Prédication de la pasteur Diane Friedli, le 8 janvier 2026

Prédication de la pasteur Diane Friedli, le 8 janvier 2026

Je vais vous raconter une histoire…

 

Lectures bibliques : Gn 9,8-17, 2 Co 11,29 à 12,10 et Lc 8,4-15

Je vais vous raconter une histoire…

Voilà un bon début. Une manière sûre de capter l’attention.

Raconter des histoires, un art millénaire qu’ont exercé avec talent les générations qui nous ont précédées.

Il fut un temps où il n’existait pas d’autres manières de transmettre le savoir, la pensée, la philosophie, la théologie ou les interrogations fondamentales de l’existence humaine qu’en racontant des histoires.

Il fut un temps où l’écrit n’était accessible qu’à un cercle restreint de la population.

Il fut un temps où les soirées en familles n’avaient d’autres possibilités de divertissement que de se raconter des histoires parmi.

Il fut un temps où l’oralité était le seul médium de transmission d’une génération à une autre.

Il fut un temps où on se racontait des histoires…

L’être humain aime les histoires.

Et cet amour des histoires ne se dément pas aujourd’hui, alors même que nous sommes dans un temps où tout le monde a accès en tout temps à l’écrit et à l’image et où les possibilités de divertissement sont nombreuses.

Dans les librairies, les rayons de livres de contes et histoires pour les enfants n’ont jamais été aussi fournis. Il est difficile de ressortir de tels commerces sans un album illustré à offrir à nos enfants, petits-enfants ou neveux. Car la lecture, c’est aussi la promesse d’un bon moment partagé.

Mais les histoires, est-ce vraiment que pour les enfants ?

J’entendais dernièrement que les adultes lisaient moins de romans, mais qu’ils s’y remettaient une fois retraités. Les rayons des librairies qui ont du succès auprès des adultes entre 30 et 60 ans sont ceux consacrés au développement personnel.

Il semble qu’en prenant de l’âge on retrouve le goût du récit. Les histoires seraient donc surtout prisées par les petits et les anciens. Entre deux, c’est autre chose. C’est l’âge de raison. L’âge de la raison.

Le temps de la vie où il est attendu de nous que nous soyons opérationnels, efficaces, réfléchis. Ce n’est pas le moment de faire des histoires… ni d’en raconter sauf éventuellement à nos enfants ou à nos aînés… encore moins d’en écouter ou d’en lire pour soi.

Mais mettre de côté les histoires, c’est passer à côté des multiples vertus de cet art.

Et les textes de ce matin nous le rappellent.

Il y a des choses qu’on ne peut transmettre directement, par le pur raisonnement, par l’explication ou la description.

Il y a des choses qui nécessitent de faire appel à la poésie, à l’évocation, à la créativité.

Ce que le psychologue Paul Watzlawick de l’école de Palo Alto appelait le langage indirect, ou le langage du changement, oblige l’auditeur ou l’auditrice à devenir acteur/trice du sens.

Face au paradoxe ou à la métaphore, notre esprit doit produire un effort créatif pour participer à l’émergence de la signification. Cette méthode indirecte se différencie de l’assertion directe d’une doctrine qui ne met pas en route celui ou celle qui la reçoit.

Le langage indirect nécessite d’adopter la forme du récit.

Et quelle chance est la nôtre, lecteurs et lectrices de la Bible, car s’il existe un ouvrage d’une infinie richesse de récits, c’est bien celui-ci.

Comment parler du lien entre Dieu et l’humanité ?

C’est à cette question qu’ont été confrontés les auteurs de la Genèse et avant eux celles et ceux qui ont transmis oralement les promesses de Dieu à son peuple.

Comment évoquer la peur de la destruction de notre monde ? La crainte de la colère de Dieu ?

Mais aussi la confiance qu’il n’abandonnera pas l’humanité au sort d’un monde où règne la violence et l’injustice ?

Comment parler d’un Dieu qui ne décide ni de tout diriger comme un despote, ni de se désintéresser du monde, mais de trouver une autre voie : celle de l’alliance.

Comment … si ce n’est pas l’image forte de l’arc-en-ciel. Phénomène météorologique fascinant et éphémère devant lequel nous ne pouvons que nous émerveiller.

Signe parfait de la rencontre entre le ciel et la terre, de l’alliance entre l’eau et la lumière.

L’arc-en-ciel existait avant le Déluge. Mais depuis ce récit, depuis qu’il a été mis en histoire, il a pris pour nous une autre signification.

Et à chaque fois qu’il apparaît, nous revient à l’esprit la promesse de l’alliance.

Un autre exemple de langage indirect nous est apporté par l’apôtre Paul qui, pourtant, est un grand théoricien de la foi. Ses lettres tiennent largement du traité de théologie. Mais sur certains sujets pourtant, il sort du langage direct.

C’est le cas lorsqu’il évoque son expérience mystique. Ou plutôt lorsqu’il choisit de ne pas l’évoquer ou de ne pas la mettre en avant pour asseoir son autorité.

Il pourrait tirer une grande fierté des visions dont il a bénéficié, dit-il, mais il ne veut pas s’en attribuer le mérite et surtout, il ne veut pas que d’autres bâtissent leur foi sur la fascination qu’exercent sur eux ces expériences mystiques.

Evidemment, en disant cela, Paul attaque directement certains de ses adversaires qui étalent leurs extases et cherchent ainsi à gagner des adeptes.

Paul refuse de devenir un gourou, sa mission telle qu’il la conçoit, est d’amener les gens à l’évangile de Jésus-Christ, pas à faire des adeptes de sa personne.

Paul ne fait pas que parler de lui, il s’appuie sur sa situation personnelle pour mettre en lumière une vérité fondamentale de l’Evangile qu’il proclamme.

En menant avec brio le paradoxe, il évoque la puissance dont il pourrait se vanter mais qu’il refuse de faire, et la faiblesse de l’écharde dans sa chair (est-ce une infirmité, une blessure, on l’ignore,…) qui l’empêche de se mettre en avant.

Métaphore paradoxale et incarnée en lui de l’Evangile du Christ dont toute la puissance s’est révélée dans l’instant le plus misérable de son existence : la croix.

On ne peut parler uniquement de manière rationnelle du coeur de l’Evangile : le paradoxe est trop puissant. L’apôtre Paul nous oblige notre esprit à l’effort de donner du sens à cette affirmation intellectuellement inadmissible : ma puissance donne toute sa mesure dans la faiblesse.

Et plus encore, il nous invite à faire un lien avec la réalité de notre vie, comme lui le fait en évoquant l’écharde dans sa chair.

Et finalement, bien sûr, il faut reconnaître en Jésus le maître du langage indirect.

Ces quelques mots tout simples qui introduisent le passage de l’évangile du jour : « il dit en parabole…»

Il dit en parabole.

Et voici que s’ouvre devant nous le champ de l’imagination. Et l’on sait que l’histoire que nous allons entendre en dit bien plus.

Une histoire brève, sans détails ni fioritures. Un vocabulaire simple et accessible. Aucun concept compliqué.

Le quotidien d’un homme de la terre qui rejoint la réalité des premiers auditeurs de cette parabole.

Un semeur sortit pour semer sa semence…

Au premier abord, cette brève histoire résonne comme une parole de sagesse que l’on pourrait paraphraser ainsi : il ne faut pas se décourager des nombreuses tentatives infructueuses. La persévérance finit par payer.

Voilà un message qui devait parler aux auditeurs de l’époque. Ceux parmi eux qui travaillaient la terre connaissaient bien cette réalité : on a beau semer du grain de qualité, on ne maîtrise pas tout. Les aléas de la nature, l’adversité des éléments et toute cette part d’incontrôlable font que lorsque la plante est là, belle et qui porte du fruit, on ne peut qu’être reconnaissant de ce qui est donné.

Mais la fin de l’histoire est ponctuée par cette phrase énigmatique : celui qui a des oreilles pour entendre, qu’il entende !

Il est clair qu’il convient d’aller chercher plus loin que le premier sens évident pour que se déploie toute la richesse de signification de la parabole.

Aucune parabole n’est expliquée ou décortiquée dans les évangiles. Jésus laisse les auditeurs de l’époque et nous, lecteurs et lectrices d’aujourd’hui, participer à la création du sens.

Aucune parabole… sauf celle-ci !

La parabole du semeur est suivie, dans les 3 évangiles qui nous la proposent, d’une explication.

La semence, c’est la parole de Dieu.

Et les différents sols représentent l’accueil qui est fait de cette semence.

Alors qu’à la première écoute, nous nous mettions volontiers dans la peau du semeur et avec lui recevions l’appel à la persévérance, voilà que tout est bouleversé.

Le semeur, ce n’est pas nous, c’est Dieu.

L’horizon du sens ressemble à un champ labouré. Tout est retourné.

Et désormais, s’adresse à nous cette question : et toi, de quelle terre es-tu fait-e ?

La terre dure et compacte du chemin dans laquelle la graine ne parvient pas à entrer et sur laquelle se pose les oiseaux qui viennent piquer de leur bec pointu les graines égarées ?

Le terrain caillouteux incapable de retenir l’humidité et la tendresse nécessaires pour que les paroles divines puissent y prendre racine ?

Le terreau qui accueille et laisse croître mais qui se laisse envahir par les épines des soucis et qui ne parviendront jamais à donner du fruit ?

Ou l’humus dans lequel l’évangile s’enracine vraiment, qui en vit et en fait vivre d’autres ?

La parabole retourne.

Elle déplace, désaxe des idées reçues, décentre de ce que je crois savoir et maîtriser. Elle oblige à se s’interroger, à se repositionner.

Oh, mais je vous disais tout à l’heure que j’allais vous raconter une histoire… et puis je ne vous en ai pas raconté.

Sauf peut-être la nôtre. Celle des hommes et des femmes qui écoutent des histoires et qui, par le souffle de l’Esprit saint, les laissent agir en eux.

Amen

Prédication de Jean-Philippe Calame, culte pour s. Maria, le 5 février 2026

Prédication de Jean-Philippe Calame, culte pour s. Maria, le 5 février 2026

260205 -JPC -Grandchamp – Col. 1,12-18 / Matthieu 13, 44-46

Mes sœurs, c’est au seuil des vigiles de la belle fête de la présentation de Jésus au Temple que vous avez appris la

nouvelle du départ de votre sœur Maria, l’annonce qu’elle était présentée au Père par Jésus Ressuscité. Les paroles

des prières et des lectures ont alors pris un sens encore autre, et ont placé ensemble l’offrande que Jésus a faite de

sa vie et la vie donnée de sœur Maria: rencontre de deux offrandes, celle parfaite et unique du Seigneur, qui dans sa

résurrection saisit et accueille comme une offrande la vie et la personne de sœur Maria. Sur la terre dans la liturgie

à Grandchamp comme au ciel pouvait résonner ce dialogue : « Maria, la gloire du Seigneur se lève sur toi ! –

Seigneur, j’ai vu ton salut ! ». Que cette perspective, cachée à nos yeux mais déposée en nos cœurs par l’Esprit

Saint, vous accompagne, chères sœurs, famille, ami.e.s de sœur Maria. Que la réalité de la rencontre du Dieu qui

aime soutienne vos cœurs d’une vraie consolation sur le chemin du deuil et de la confiance.

C’est en voyant, lors d’un repas au réfectoire, le visage et l’attitude de sœur Maria, que j’ai un jour été saisi par

l’extrême discrétion que signifie la vocation monastique. L’espace d’un instant, la pensée m’est venue que je ne

connaissais rien de sa vie, et cependant je sentais que nous étions dans une communion consistante. Vraiment

l’essentiel d’une vie donnée à Dieu est un mystère caché pour le monde et ses critères d’appréciation !

La stature de sœur Maria avait de quoi impressionner, et je ne doute pas que cela a pu être le cas en certaines

occasions par son autorité. Mais ce que je voyais en sa personne, dont le physique reflétait sa droiture intérieure,

c’était en priorité son visage. Sans qu’elle ait besoin de sourire, son visage était clair, paisible, annonçant une

ouverture de cœur, une bonté. Et voici que sa bienveillance était confirmée par le ton de sa voix lors d’une

salutation ou d’un bref échange de paroles. Elle était accueillante.

Mystère caché, la vie monastique ! Sœur Maria en fit l’expérience dans sa jeunesse. Elle avait grandi aux Pays-Bas

dans une famille réformée de stricte observance. Naturellement, elle avait une opinion négative de la vie religieuse,

celle-ci ayant été fortement contestée au temps de la Réforme. Or, voici que Maria rencontre des sœurs de

Grandchamp vivant en fraternité à Saint-Ouen, dans le nord de l’agglomération parisienne. Ce qui la touche, c’est

la qualité et la forme de leur vie fraternelle. Ces sœurs de Grandchamp sont bel et bien des religieuses, mais très

présentes au monde et socialement engagées. C’est pour Maria une révélation. Le trésor qu’elle découvre là change

radicalement son regard. Elle abandonne ses préjugés et se laisse attirer par ce qu’elle a découvert !

Dans les partages qu’elle vit désormais et qui vont la lier à Grandchamp, sœur Maria, qui ne manquait pas

d’humour, a fait quelques fois sourire ses sœurs. Car elle avait appris le français dans les milieux ouvriers de Saint-

Ouen. Et il lui est donc arrivé parfois d’utiliser sans le savoir certaines expressions qui appartenaient au jargon

parisien, et qui naturellement créaient la surprise et des rires…

Mais revenons à son expérience de changement fondamental de regard et à son adhésion inattendue à la vocation

monastique. Il bien probable que le passage qu’elle fit à cette époque lui donna ensuite, tout au long de sa vie, les

mots et la manière de mettre à l’aise les personnes ayant du mal à comprendre la vie de Grandchamp. Bien des fois

-Dieu seul sait combien- s. Maria a trouvé des paroles adaptées pour évoquer le trésor caché à des hôtes de

passage, à des jeunes venant de différents milieux, à des membres de la parenté des sœurs, à des groupes peu

familiarisés avec la religion chrétienne.

Mais sa transmission de la Bonne Nouvelle, sœur Maria l’a surtout réalisée par sa sensibilité artistique très créative

dans la composition des bouquets de fleurs et dans l’art du tissage.

Le charisme des bouquets à Grandchamp est à chaque fois parlant pour la plupart des hôtes. On ne peut compter les

personnes qui ont été spirituellement touchées et nourries par la beauté des arrangements floraux dans les lieux

communautaires comme dans chaque chambre. Un langage d’accueil et de paix qui rejoint instantanément des

cœurs parfois douloureux ou tourmentés. Ce charisme, sœur Maria a su le transmettre en l’enseignant à toutes les

novices et à des bénévoles.

La beauté de la création tenait une grande place dans la vie et la spiritualité de sœur Maria. Or, pour beaucoup de

personnes, le message de la bible devient audible et accessible précisément grâce des témoins capables de faire le

lien entre la beauté visible autour de nous et la bonté du Dieu invisible. « Seigneur, c’est toi qui couronnes l’année

de tes bontés ! ». La beauté qui fait pressentir la force de la bonté, quelle heureuse catéchèse !

Ce message est d’autant plus crédible lorsqu’il est transmis par une religieuse qui n’est pas d’abord pieuse, mais

qui est enracinée dans l’expérience d’une tradition assimilée et vécue au quotidien. Sœur Maria donnait cela. Et

aux personnes souffrantes, elle a su offrir l’accueil d’une sensibilité ajustée.

Les deux minuscules paraboles du trésor caché et de la perle de grande valeur ont en commun le mouvement qui

peut saisir tout être humain devant une découverte exceptionnelle : le paysan qui tombe sur un trésor dans son

champ, tout comme le marchand de pierres précieuses qui repère une perle rare, consacrent

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aussitôt tous leurs moyens à acquérir ce qu’ils ont découvert. Peut-être bien que ces deux paraboles correspondent

à deux moments de la vie, deux réalités dont chacun.e peut faire un jour l’expérience.

Le premier moment est celui de la vocation, marquée par la gratuité de l’imprévu. Ce n’est pas nous qui nous

donnons une vocation. La vocation survient comme on tombe sur un trésor caché ! Ainsi, de manière très heureuse,

la vocation reste pour toujours marquée d’une gratuité. Cette gratuité est la signature de Dieu, le rappel que

toujours et en toute circonstance un Amour nous précède.

Le deuxième moment, c’est la fidélité créatrice : en avançant, on apprend progressivement à reconnaître les perles

de valeur. La vie spirituelle, la vie vraiment humaine, enseigne à chercher et trouver la perle d’un jour ou d’une

année ou d’une période. Car la quête se poursuit tout au long de l’existence vers ce qui a vraiment de la valeur pour

la vie, pour l’alliance, pour la fraternité. Et à chaque fois revient l’appel à quitter des certitudes ou des habitudes, à

mettre tout en œuvre pour acquérir et assimiler le trésor présenté. Ainsi on chemine de commencement en

commencement, de détachement en réception renouvelée. Ce sont souvent des passages coûteux, où on a

l’impression que l’on va tout perdre parce que l’on engage tout. On engage toute sa confiance, parfois au milieu de

peurs et d’angoisses. Comme l’a expérimenté l’apôtre : « Nous sommes dans des impasses, et cependant nous

arrivons à passer ». On mesure alors combien la présence et la sollicitude de la fraternité humaine ou religieuse est

essentielle. Sœur Maria, jusqu’ en ses dernières années, a connu et accepté de tels passages. Avec elle, vous en

avez goûté l’inestimable fruit, dans une commune reconnaissance.

Un tout dernier mot : sœur Maria savait apprécier et pratiquer l’humour. En témoigne par exemple sa réaction

spontanée traduisant l’écart que présentait à ses yeux la géographie propre à Grandchamp par rapport aux vastes

rivages de son plat pays natal. À la fin du jour, une sœur lui fait remarquer : « Regarde ce merveilleux coucher de

soleil ! » Et elle de répondre : « Ce n’est pas un coucher de soleil, ça, c’est seulement le soleil qui se cache

derrière une montagne… ».

Désormais, sœur Maria connaît la lumière sans déclin, une lumière qui présente en même temps la beauté radieuse

du plein midi et les couleurs apaisantes d’un coucher de soleil : ouverture, ouverture à… la vie qui n’aura pas de

fin, et qui est délivrée de toute nostalgie.

« Esprit, Consolateur, Amour de tout amour,

Viens, Lumière véritable ! Viens, vie éternelle, » !

Viens, mystère caché ! Viens, Saint Esprit ! »

Amen.

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Prédication du pasteur Heiner Schubert, le 29 janvier 2026

Prédication du pasteur Heiner Schubert, le 29 janvier 2026

Matthieu 7, 21-29 Grandchamp 29.1.26

Heiner Schubert

J’ai fait un rêve : Je me trouvais dans une ville complètement dévastée. J’avançais avec beaucoup de peine, en zigzaguant entre des tas de débris. Toutes les maisons et les immeubles étaient abîmés. Des trous noirs me regardaient, il n’y avait plus aucun signe de vie. Un dictateur devenu fou avait sans arrêts bombardé cette ville. Tous les habitants s’étaient enfuis, c’est-à-dire, ceux qui n’étaient pas morts dans les attaques répétées.

J’ai vu que la ville était belle avant que la guerre ne l’anéantisse. On l’avait construite avec du goût. La solidité des bâtiments se montrait dans leur résistance aux bombes. On ne peut pas dire que les maitres d’œuvre avaient construit sur du sable.

J’ai vu, dans mon rêve, le trône du dictateur s’enfoncer dans le sable. Il criait de toutes ses forces. Il se tenait aux accoudoirs de son siège, le visage tout rouge. À mesure que le trône s’enfonçait dans le sol instable, le dictateur s’échauffait. Il envoyait encore davantage de bombes, plus d’hommes, plus de messages haineux. Mais sa chaise continuait sa descente. Déjà, le bas des jambes de cet homme possédé par la haine et la rapacité disparaissaient.

Je me suis réveillé.

Nous vivons dans un monde dirigé par des personnes sans essence, sans ancrage solide. Ces marchands de sable n’arrêtent pas d’en jeter aux yeux de ceux dont ils devraient prendre soin, comme une poudre pour les aveugler.

Les dictateurs de notre époque et ceux qui aspirent à leur position fondent leurs actions sur des idées et des valeurs futiles. Ce groupe de personnes terrifiantes est avide de confirmation dans leur statut de leader suprême. Seul l’effet compte. Leurs actions n’ont aucun sens et aucune valeur si ce n’est de fortifier leur position. Ce sont des personnes sans substance, et sans profondeur. Des enveloppes vides. C’est déconcertant.

Ces hommes sont le produit d’une évolution inquiétante. Le monde est en train de perdre le ciel. Si l’homme s’affranchit de Dieu, il se met forcément à sa place. L’homme-dieu ne sait créer que le chaos et la misère.

Notre monde d’aujourd’hui est devenu une gigantesque machine à produire du sable. On se fait constamment attraper par des nullités. La plus grande nullité qui soit, c’est la guerre. Elle est provoquée par des personnes sans conscience.

Jésus dit qu’il faut construire sur du solide. Je suis d’accord. Mais qu’est-ce qu’on peut faire si ces lanceurs de sable dissimulent constamment notre vue ?

Jésus donne la réponse : C’est pourquoi, toute personne qui entend ces paroles que je dis et les met en pratique, je la comparerai à un homme prudent qui a construit sa maison sur le rocher.

D’autres traductions disent un homme « sensé » ou « avisé ». Nous nous trouvons à la fin du sermon sur la montagne. Jésus nous y donne sa charte qu’on pourrait appeler la « constitution du royaume de Dieu ».

Presque tous ses propos vont à l’encontre des valeurs de ce monde. Cela veut dire que si une personne s’engage dans la foi, elle se heurtera tôt ou tard à la manière de vivre actuelle. La religion bourgeoise dans laquelle j’ai grandi est en train de se dissiper. Les contrastes se font de plus en plus remarquer.

Les tempêtes de sable sont dangereuses, comme je le constate en lisant Saint-Exupéry ou Carlo Correto. Elles se multiplient de nos jours. C’est affolant.

Si nous avions le temps nous pourrions regarder de plus près les paroles de Jésus particulièrement pertinentes pour aujourd’hui, pour nous aider à construire notre existence sur du solide, le Sermon sur la montagne notamment et, avec bien sûr, les béatitudes. Ce serait un beau thème pour une retraite.

Pour l’instant, nous allons répondre à sa parole qui nous appelle à la meilleure chose qui soit : Nous partagerons le pain de vie et la coupe de la bénédiction. Ils fortifieront notre système immunitaire et ils nettoieront nos yeux du sable qui s’y est introduit.

Bibliologue – 12 mars

Bibliologue – 12 mars

« À toi le jour, à toi aussi la nuit. »

Psaume 74,16

Avec deux récits de l’Evangile de Jean nous allons retracer 24h dans la vie de disciples de Jésus et les accompagner dans les grands moments de joie, de communion et de miracle, ainsi que dans les temps d’obscurité, d’abandon et de peur.

Nous utiliserons le bibliologue, qui est une méthode de travailler un récit biblique en le regardant par les yeux des personnages présents dans le texte et en les laissant parler. Le bibliologue peut ouvrir de nouvelles perspectives, parfois surprenantes, sur les récits bibliques et sur notre propre vie.

Les impulsions découvertes lors des deux sessions de bibliologue en groupe peuvent ensuite être approfondies lors de moments de silence personnel.

La journée comprend :
* Deux temps de bibliologue en groupe avec introduction
* Temps de silence personnel
* Partage final en groupe
* Participation aux prières de la communauté, le soir à l’eucharistie
* Repas en silence
Indications pratiques :
* Jeudi 12 mars 2026
* Début : 9h30 (arrivée dès 9h)
* Fin : après le repas de soir, environ à 20h
* Frais de pension : CHF 70
La question financière ne doit être un obstacle pour personne.
Qui peut mettre plus rend possible – par un geste discret de solidarité – la venue de qui peut donner moins.
Animation : s. Sonja
Inscriptions :  accueil@grandchamp.org

Sœur Maria

Sœur Maria

Au seuil de la fête de la Présentation de Jésus au Temple, fête de la Rencontre,

Sœur Maria 
Marie de Gier

est entrée dans la paix et la lumière de son Seigneur

le 31 janvier 2026, à l’âge de 92 ans.

Dans une profonde reconnaissance pour le don de sa vie,

et gratitude à l’équipe soignante du Valfleuri à Fleurier.

Les sœurs de Grandchamp
Janine Verdonk
et toute sa famille aux Pays-Bas

Le culte de résurrection sera célébré à la chapelle de l’Arche

à Grandchamp, 2015 Areuse, le jeudi 5 février 2026 à 14h00.

Enterrement au cimetière de Boudry à 15h15.

 

 

Vous pouvez aussi suivre cette célébration sur :

www.grandchamp.org/prier-avec-nous

Laisse-moi désormais, Seigneur, aller en paix car, selon ta promesse,
tu fais voir à mes yeux le salut glorieux que j’attendais sans cesse.

cf. Luc 2, 29-32

Tu couronnes l’année de tes bontés,
sur tes ornières la sève ruisselle.

Psaume 65, 12