Ac 13, 44-52 / Ap 7, 12-17 / Jn 10, 11-15.27-30

Chères sœurs, chers frères,

            En ce dimanche du temps pascal, nous nous rappelons que le Ressuscité n’est pas seulement ressuscité pour lui-même, mais qu’il est ressuscité pour nous transmettre la vie éternelle.

            Dans le passage de l’Évangile selon Jean que nous venons d’entendre, Jésus, qui se présente comme le berger prenant soin de ses brebis, déclare qu’il leur donne la vie éternelle (Jn 10,28). Est-ce que nous comprenons bien ce que cela veut dire ?

            Tout d’abord, Jésus précise qu’il ne peut pas donner la vie éternelle à tous, sans tenir compte du lien entre ceux qui reçoivent et lui-même. Il ne peut donner la vie éternelle qu’à ses brebis, à ceux qui le suivent, qui écoutent sa Parole. C’est le même discours que tient Paul à Antioche de Pisidie. Il y a ceux qui repoussent la Parole de Dieu et qui se jugent indignes de la vie éternelle (Ac 13,46) et il y a ceux qui croient, à qui est destinée la vie éternelle (Ac 13, 48).

            Recevoir la vie éternelle n’est possible que s’il y a une relation de foi en Jésus. C’est la première précision que nous donnent Jésus et Paul. Et puis, il y a une deuxième précision : lorsque cette relation s’est instaurée, rien, ni personne ne peut arracher le croyant de la main de Jésus, car, être devenu(e) son disciple, c’est être entré dans une relation avec Dieu lui-même, dont rien, ni personne ne peut nous arracher. Car, comme le dit Jésus : Lui et le Père sont un, sont dans une unité que rien ne peut diviser.

            Recevoir la vie éternelle consiste donc à être entré dans une relation de disciple de Jésus. Et nous avons l’assurance de la recevoir, pour deux raisons fondamentales :

            Première raison : Jésus, le Christ, est ressuscité. Si, après sa mort sur la croix, il était resté prisonnier de la mort, il ne serait pas porteur de la vie éternelle et il ne pourrait pas la donner.

            Mais cette raison ne suffit pas pour que nous recevions la vie éternelle. Il faut en plus qu’il choisisse de donner la vie éternelle. Or, nous pouvons avoir l’assurance de recevoir la vie éternelle pour la deuxième raison suivante.

            Deuxième raison : Jésus a choisi de donner sa vie pour nous. Et ce don qui a précédé sa mort sur la croix, continue d’être ce même don après sa résurrection. Ce choix de donner sa vie pour nous est exprimé à travers la figure du Berger. Il donne sa vie pour ses brebis. Comme nous l’avons dit, à Pâques, nous ne fêtons pas simplement la victoire du Fils de Dieu sur la mort. Il ne s’agit pas seulement de nous réjouir en rendant louange au Fils de Dieu victorieux de la mort. Il s’agit aussi de nous réjouir de ce que cette victoire nous acquiert la vie éternelle. Cette vie, c’est de ne pas être séparé de Jésus. S’il est ressuscité, c’est qu’il est vivant pour toujours. Or, si rien ni personne ne peuvent nous séparer de Jésus, le Vivant pour toujours, alors jamais nous ne serons séparés du Vivant pour toujours, donc nous avons reçu la vie éternelle.

            C’est pourquoi la vision de l’Apocalypse ne rapporte pas seulement la louange adressée par les anges, les anciens et les quatre animaux à l’Agneau qui est sur le trône, Jésus ressuscité, mais elle y associe la foule immense de ceux qui ont lavé leur robe dans le sang de l’Agneau, c’est-à-dire tous ceux qui sont les disciples de Jésus, qui ont souffert, ont passé par des tribulations, ont compté sur leur Seigneur. Et lui, il a pris soin d’eux tous, et il continue de le faire aux siècles des siècles.

            Car, lui-même a choisi de traverser l’épreuve ultime pour que rien ne puisse arracher aucun des siens de sa main. C’est pourquoi le livre de l’Apocalypse dit que l’Agneau, c’est le Berger. Il n’y a rien de trop difficile que nous puissions craindre qu’il n’ait par lui-même traversé. Donc, rien de trop difficile ne peut nous séparer de Lui. Le Christ est ressuscité et, dès lors, rien ne peut nous arracher de sa main.

            Telle est l’assurance que nous célébrons ensemble ce matin. Gloire à Dieu !

12.05.2019/PY. Brandt