.
Nouvelles 2004

Nouvelles de Grandchamp 2004

De commencement
en commencement…

A chaque pas
prends le temps d’aimer

Sœur Marguerite

Accueillir le jour qui se lève comme cet aujourd’hui toujours neuf où Dieu nous attend pour y ouvrir avec nous des chemins d’espérance: oser la confiance là où la peur risque de prendre le dessus – cette peur grandissante, autour de nous, de l’autre différent par son origine, sa culture, sa religion –, oser des gestes de solidarité, pardonner à qui nous a blessés, écouter la souffrance, redonner courage…

Cheminer avec le Dieu de l’espérance… Voilà ce qui nous a orientées dans le quotidien depuis nos deux derniers Conseils, ce qui nous a aidées à avancer, à reprendre la route là où nous étions tentées par le découragement, gagnées par un profond sentiment d’impuissance devant les événements, proches ou lointains, causant tant de souffrances, la mort de tant d’innocents.

Et Dieu, lui, envers et contre tout, ne cesse d’espérer en l’être humain. Il met en nous sa confiance et reste suspendu à notre réponse. Visage d’un Dieu désarmé dans un monde rempli de violence. Devant telle ou telle situation humainement sans issue surgit parfois en nous la question: Qu’attends-tu de moi? Dieu ne nous demande pas des choses extraordinaires, mais de marcher humblement avec lui, jour après jour, d’aller ainsi de commencement en commencement, sans nous laisser arrêter par les échecs, les faux pas, les faiblesses ou même les impossibilités que l’on découvre en soi et dans les autres. Invitation à ne rien retenir, à renoncer à l’idée que les choses pourraient, auraient pu ou dû se passer autrement. Nous pouvons alors simplement être là, dans le présent, dans le consentement à tout ce qui est. Avancer le cœur libre, pauvre, recevoir le sens de notre existence dans l’ouverture à l’Autre et aux autres, à toute la création. Viens et suis-moi. Avance en eau profonde.

Avancer ensemble, tendues vers le Royaume qui vient, où Dieu sera tout en tous. Qu’attend-il de nous sinon d’accueillir le don d’une communion toujours offerte. Que serait une vie commune si elle ne nous apprenait pas à vivre la relation, le don de nous-mêmes, à aimer pauvrement, petitement souvent, à la suite du Christ? Et ce don n’a rien d’éclatant. Une communauté n’est pas toujours un havre de paix. Toutes les sensibilités s’y rencontrent, tous les tempéraments s’y heurtent, plus fortement qu’ailleurs peut-être car il n’y a pas d’échappatoire possible. Que deviendrions-nous sans le pardon qui nous ouvre à une continuelle nouveauté de vie? A travers lui rayonne une étincelle de cet amour qui nous porte notre vie entière. Avancer, «aller de commencement en commencement par des commencements qui n’ont pas de fin» (Grégoire de Nysse), parce qu’un Autre nous fait confiance. Je t’ai vu, disait Jésus à Nathanaël. Regard d’une infinie bonté, qui fait vivre, nous accueille dans ce que nous sommes vraiment et nous invite à renouveler à chaque instant notre regard sur l’autre telle qu’elle est, tel qu’il est, dans sa différence, sa beauté, sa grandeur et ses faiblesses, dans un devenir… un regard qui espère.

Avancer ensemble en nous recevant d’un Autre, et à chaque étape, à chaque âge nous ouvrir à une nouveauté de vie. Chaque génération est un don pour les autres, pour toute la communauté, nous l’apprenons douloureusement parfois. La vie demeure cette marche en avant, jusqu’au bout, jusqu’en cet ultime commencement où nous entrerons dans l’éternité de Dieu comme nos sœurs Anne-Marie et Philomena à quelques jours d’intervalle en août dernier. Une grâce de nous trouver alors presque toutes là pour les accompagner dans le grand passage, une force pour notre rencontre communautaire située d’emblée dans la lumière de la communion des saints du ciel et de la terre.

Avancer encore… en faisant mémoire de l’œuvre de Dieu, de ses interventions dans l’histoire, dans celle de la communauté. Mémoire de ces petits commencements contenus en germe dans le départ, voici 50 ans, de quelques sœurs en Suisse alémanique d’une part – ouverture du Sonnenhof –, et en Algérie d’autre part. La fidélité de Dieu au long de ces années, sa constante présence au travers des épreuves du chemin nous fortifient dans la confiance. A nous de retraduire dans l’aujourd’hui l’appel du Christ, dans une écoute toujours neuve de l’Evangile, et d’avancer, – «l’amour ne peut qu’avancer» nous disait frère François dans la retraite du Conseil –, parce que le Christ nous précède, nous appelle, nous ouvre le chemin des Béatitudes: «En marche, les pauvres de cœur…» Puissions-nous le faire en redisant avec le même élan que St Antoine

Aujourd’hui je commence.

Très tôt dans la vie de la Communauté les sœurs ont reçu l’appel d’élargir l’espace de leur tente et y ont répondu courageusement en allant vivre leur vocation de prière, de présence à Dieu et au monde en des lieux différents.

«Qui donc dédaignait le jour des modestes débuts?»
Zacharie 4:10

Sonnenhof

Au printemps 1954, sr Marie-Madeleine et sr Anne-Béatrice, deux romandes, quittaient Grandchamp pour ouvrir la maison du Sonnenhof, en Suisse alémanique (Bâle/campagne).

«50 ans… Un grand nombre d’ami(e)s, venus de très loin parfois, des pasteurs, des hôtes, nos voisins, des maîtres d’état… ont répondu à notre invitation le 6 juin, dimanche de la Trinité, se joignant à notre action de grâce pour la longue fidélité de Dieu et pour tous les liens tissés dans cette région – et bien au-delà, avec une ouverture particulière vers le nord et l’est! Entre nos deux maisons, une toile de tente nous offrait un espace couvert, une chapelle “naturelle” où nous avons pu célébrer l’Eucharistie.

Le pasteur Georg Vischer, qui a animé de nombreuses retraites au Sonnenhof, a choisi l’Evangile de la fête (Mt. 28:16–20) pour sa prédication. Il a conclu en nous donnant comme Parole, la promesse de Jésus d’être avec nous jusqu’à la fin du monde: “Que signifie cette Parole pour la vocation du Sonnenhof? Tout commence par l’écoute. Le Sonnenhof est un lieu où l’on recherche le silence pour écouter. Lorsque s’apaisent paroles et pensées, nous devenons capables d’écouter la parole de Dieu. Notre louange découle de cette écoute. A la beauté de la Parole de Dieu, nous essayons de répondre par la beauté de notre prière et de notre louange. Il importe enfin de persévérer dans la garde et la mise en pratique de la Parole, de partager avec d’autres ce don reçu: il ne nous appartient pas, il est un cadeau pour tous les peuples.”

La fête s’est poursuivie une semaine plus tard avec un culte œcuménique réunissant les trois paroisses du village (réformée, catholique et méthodiste). Pour de nombreux paroissien-nes ce fut une joie de découvrir la maison: “Nous entendons souvent votre cloche, mais c’est encore plus beau d’être là avec vous maintenant!”

Oui, par ce Jubilé les liens avec l’Eglise, les paroisses du village et avec tant de personnes se sont encore approfondis et fortifiés. Et nous poursuivons la route, demeurant à l’écoute et ouvertes à ce que Dieu attend de nous et veut faire de cette maison, dans la certitude que le Christ est avec nous tous les jours jusqu’à la fin des temps.»

sr Thérèse

Alger

Autre départ, en 1954, celui de sr Marguerite et de sr Philomena pour Alger. Depuis lors des sœurs ont vécu en Algérie essentiellement une présence cachée auprès des plus pauvres dont l’amitié fidèle nous confond. Deux sœurs y demeurent toujours.

«Depuis plus de 20 ans nous faisons partie d’un groupe de rencontre entre croyants chrétiens et musulmans, le Ribat es-salam, “le lien de Paix” (cf Eph. 4) qui aide chacun à vivre la vérité de sa foi dans l’ouverture à l’autre différent. Nous avons deux rencontres annuelles, et nous nous laissons habiter tout au long de l’année par un thème commun, choisi dans l’une ou l’autre tradition, qui nous garde dans l’unité. Nous sommes ensemble des chercheurs de Dieu, et c’est notre joie de découvrir l’Esprit Saint présent en chacun(e) et de grandir ensemble vers Dieu dans le respect de la vocation des un(e)s et des autres. Nous nous voulons partenaires à égalité dans cette quête de Dieu qui fait alliance avec chaque être humain et dont le désir est que se tissent des liens de paix et de communion entre tous.

Deux points de notre Charte commune sont pour nous une référence constante dans les moments difficiles que traverse le pays:

  • En ce temps de violence qui nous atteint tous, entrons dans l’attitude du Dieu de tendresse et de miséricorde qui est avec tout être humain souffrant.
  • Dans nos relations quotidiennes, prenons ouvertement le parti de l’amour, du pardon, de la communion contre la haine, la vengeance, la violence.

En Algérie, l’Eglise, “hôte dans la maison de l’Islam”, se veut chrétienne plutôt que confessionnelle, et demeure à l’écoute d’une quête spirituelle chez beaucoup de jeunes et de moins jeunes qui s’interrogent sur leur foi et cherchent des chemins nouveaux.

Ainsi, nous sommes témoins chaque jour dans la vie de nos voisins, de nos amis, de tous, de ce don de Dieu à accueillir avec un cœur de pauvre dans la patiente espérance renouvelée par Dieu, d’une paix qui permette la vie à tous.»

sr Renée et sr Anne-Geneviève

Ste Elisabeth

D’autres départs se sont échelonnés par la suite en différents pays et milieux et pour des durées variables. Sr Jacoba s’est installée en Israël en 1957. Depuis 1973, des sœurs vivent à Ste Elisabeth, près de Jérusalem, lieu bien significatif pour notre vocation de prière et de réconciliation.

«Dans la situation de violence du Proche-Orient, si confuse et déshumanisante, où s’érige chaque jour un peu plus le mur de la haine, comment répondre à l’espérance de Dieu?

– Etre là, tout simplement en essayant de vivre le pardon et la réconciliation entre nous et avec les autres. Ne pas se laisser paralyser par l’impuissance ou la résignation. Recommencer chaque jour à nouveau en s’accrochant à tous les petits signes d’espérance, et ils sont nombreux!

“Ne reste jamais sur place, cours sur les traces du Christ, et sa trace est un chemin de lumière.” (Règle de Taizé)

Nous avons ce grand privilège de la prière commune qui nous rassemble et nous unit autour de la Parole, dans la louange et l’intercession, où nous pouvons les mains vides et grandes ouvertes nous tenir devant Dieu, lui confier toute cette souffrance et ces cris, tout ce que nous voyons, entendons, sentons. Nous pouvons regarder Jésus le Transpercé, croire à sa victoire sur le mal et faire confiance à l’Esprit Saint Consolateur. Etre là, tout simplement, cela veut dire:

  • Etre une oreille compatissante pour celles et ceux que nous rencontrons quand ils expriment leur désarroi et leur découragement.
  • Avoir le cœur ouvert pour ce médecin israélien qui, sabbat après sabbat, avec une équipe israélienne et palestinienne, va soigner les populations palestiniennes enfermées dans les villages autour de Ramallah.
  • Etre aux côtés de nos amies qui courageusement, semaine après semaine, participent au Check Point Watch; accueillir leur vécu, leur souffrance, leur découragement parfois, leurs questions.
  • Accompagner un rabbin (du groupe “Rabbins pour les droits humains”) dans un camp bédouin maintes fois déplacé, très pauvre et mal situé – ils ne peuvent plus faire paître leurs troupeaux. Ce rabbin essaie de créer dans le camp un centre d’animation sociale et culturelle pour les femmes et les enfants particulièrement. Leur dignité, leur accueil si chaleureux, la joie des enfants nous émeuvent profondément.
  • Soutenir l’animateur et le travail du Centre pour la résolution des conflits et de réconciliation à Bethléem qui a mis en place tout un programme d’éducation à la non-violence.

Le miracle de l’amitié partagée n’est jamais à sens unique. C’est toujours un donner et un recevoir. Et c’est ainsi qu’elle devient source de vie et de joie, la joie des Béatitudes. Elle nous rend capables d’espérer contre toute espérance!»

sr Claire-Irène

Sr Françoise a rejoint, fin septembre, sr Hiltje et sr Claire-Irène pour quelques mois permettant ainsi à sr Maatje de se replonger pour un temps à Grandchamp.

La présence

des sœurs à Alger, à Ste Elisabeth, au Sonnenhof, et à Woudsend, où sr Christianne accueille des groupes avec Maria de Groot, élargit l’horizon de toute la Communauté.

Nous regrettons alors d’autant plus de ne pas pouvoir continuer à Chalencon. Il y a un an, nous mettions le Home de Grâce «en veilleuse» pour discerner la suite. Au fil des mois, des sœurs y ont assumé une présence de prière, et, nous espérons, jusqu’à Pâques 2005 encore. Il a fallu toutefois aussi peu à peu consentir à nos forces limitées. Il ne nous est pas facile de quitter la terre ardéchoise où tant de graines ont été semées, tant de liens tissés, de décevoir l’attente de beaucoup, mais nous savons l’avenir dans les mains de Dieu, Il montrera le chemin.

Au loin

Les limites d’aujourd’hui nous ouvrent pourtant, de manière plus ponctuelle, à d’intenses partages de vie… au loin:

Sr Lauranne a pu vivre le pèlerinage de la Fraternité du Serviteur Souffrant à Aparecida au Brésil en janvier , «la fête des pauvres et des souffrants».

Sr Hélène a assumé pendant une semaine avec sr Yolande, orante de l’Assomption, une permanence de prière à Bruxelles dans la chapelle de la Résurrection. – c’était juste avant l’élargissement de l’Union européenne aux nouveaux membres. Des sœurs d’Ephrem se relaient dans cette chapelle à vocation œcuménique une semaine par mois pour prier et être une présence d’accueil au cœur du quartier du Parlement européen.

La situation, relativement plus calme, mais com-bien fragile encore et menacée au Congo a permis à sr Eve-Evelyne de faire un long séjour dans son pays, la région des Grands lacs, de revoir sa famille, ses amis après deux ans et demi d’absence.

Sr Siong a pu retourner au Surinam avec Twie, sa sœur jumelle, terre d’accueil pour toute sa famille après leur départ d’Indonésie, il y a un peu plus de 40 ans!

A Grandchamp

C’est toujours un immense enrichissement, un grand privilège de pouvoir accueillir des sœurs d’autres communautés, d’autres cultures: expérience de notre unité en Dieu et découverte de la réalité que porte l’autre. Nous l’avons vécu intensément cette année avec petite sr Angéline de Goma (Congo), petite sr Gabrielle Joseph de Touggourt (Algérie), petite sr Lai Fong (Hongkong), sr Mary-Anne et sr Faith de la communauté protestante de Bafut (Cameroun) et sr Joséphine de Mamré (Madagascar). Celle-ci, avec sr Lauranne, sr Gésine et sr Eve-Evelyne, partagera l’aventure du noviciat groupé jusqu’en avril 2005.

Le groupe des «aides» nous apporte toujours, au-delà d’un soutien très réel dans le travail, souffle et diversité de richesses des différents coins du monde, cette année tout particulièrement d’Asie! Merci à chacun et à chacune pour le partage de leurs dons et pour leur générosité!

Evénements et rencontres œcuméniques

Evénements et rencontres œcuméniques nous ouvrent des espaces de réflexion, de partage, nous stimulent dans notre vocation d’unité et de réconciliation:

Pendant la semaine de prière pour l’unité, sr Pierrette et sr Minke se sont rendues en Irlande du Nord pour la dédicace de l’église du nouveau monastère bénédictin de la sainte Croix à Rostrevor. Etape très émouvante pour frère Mark Ephrem et ses frères: leur vie monastique simple et ouverte, profondément œcuménique, leur vocation de réconciliation sont un immense signe d’espérance.

A Hambourg, sr Michèle a animé la retraite pour les sœurs de la Cella d’Ordo Pacis à l’occasion de leur dernier chapitre; un grand tournant pour tout l’Ordo Pacis. Une nouvelle étape s’est ouverte pour chacune, un temps de discernement que sr Waltraut a désiré vivre avec nous.

Sr Minke, sr Siong et sr Dorothea ont retrouvé les sœurs et les frères d’Imshausen, avec qui nous vivons une vraie visitation depuis le début de nos communautés, pour la grande journée d’action de grâce en mémoire des premiers engagements il y a 50 ans.

Depuis l’été, grâce à la présence de Marie-Laure Ivanov parmi nous, quelques membres de la paroisse orthodoxe naissante à Neuchâtel et plusieurs sœurs prient ensemble la prière du cœur. Et quelle joie de vivre l’ordination au diaconat puis à la prêtrise du père roumain Alexandru Tudor, et même de chanter à quelques-unes avec leur petit chœur en ce jour béni!

Parmi les rencontres, signalons… celle du Service des Contemplatives de Suisse Romande pour sr Pierrette et sr Regina, de Kaïre en Roumanie pour sr Anneke, de l’E.I.I.R. en Finlande à Valamo et Colloque sur Thomas Merton à Bose pour sr Minke. Sr Pascale a participé à la rencontre du Département de Recherche communautaire à Penouël, en France et sr Françoise à la session du D.I.M. (Dialogue interreligieux monastique) à Bex, en Suisse.

Le quotidien à Grandchamp…

est le lieu des humbles recommencements; recommencements jour après jour, dans notre vie de prière, notre travail, dans nos relations. Nos deux rencontres communautaires annuelles nous permettent de reprendre souffle ensemble, de nous resituer personnellement et communautairement dans notre vocation. Notre Conseil, en hiver, a été marqué par la profession de sr Marie-Elisabeth, par la visite de Mgr Teissier, archevêque d’Alger – rencontre magnifique avec le pasteur d’une Eglise ouverte au dialogue avec l’islam – et par la présence de Julia, notre sœur du Guatemala. Nos journées de rencontre en été nous ont permis d’entendre M. Michel Bollag, co-directeur juif du Lehrhaus à Zurich, et Théo Buss qui rentrait d’Accra nous apportant ainsi des échos tout frais de l’Assemblée générale de l’Alliance Réformée mondiale. Pendant deux jours Barbara et Eberhard Eberspächer, avec beaucoup de délicatesse, nous ont accompagnées sur notre chemin d’écoute et d’accueil entre différentes générations.

Commencements… au noviciat avec l’entrée de sr Miriam au printemps, et celle de sr Martine très peu de temps après les décès de sr Anne-Marie et sr Philomena. Les plus jeunes bénéficient toujours du cours biblique intermonastique, un lieu d’échange et d’amitié, d’une communion vivante. Les apports fidèles de frère Pierre-Yves de Taizé et de sr Lisa de Bose, celui de Cathy Clifford sur l’œcuménisme, passionnant, n’ont pas été réservés au seul noviciat!

L’accueil est parfois bien exigeant, mais quelle richesse! La quête de Dieu si authentique de tant de personnes nous touche, nous porte et nous soutient. Joie d’une communion qui nous fait toucher au mystère du Corps du Christ. Hôtes et groupes d’horizons très divers se sont succédé. La retraite d’icône, animée par sr Olga et Madame Drobot, a été une bénédiction pour les participant(e)s et pour la Communauté. Trois sœurs de St André sont venues préparer leur prochaine mission à Lisbonne en vue de la Rencontre Européenne (Taizé) de fin d’année. Très beau partage avec les sœurs d’El Roï sur leur vocation de prière et d’accueil en pleine ville de Bâle à la fin de leur semaine de retraite. Et nous avons accueilli pour quelques jours une équipe de la TV hollandaise venue interviewer sr Minke!

Beaucoup d’hôtes ont apprécié la beauté de la façade restaurée de l’Arche et celle de la salle du Jubilé rendue plus lumineuse!

A l’intérieur de cet accueil, nous vivons une communion particulière avec notre famille spirituelle: le Tiers-ordre de l’Unité, a accueilli quatre nouveaux membres: Esther Weibel, Claire-Lise Desbaillet, Martine Berazategui et Daisy Sieber. Lucette, elle aussi membre du T.O.U., venait de vivre une partie du carême et Pâques avec nous, séjour intense avant son départ au Rwanda. Le chemin avec les postulants du Bénin se poursuit. Timothée Mikpedo a pu vivre la retraite avec son frère Richard, puis la rencontre de travail, et David Dossoumi était là pour le Colloque. Le pasteur Jean-Louis l’Eplattenier et sr Catherine ont été au Bénin en novembre pour vivre deux retraites et poursuivre avec eux, sur place, le travail de discernement en vue des futurs engagements. Le pasteur Daniel Bourguet a donné ici la retraite pour les Servantes de l’Unité. Lors de leur session d’été qui avait pour thème la danse de l’obéissance dans Jean 17, elles ont fait mémoire des 40 ans des premiers engagements. Depuis quelques années, des petits groupes mixtes de partages (S.U. et sœurs) permettent une réelle rencontre au niveau de la vocation. Nous accueillons toujours avec joie une fois par mois pour l’Eucharistie du jeudi les Foyers de l’Unité de Neuchâtel auxquels nous lie une longue amitié.

Dans l’éternité de Dieu… C’est avec émotion et grande reconnaissance que nous pensons à tant d’ami(e)s, de proches qui nous ont quittées cette année. Particulièrement à Anne-Christine des Pays-Bas: nous lui devons beaucoup pour notre vie liturgique. Pendant ses longues années passées dans la Communauté, elle a mis en musique introductions, répons, hymnes… qui aujourd’hui encore portent notre louange… et nous la rendent bien présente. A frère Clément de Taizé qui a si fortement marqué de sa générosité et de sa joie l’accueil sur la Colline. A Mère Hortense, ancienne Abbesse de la Fille-Dieu, à l’origine, avec d’autres, du S.D.C. en 1980. A Katharina van Drimmelen, S.U. des Pays-Bas, Monique Blanc, une sœur pour nous en Algérie, Madame Popesco, Ginette Held, Lucienne Gasser, Hélène Fornachon, Suzanne Junod, aux pasteurs Peter Rudolf et Konrad Dieterich…

Profonde reconnaissance aussi pour tous vos gestes d’amitié, votre prière, vos messages, votre soutien généreux lors du départ de nos sœurs Anne-Marie et Philomena. Soyez-en ici très profondément remercié(e)s!

En ce nouvel Avent qui nous tourne vers l’accomplissement du temps et vers un nouveau commencement, que la grâce nous soit donnée de naître et de renaître à la joie de Dieu. Nous vous souhaitons un Noël béni, la paix de l’Emmanuel!

sr Pierrette et ses sœurs

 

Communauté de Grandchamp
Grandchamp 4
CH - 2015 AREUSE

___________________________

CCP 20-2358-6
(pour la France: Dijon 6 225 36 H)