Genèse 22, 1-18. Romains 5, 17- 19. Matthieu 4, 1-11.

Chères sœurs, chers frères, en Christ.
Jésus vient d’être baptisé et l’Esprit Saint est descendu sur Lui comme une Colombe :
Une voix venant du ciel dit : «  Celui-ci est mon Fils bien aimé, celui qu’il m’a plu de choisir. »
C’est ce même Esprit Saint qui conduit Jésus dans le désert pour être tenté par le diable.
A la fin de cette épreuve, Jésus va commencer à proclamer que le Règne des cieux s’est approché.
Ces tentations sont donc un temps nécessaire entre le baptême et le commencement du ministère de Jésus.
Ce qui m’intéresse c’est ce que Jésus peut m’apprendre sur l’être humain, sur moi-même.

Qu’est-ce qu’une tentation ?

Pour l’usage usuel, la tentation est une incitation où je dois choisir entre ce qui est bien et ce qui est mal. Au sens biblique, la tentation est une mise à l’épreuve, comme dans l’exemple d’Abraham : c’est une mise à l’ épreuve qui me conduit, moi, qui suis tenté, à donner ou non la preuve de ma fermeté dans la Foi ou dit autrement, à conserver ou non ma fidélité à Dieu. Mais cette mise à l’épreuve, dans le cas d’Abraham avec Isaac comme dans celui de Jésus dans le désert, est l’œuvre de Dieu ou de son Esprit. Très rapidement, cette idée que Dieu ou son Esprit puisse être l’instigateur, l’auteur, de la tentation a été rejetée : « Que nul, s’il est tenté ne dise : c’est Dieu qui me tente, car Dieu ne peut être tenté de faire le mal et ne tente personne. » c’est l’auteur de la lettre de Jacques (1,13).

Dans le Notre Père, Jésus m’invite à demander au Père de ne pas m’exposer à la tentation (Matt 6,13). Être exposé à la tentation ou être mis à l’épreuve par Dieu ou son Esprit, fait partie de mon existence de croyant (e), de fidèle du Christ.

Comme mon maître mon Seigneur et mon Sauveur, je suis conduit dans le désert dans la ville Sainte et sur une haute montagne pour être mis à l’épreuve ou en tentation.

La grande différence avec Abraham et Jésus, est que je suis accompagné par le Christ, je suis soutenu porté par Lui, par son exemple et par le don que le Christ a fait de lui-même.

L’apôtre Paul le dit dans le passage de Romains que nous avons entendu et que je vous redis : «  par un seul, la mort a régné. Par le seul Jésus-Christ, ceux qui reçoivent l’abondance de la grâce et du don de la justice régneront dans la vie. Par la faute d’un seul, ce fut, pour tous les humains, la condamnation. Par l’œuvre de justice d’un seul, c’ est la justification qui donne la vie pour tous les humains. Par la désobéissance d’un seul, la multitude a été rendue pècheresse. Par l’obéissance d’un seul, la multitude sera rendue juste. »

Tout change avec Jésus-Christ, je suis mis à l’épreuve, je suis exposé à la tentation comme tout autre croyant, mais je le suis dans la confiance que rien ne peut me séparer de l’ l’Amour de Dieu manifesté en Jésus-Christ mon Seigneur.

Les tentations, dans le récit de Matthieu, touchent au pouvoir.

La 1ère tentation touche au domaine du corps : si tu nourris, leurs corps, alors tous les humains seront contents, satisfaits.

La 2ème tentation touche au domaine de la spiritualité : si tu défies Dieu de te sauver, alors tu seras en quelque sorte maître de Dieu.

La 3ème tentation touche au domaine de la toute-puissance de l’être humain : si tu m’adores, alors tout le monde t’adorera.

La pression du diable sur Jésus augmente dans la 3ème tentation : Jésus n’est plus exposé aux tentations diaboliques dans sa fonction de Fils de Dieu, mais dans son être, en tant que personne humaine, en tant que sujet. Et là nous nous trouvons au cœur de l’existence humaine de notre Sauveur : il doit résister à la tentation du pouvoir et accepter d’être exposé à la mort pour ouvrir aux enfants de Dieu les portes de la Vie, et la lumière éternelle.

Si mon destin n’est pas de sauver le monde, comme le Christ, je participe, par ma foi, ma confiance en mon Sauveur, au Salut du monde : et par conséquent je suis soumis à la tentation, je suis mis à l’épreuve pour témoigner de l’Amour inconditionnel de Dieu pour vous et moi, pour le monde, pour la création. Si je succombe à la tentation, si j’échoue à la mise en épreuve en succombant à l’attrait du pouvoir égoïste, que se passe t-il pour moi ?

Si j’ai pris conscience de cet acte, je serai déçu je serai malheureux, mais le monde ne va pas s’arrêter pour autant. Il me faudra me relever, et repartir sur le chemin de ma vie, avec le Christ. Lui n’a pas échoué, par lui et avec lui je me relancerai toujours si je le veux.

Rien ne pourra me séparer de l’Amour de Dieu manifesté en mon Sauveur : ni les tentations, ni les échecs, ni les épreuves :

Il m’aime,
Je l’aime,

Et j’avance avec Lui, avec confiance sur le chemin de la vie, qui me conduit à la mort et à la résurrection.

Amen.