St. Jean 14, 1-12

Que votre cœur cesse de se troubler, croyez en Dieu, croyez aussi en moi ». Ce mot d’ordre de Jésus devrait suffire pour orienter notre vie entière.

                  « N’ayez pas peur » : cette invitation revient plus de 300 fois dans l’Ancien Testament, une véritable ponctuation que Jésus confirme en donnant Sa Paix, lors du dernier repas avec les siens : « Je vous laisse la paix, je vous donne ma paix ».

                  L’accueil de sa paix n’est pas une démarche psychique, intellectuelle ou sentimentale : elle est étroitement liée à notre confiance en Dieu et en Lui.

                  « Croyez » dit Jésus : La foi, c’est un avoir, on dit : « Avoir foi en quelqu’un ou quelque chose » ; croire, c’est être, c’est un engagement, de l’ordre de la vie intérieure, c’est le cœur habité par Jésus.

                  « Croyez en Dieu, croyez aussi en moi » ; à Philippe qui demande à voir le Père, Jésus répond = « qui m’a vu, a vu le Père ». Pierre demande à Jésus où il va – ? – , et, Thomas d’ajouter : « nous ne savons même pas où tu vas, comment en connaîtrions-nous le chemin ? » Ils sont vraiment nos frères, tous les trois : nous aussi, nous traversons la vie, tracassés, angoissés, doutant, de mauvaise humeur, avec les mêmes interrogations.

                  C’est bon de nous entendre rappeler, ce matin, la présence du Christ, au cœur de notre cœur, parce que, si nous sommes des intermittents de sa présence, Lui est là, branché sur nous sans discontinuer. Il est la Paix, comme Il est le Chemin qui mène au Père, la Vérité donnant sens à notre vie, parce qu’en Lui, tout est vrai et la Vie plus forte que la mort.

                  « Que votre cœur ne se trouble pas » : ce n’est pas la porte ouverte à l’indifférence face aux drames, aux injustices, aux absurdités qui tissent notre vie et celle du monde. Elles font partie de notre humanité et nous en sommes solidaires. Mais savoir et croire que la croix demeure plantée au cœur de nos existences, témoin à la fois de la crucifixion et de la résurrection du Christ, c’est reconnaître, identifier la présence de notre Seigneur, compagnon de ce voyage intérieur, conduisant l’humanité jusqu’à la fin du monde.

                  Il y a, dans nos vies, quelques « oui » solennels que nous avons pu exprimer, mais ils ont à être confirmés par nos humbles consentements, au quotidien, autant de petits « oui » reconnaissant la présence du Christ, en tout et partout, sur nos terres ensoleillées et dans nos bas-fonds obscurs, jusqu’à cette dernière demeure, multiple, la maison du Père où Jésus nous prépare une place ; alors, je me souviens de cette parole de Jésus disant qu’il a des brebis qui ne sont pas de notre bergerie, mais qui entendent aussi sa voix : nous n’avons pas le monopole de la vie spirituelle.

                  Si, pour moi, Jésus est le Chemin, la Vérité et la Vie, j’aime croire que ces multiples demeures sont l’espace, unique et privilégié, pour tout être humain. Dieu ne serait pas Dieu, si son cœur de Père avait des préférences. Alors oui, que notre cœur cesse de se troubler et que, pacifié, il s’habille de Lumière.

Amen.

19.05.2019/Jn-Ls. L’Eplattenier