Avoir Jésus pour ami

(Jean 11. 1-5; 17-44) 

« Jésus aimait Marthe et sa soeur et Lazare. » Cette douceur d’un foyer ami, où l’on est accueilli, aimé, compris presque sans paroles, Jésus l’a connue. Jésus avait des amis, Jésus avait des amies. A lire les évangiles, il semble que nombre d’entre elles et d’entre eux ne se contenaient pas de l’écouter mais prenaient également part aux besoins matériels de Jésus et de ses disciples.

Je pense que, pour la plupart d’entre nous, nous nous considérons, nous aussi, du nombre de ses amis. Nous consacrons une partie importante de notre temps à être avec lui, à l’écouter, à lui parler. Avec le temps, une véritable intimité s’est installée entre lui et nous. Dans la mesure de nos moyens, nous tentons aussi de deviner ses attentes et ses besoins et de nous mettre à son service sans même qu’il nous le demande expressément. Ce sont les joies de l’amitié. Cependant, comme dans toute amitié, il y a sans doute aussi, dans notre relation à Dieu et à Jésus, des plages d’incompréhension. « Si tu avais été là… » Reproche à peine masqué que Marthe et Marie adressent toutes deux à celui qui a attendu deux jours avant de répondre à leur appel. Apparents silences de Dieu et du Christ devant certaines situations, devant certaines souffrances, devant certaines morts. Apparent silence de Dieu et du Christ devant une Eglise que nous sentons parfois, elle aussi, moribonde. Tout cela s’éclairera-t-il un jour ? Liberté du Fils, qui sait son heure.

La réponse de Jésus à l’interrogation de Marthe et de Marie est équivoque : « Ton frère ressuscitera. » Oui, bien sûr, je le sais depuis Pâques, le dernier mot n’appartient pas à la mort et à la fin « Dieu essuiera toute larme de leurs yeux. La mort ne sera plus. Il n’y aura plus ni deuil, ni cri, ni souffrance. » (Apoc. 21.4) Mais tout cela, c’est si lointain. Comment, d’ici-là,  vivre et comment continuer à croire?

« JE SUIS la Résurrection et la Vie : celui qui croit en moi, même s’il meurt, vivra ; et quiconque vit et croit en moi ne mourra jamais. Crois-tu cela ? » Quelle confiance Jésus doit-il avoir en moi pour qu’il me croie capable de recevoir une teille parole, un pareil mystère.

La véritable vie c’est donc de faire, à mon tour, confiance à Jésus et d’oser vivre en participant dès aujourd’hui à sa vie, lui qui est éternellement vivant. La véritable vie c’est de vivre dès aujourd’hui en ami, en amie de Jésus. L’amitié avec Jésus peut recommencer chaque jour et elle ne s’éteint même pas avec ma mort: « Père, je veux que là où je suis, ceux que tu m’as donnés soient eux aussi avec moi et qu’ils contemplent la gloire que tu m’as donnée » (Jn. 17.24).

Là où se vit cette amitié, la vie demeure et elle est plus forte même que la mort. Là où nous la laissons s’endormir, la vie s’étiole. Bientôt elle n’est plus qu’une peau de chagrin, sans force, sans espérance, sans avenir. Parfois même, elle se met même déjà à sentir : à sentir la poussière et la mort.

Veux-tu rendre la vie à ta vie, à ta paroisse, à ton Eglise ? Lui seul peut la lui rendre qui est lui-même la Résurrection et la Vie. Alors ne désespère pas. Lui-même, en effet, te le rappelle : «Voici, je me tiens à la porte et je frappe. Si quelqu’un entend ma voix et ouvre la porte, j’entrerai chez lui et je prendrai la Cène avec lui et lui avec moi » (Apoc. 3.20). Ouvre-lui la porte, laisse-le chaque jour être ton ami, et « tu verras la gloire de Dieu ».