité et Sainteté…
dans la lumière de la Transfiguration»

Le thème de notre Conseil voulait nous orienter d’emblée vers les sources les plus profondes de la communion, la vie de la sainte Trinité en qui déjà nous sommes un. Unité et Sainteté vont ensemble. «La sainteté ignore tout de la division de l’Eglise», disait l’abbé Couturier. La sainteté non pas comme une perfection morale que l’on pourrait se donner, mais comme le don de l’Amour immense de Dieu qui veut se communiquer. Tel un germe déjà déposé en nous, il s’épanouit dans notre communion avec lui. C’est un chemin où nous apprenons à consentir à notre pauvreté existentielle pour l’ouvrir à Sa plénitude. Dieu nous appelle tous et toutes à la sainteté, à nous laisser réconcilier, pacifier, pénétrer de l’esprit des Béatitudes. Il nous veut pleinement humains et nous invite à «être conformes à l’image de son Fils afin que celui-ci soit le premier né d’une multitude de frères et de soeurs» (Rom 8/29).

L’unité en effet vient de l’intérieur, de cette lente et patiente transfiguration de nos vies qui s’opère dans la contemplation du Christ et s’accompagne d’un combat spirituel. Telle était déjà la conviction de Mère Geneviève. Aussi important que fût le travail oecuménique – n’a-t-elle pas pris l’initiative des Entretiens oecuméniques préparant la Semaine de prière pour l’unité dans les années 50 – il devait s’appuyer sur ce qui, pour elle, demeurait l’essentiel: la lutte pour l’Eglise une dans la prière de Jean 17, la croissance dans une vie en Christ jusqu’au jour où «Dieu sera tout en tous» (1 Cor 15/28). Une perspective qui ouvrait à l’unité de l’Eglise certes, mais la débordait jusqu’à embrasser toute l’humanité et même la création.

«Qu’ils soient un comme toi, Père, tu es en moi et que je suis en toi, qu’ils soient en nous eux aussi» (Jean 17/21a). La retraite du Conseil avec le pasteur Daniel Bourguet nous a fortifiées dans le chemin vers l’intérieur vers l’ETRE, et «l’être UN». Qu’il s’agisse d’être «ensemble un» ou «chacun un», soulignait-il, notre unité se situe en Dieu: une unité toujours en mouvement, ni repliée sur elle-même, ni conquérante; une unité qui attire parce que porteuse d’une lumière.

Notre vocation nous engage dans ce long processus d’unification intérieure, de simplification, de conversion dans l’obéissance à l’Evangile pour devenir peu à peu, dans le concret de nos relations, ce que nous sommes déjà en profondeur: des êtres de communion. Apprendre à nous écouter, nous accueillir, à recevoir de l’autre, à oser être pauvres ensemble. Vivre la koinonia, un don et une tâche: manifester le mystère de communion qu’est l’Eglise. Tel est le défi lancé aux communautés monastiques plus particulièrement -thème d’une conférence de s. Minke ce printemps. Nous ne sommes pas des anges pour autant - peu s’en faut - mais les continuels recommencements, les échecs même ne nous font-il pas grandir dans un amour humble. Un Autre est à l’oeuvre… Et nous avançons ainsi portées par la prière du Christ : «Que tous soient un… afin que le monde croie que tu m’as envoyé et que tu les as aimés comme tu m’as aimé» (Jean 17/21,23).

Prier et lutter pour l’unité des Eglises, non comme un but en soi, mais afin d’être ensemble un signe visible de la communion d’amour que Dieu veut pour toute l’humanité, dans la joie de la diversité, le respect des différences et du chemin de chacun(e) vers Dieu. Aujourd’hui plus que jamais peut-être nous avons conscience que nous ne pouvons pas être sans les autres; nous avons besoin d’eux pour devenir pleinement nous-mêmes. Tous nous cheminons vers Celui qui a laissé son empreinte dans le coeur de chaque être humain. L’appel à l’unité nous engage à approfondir notre relation avec le peuple de la première alliance, affirme la Charte Oecuménique signée en avril dernier par le président de la Conférence des Eglises Européennes et le président du Conseil des Conférences Episcopales Européennes, à développer le dialogue avec l’islam, et les autres religions, à travailler à la réconciliation des peuples et des cultures, à la sauvegarde de la création.

Différents apports

Différents apports ont nourri notre prière et notre réflexion les situant dans l’aujourd’hui de l’Eglise et du monde: une session avec Lytta Basset sur l’esprit de jugement, les témoignages de Gottfried Hamann, f. Franz Müller et Marc Donzé, puis de l’abbé Duruz, ancien vicaire épiscopal à Neuchâtel, sur leur engagement oecuménique. Nous avons eu la joie et le privilège d’accueillir Mme E. Starobinski qui nous a donné l’approche juive d’«Unité et Sainteté». Karin Stahl nous a présenté la démarche des Exercices Contemplatifs donnés à Gries, en Allemagne, où plusieurs soeurs ont eu l’occasion de vivre une retraite. L’apprentissage de l’écoute dans le silence que propose le père Jalics répond au désir de beaucoup aujourd’hui, et rejoint la dernière parole que nous a laissée Daniel Bourguet: «Je vous demande de toujours laisser une place au silence. C’est du silence que naît l’émerveillement». Emerveillement devant la certitude qui, un jour, monte en nous: «Dieu est amour». C’était le thème de la première retraite à Grandchamp en 1931, il y a 70 ans! Véronique Laufer a retracé pour nous les étapes de sa préparation, mis en relief le souci constant de Mère Geneviève de voir le silence y occuper une place essentielle: le silence comme pauvreté, effacement de soi pour laisser Dieu se dire en nous, recevoir la Parole de vérité, celle qui nous libère du mensonge et nous enfante à la vie, pour entrer dans un autre regard qui nous fait découvrir les autres d’abord, mais aussi le monde qui nous entoure, aujourd’hui encore «champ de bataille», comme le temple de Sa Présence…

Rencontres

La vie au fil des jours et des rencontres nous offre maintes occasions de nous entraîner et de nous fortifier dans une communion toujours plus profonde. Les échanges, les liens d’amitié nouveaux et anciens avec de nombreuses communautés, le partage au quotidien dans la durée avec des soeurs d’autres monastères sont autant de visitations, d’occasions privilégiées où il nous est donné d’accueillir ensemble la réalité de notre unité en Dieu et d’apporter de nouvelles couleurs à notre palette. Mentionnons, parmi d’autres, quelques rencontres:

A Grandchamp, une session avec S. Pacot et M.- M. Laurent a réuni une trentaine de responsables de communautés et de noviciat avec le thème la communauté, lieu de communion; les rencontres des comité de KAÏRE et de l’E.I.I.R.; le Congrès International et Interconfessionnel pour religieux(ses) à Subiaco, la Kommunitäten Treffen en Pologne, le IXe Colloque Oecuménique International à Bose; un Colloque sur Dom Lambert Beauduin dans le cadre des 75 ans de Chevetogne.

Le noviciat aussi élargit son horizon: s. Regina a participé à une session pour responsables de noviciat (bénédictins et cisterciens) à Bose. Les novices ont bénéficié d’une formation biblique inter-monastères dans le cadre de SDC. A deux reprises, avec Bianca fraîchement entrée au noviciat, elles ont passé une journée au Pâquier pour se familiariser avec la vie et la spiritualité du Carmel; privilège aussi pour elles de vivre une semaine d’études sur la christologie avec frère Pierre-Yves de Taizé.

A l’occasion de leur 40ème anniversaire de profession, un joyeux pèlerinage a conduit s. Paule, s. Laure, s. Monique et s. Anne-Geneviève, accompagnées de s. Minke et de s. Myriam, chez les Bernardines de Collombey. Joie d’accueillir s. Hanna de Ste Françoise Romaine pour sa retraite de profession et de visites au Bec Hellouin, chez les frères à Rostrevor, à Corymeela, Versailles, Eygalières, Taizé… Soeur Minke a répondu à plusieurs invitations: Pomeyrol, Bose, Cabanoule, Namur, Venières…, s. Michèle à celle des soeurs de la Cella d’Ordo Pacis pour leur retraite.

L’Afrique nous reste bien présente… rencontre émouvante avec Laurien puis avec l’évêque anglican Yered Kalimba, tous deux artisans de réconciliation au Rwanda. Lucette et Ebenézer du Cameroun nous ont rejointes pour la retraite de Pâques donnée par le pasteur U. Rüegg. Les échanges deviennent réguliers avec nos amis du Bénin; Evelyne Roulet et Maurice Bodinier y sont allés pour deux retraites après Pâques; Richard, frère de Timothée et membre du T.O.U. nous a réjouies par sa visite en automne!

Un pèlerinage en Pologne a permis à s. Michèle de rencontrer un peuple très attachant, accueillant, mais aussi beaucoup de souffrances (du passé et du présent). Les communautés juives, luthériennes et catholiques l’ont beaucoup impressionnée. Combien une attitude d’humilité et de vérité réciproque peut ouvrir les coeurs et permettre des premiers pas de réconciliation. «Je suis profondément reconnaissante à mes frères et soeurs polonais, à tous ces nouveaux amis! Ce que le père Manfred Deselaers, prêtre allemand vivant à Auschwitz depuis 10 ans, écrit dans un exposé pourrait résumer tout ce voyage: “Comment pourrions-nous perdre si totalement l’attitude de respect devant la dignité humaine? Auschwitz est une plaie qui fait encore mal, le souvenir ne doit pas nous rendre malade, mais plus humain, nous guérir. La réponse au cri d’Auschwitz n’est pas une théorie sur Dieu, mais un amour actif. Nous devons la vision de la dignité humaine à la révélation judéo-chrétienne. – Comme chrétien, je suis profondément reconnaissant au peuple de Dieu pour cette révélation.” – En 1972, à l’occasion de la béatification de Maximilien Kolbe, le Cardinal Wojtila disait: “… dans ce lieu d’extrême humiliation, nous voulons fêter la victoire de la dignité humaine.”…»

Dans nos différents lieux:

Ste Elisabeth

s. Claire-Irène et s. Maatje sont reparties pour Ste Elisabeth le 11 septembre! rejointes quelques semaines plus tard par s. Mechthild. Voici ce que s. Claire-Irène nous partageait cet été: «C’est un grand défi de rester signe d’espérance et de vie… Se tenir simplement devant Lui, suspendues à la miséricorde, c’est tout ce que nous pouvons faire. Ce que nous pouvons partager, c’est ce que nous essayons de vivre entre nous, jour après jour, très pauvrement dans une grande vulnérabilité: les réconciliations, le pardon, la confiance, les continuels recommencements, l’amour mutuel, les petites joies de la vie, et ce sont nos mains vides. Pour être un lieu où Dieu puisse se dire au monde nous avons à laisser le Christ creuser en nous ce regard de foi, ce regard de compassion dans le silence, laisser grandir en nous l’Amour afin d’être une parole vraie et de permettre à la lumière de transpercer les ténèbres qui nous entourent. Nous sommes des mendiants entre le ciel et la terre, entre le déjà et le pas encore. Nous sommes là pour accueillir le cri qui monte du désarroi de tant d’êtres, de notre voisine (juive peu pratiquante) par exemple – cela pourrait être aussi celui d’un amie palestinien… En me voyant elle laisse libre cours à son angoisse: «Mais enfin où est-il, Dieu? S’il était là il ne laisserait pas faire tout ce mal…». J’essaie, très maladroitement, d’esquisser une réponse qui ne vient pas. Alors, je me tais, impuissante; de plus en plus silencieuse, je réalise que ce n’est pas une réponse que j’ai à donner, mais simplement à être une présence d’amitié, de solidarité dans la souffrance, une présence qui écoute et qui compatit. Et dans le calme qui revient, je fais cette expérience bouleversante, que nous nous rejoignons alors, à un autre niveau, dans une profonde communion dans l’essentiel, où les mots deviennent superflus…»

Alger

A Alger au milieu de beaucoup de violence, de découragement, s. Renée et s. Anne-Geneviève partagent le quotidien souvent difficile de ceux et celles qui les entourent. Le départ des frères qui espéraient retourner à Tibhirine laisse un grand vide. «Comment vivre en communion dans l’acceptation d’un vrai pluralisme où chacun soit respecté, accepté, mis en route vers un but commun? aussi bien en politique que dans l’Eglise, les familles, – dans le dialogue avec l’islam –? Question essentielle posée dans le pays, par le pays» écrivait s. Renée.

Chalencon

A Chalencon, en Ardèche, avec l’arrivée de s. Judith, les soeurs sont entrées dans une nouvelle étape. La vie grandit: «la petite semence de vie que nous jetons ici, dans ce coin de terre un peu perdu, semble être bien dérisoire face aux grands bouleversements que vit notre monde, mais nous sommes convaincues de l’impact des tout petits pas et gestes d’amour, de pardon, d’espérance qui sont à notre portée». Au niveau de l’accueil, les offres de retraites se diversifient et les soeurs se réjouissent de pouvoir collaborer avec plusieurs pasteurs du Consistoire. Il faudra certainement envisager des travaux pour rendre le Home de Grâce plus silencieux et plus fonctionnel!

Sonnenhof

Au Sonnenhof l’année a été marquée par de nouveaux changements: s. Gabrielle a dû revenir à Grandchamp pour des raisons de santé et s. Thérèse prendre la responsabilité de la maison avec s. Dorothea à ses côtés. S. Birgit a remplacé s. Veronika. Etre 8 au lieu de 9 demande beaucoup de créativité et de disponibilité! l’aide d’amies proches est un soutien réel. Joie de la présence de Madame Drobot pour la semaine de peinture d’icônes – cette année en collaboration avec s. Olga – une retraite très demandée.

Woudsend

A Woudsend où Maria de Groot s’est installée voilà 20 ans, rejointe quelques années plus tard par s. Christianne, le travail avec les groupes de femmes et des groupes mixtes maintenant se poursuit et s’élargit. Fécondité d’une présence qui permet à de nombreuses personnes un peu en marge de l’Eglise de garder un lien avec elle.

Grandchamp

A Grandchamp comme dans les autres lieux, l’appel à la réconciliation, à l’unité travaille tout le corps et nous rejoint souvent là où nous sommes le plus vulnérables. La situation actuelle nous voit très démunies parfois pour répondre aux besoins internes de la communauté, sans même parler des sollicitations extérieures! Cela nous exerce à grandir dans une attention aux autres à bien des niveaux et à grandir dans une solidarité, une meilleure «circulation» entre les différents lieux. Outre les échanges réguliers avec les soeurs, nous avons eu la joie d’accueillir le pasteur Ruesch, un fidèle du Sonnenhof, pour notre retraite communautaire, en allemand, de la Chambre Haute.

Au niveau du travail nous avons été bien soutenues par un groupe d’aides d’une grande diversité dont Andreas, un jeune volontaire de Eirene qui est là pour une année. Tout cela nous a permis d’assumer un très grand accueil, et même d’élargir nos propositions de retraite: une session de mémorisation de la parole par la cantilation avec Bernard et Anne Frinking qui reviendront en 2002! une retraite itinérante avec le pèlerin Henricus des Pays-Bas; s. Christel a donné une retraite de 8 jours selon St Ignace, et proposé un chemin spirituel dans le quotidien en soirées, proposition qui avec les Entretiens de Grandchamp, nous permet de répondre un petit peu aux sollicitations locales. En août Françoise Wilhelmi et s. Christianne ont animé la 20ème session de «Jeûne et Prière»!

Pendant les mois de grand accueil, de Pâques à mi-novembre, la cour de Grandchamp n’était qu’un vaste chantier: fouilles et tranchées dans tout le hameau pour le renouvellement des canalisations d’eau. Importants travaux aussi chez nos voisins et à l’Amandier dont la façade ouest est magnifiquement restaurée!

Dans son homélie le pasteur Bühler évoquait le deuil du monde, il a évoqué aussi celui de la Communauté: s. Emmy venait de perdre sa maman et de s’envoler avec s. Siong pour rejoindre sa famille en Indonésie. Ensemble elles ont pu vivre les cérémonies du deuil dans la tradition batak. D’autres soeurs ont été touchées par le départ de parents proches, et nous toutes par ceux du père Corbon (Liban) et de Marie-Thérèse Porcile (Uruguay), deux grands passionnés de l’unité, de Rina Geftman (Israël), de Suzy Gaillard, Esther Faez, Ulla Petersen et Christel Schütte du T.O.U., de Théo Ammann, Daniel Brandt, Samuel Basset, Claudine Hunkeler, notre voisine, Frieda Bichsel, une voisine du Sonnenhof…

Dans la lumière de la communion des saints du ciel et de la terre, au coeur de notre monde déchiré, nous pouvons chanter la promesse d’un ciel nouveau et d’une terre nouvelle où «Il essuiera toute larme de leurs yeux. La mort ne sera plus. Il n’y aura plus ni deuil, ni cri, ni souffrance, car le monde ancien a disparu.» (Apoc. 21/4). Une espérance qui, loin de nous arracher à la réalité, nous donne de la vivre les yeux fixés sur Celui qui est, qui était et qui vient, le Prince de la Paix!

Et à vous tous et toutes qui nous soutenez de tant de manières, nous portez par votre prière, votre amitié, nous souhaitons un Noël béni!

s. Pierrette et ses soeurs

Communauté de Grandchamp
Grandchamp 4
CH - 2015 AREUSE

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CCP 20-2358-6
(pour la France: Dijon 6 225 36 H)