Prédication par la pasteure Laurence Raymond, la Fête de l’Ascension 2026

Prédication par la pasteure Laurence Raymond, la Fête de l’Ascension 2026

Ascension Grandchamp

14 mai 2026

(Actes 1, 1-11, Luc 24, 44-53, Eph. 1, 17-23)

Je vous observe. Vous êtes là, assis plus ou moins confortablement, bien tranquilles sur vos bancs. Pâques est derrière; Dieu a gagné; tout est rentré dans l’ordre, la vie a repris son cours. Il suffit de laisser faire!

Je suis désolée, mais j’ai une mauvaise nouvelle; elle s’appelle « Ascension ».

L’Ascension, c’est un moment difficile, douloureux… la séparation définitive d’avec le Christ, Jésus Ressuscité.

Impossible de parler de l’Ascension, sans revenir un peu en arrière. Impossible de dissocier l’Ascension de Vendredi Saint et de Pâques.

Pour mémoire, il y a eu le choc inouï de l’arrestation, de la condamnation de Jésus et sa mort atroce.

Pour les disciples, ça a été l’effondrement de toute leur vie. Ils avaient tout misé sur cet homme venu de Nazareth, tout laisser pour lui…

Alors, pendant un certain temps, ils ont le privilège de vivre dans une grande proximité avec lui, une intimité de tous les jours qui les a nourri, qui les a fait grandir… jusqu’à ce fameux Vendredi.

Et puis, plus rien. Juste l’horreur, le vide, l’absence et certainement une immense désillusion. Un véritable deuil avec ce que ça implique de tristesse, de déception, de culpabilité – n’oublions pas qu’ils ont tous abandonné Jésus – et certainement d’idéalisation aussi de ce même Jésus.

Deuil que les apparitions passagères et furtives du Ressuscité n’ont pas permis de surmonter totalement.

Mais pendant les 40 jours qui séparent Pâques de l’Ascension, on voit le groupe des disciples se réorganiser reprendre peu à peu espoir, se réapproprier tout ce qu’ils ont vécu avec le Christ.

Atmosphère de partage, de confiance, de confidence… après ces moments de grande terreur. Les disciples repensent aux temps bienheureux, à tous les moments vécus avec Jésus… moments de joie, de doutes, d’enseignement, de questions.

Et c’est à travers les Ecritures et la cène partagée qu’ils vont vraiment comprendre le sens de la venue du Christ et finalement s’approprier leur propre mission de témoins.

Finalement, pour les disciples, le temps de l’intimité retrouvée.

Et voilà l’Ascension… le couperet, le jour où le Ressuscité disparaît définitivement, le jour où le Ressuscité s’efface totalement, où il « leur devient invisible », comme il est dit dans l’épisode d’Emmaüs…

Un peu comme dans un travail de deuil, où l’on prend acte que l’on ne verra jamais plus la personne.

Ce que nous fêtons aujourd’hui, c’est cette séparation définitive. Ou pour le dire positivement un nouveau départ, un recommencement, la naissance d’une relation autre.

On peut parler de l’Ascension comme d’un moment charnière.

Moment charnière qui marque la fin définitive de la présence « physique » du Christ et qui inaugure le temps des disciples, des témoins, le temps de l’Eglise. Notre temps.

C’est à nous de prendre le relais, désormais.

Ce que nous célébrons aujourd’hui, c’est la naissance d’une relation autre qui nous donne de la place et qui fait appel à notre créativité, qui requiert notre esprit d’initiative et qui respecte notre liberté.

C’est peut-être inconfortable. Ce serait sans doute plus facile, plus pratique que Jésus reste là, et qu’il mène lui-même les affaires du monde, plutôt que de nous laisser jouer les apprentis sorciers, plutôt que de prendre le risque d’une partie qu’il joue à travers nous, à travers notre foi!

Mais voilà, je le sais, vous le savez, notre Dieu n’est pas un Dieu manipulateur: le Dieu de Jésus-Christ, c’est le Dieu qui a choisi d’emblée de participer à notre vie, qui préfère cheminer avec nous et improviser des solutions à notre rythme.

 

L’Ascension, c’est le signe que Dieu choisit de nous laisser être nous-même doutant, avançant, renâclant, refusant l’obstacle pour mieux recommencer…

Appel pressant à ne pas rester inactifs,

mais à porter, à vivre et à pratiquer la Parole auprès et au loin, selon les mots de Luc.

Appel à faire rayonner autour de nous la joie que procure l’amour de Jésus.

Avec l’encouragement, le soutien, l’assistance et le conseil de l’Esprit Saint… parce que c’est lui le premier témoin.

Alors mettons à profit tous nos dons, tout notre « potentiel » d’amour, de tendresse, de prière, de méditation !

C’est notre souffle, notre engagement, notre enthousiasme qui fait l’Eglise aujourd’hui; sans l’Esprit Saint, elle ne serait qu’un groupe parmi d’autres, un cercle d’amis; mais sans notre présence au monde, il n’y aurait tout simplement pas d’Eglise.

L’Ascension, c’est le jour où Dieu nous dit: j’ai besoin d’ouvriers, allez-y, la voie est libre!

Fête d’une maturité voulue par Dieu, fête d’un envoi, d’une mission donnée pour ne plus jamais être reprise…

Alors oui, pour ceux qui croyaient en revenir à un statu quo tranquille et confortable, l’Ascension est une mauvaise nouvelle.

… Mais pour ceux qui ont à cœur de mettre à profit leur esprit d’initiative et leur créativité, pour tous ceux qui ont envie de marcher à la suite du Christ, l’Ascension est une Bonne Nouvelle.

 

Prédication du pasteur Jean-Baptiste Lipp, le 23 avril 2026 

Prédication du pasteur Jean-Baptiste Lipp, le 23 avril 2026 

PREDICATION de Jean 4, 9-26 

 

Limpides comme une eau, les paroles de Jésus à la Samaritaine : des adorateurs en esprit et en vérité, tels sont les adorateurs que cherche le Père. Limpides, mais salées et quelque peu corrosives aussi : « Vous adorez ce que vous ne connaissez pas ; nous adorons ce que nous connaissons, car le salut vient des Juifs. » Alors quoi ? Ce sommet du dialogue entre Jésus et cette femme de Samarie serait-il comme un seau d’eau jeté à la figure des Samaritains – et à travers eux, un seau jeté à la figure des autres peuples – ou bien serait-il comme un canal, ce canal qui permettrait de relier les uns aux autres les membres de courants confessionnels et religieux qui s’ignorent ou se détestent ?

Le texte résiste à une lecture relativiste. Le salut vient des Juifs. Mais il inclut ces autres régions problématiques que sont la Galilée, – nommée parfois Galilée des Nations, tant elle est bigarrée, – et aussi cette terre de Samarie, située entre la Judée et la Galilée, justement. La Samarie fait région et religion à part. Plutôt que de dresser des murs ou de les réhausser, Jésus vient jeter des ponts entre des humains dont les identités semblent fixées, figées dans des conflits qui les précèdent, les surplombent et les dépassent. Jésus tente probablement de refaire une unité entre ces morceaux séparés par l’histoire, la politique et même la religion que sont le temple de Jérusalem en Judée, le mont Garizim en Samarie, et ce ventre mou qu’est la Galilée. C’est ainsi que le théologien juif Armand Abécassis commentait ce passage biblique lors d’un séminaire donné ici, à Grandchamp, il y a une trentaine d’années…

Lorsque Jésus passe à Sychar, en Samarie, le temple des Samaritains a été détruit depuis un siècle et demi sur le mont Garizim, laissant celui de Jérusalem sans concurrence. Il n’y a plus qu’un temple donc, en l’an trente de notre ère. Mais lorsque Jean relate cette rencontre et ce dialogue, il n’y a plus de temple à Jérusalem non plus. Où faut-il adorer ? Où faut-il s’abreuver ? La source serait-elle à jamais tarie ?  Judée et Samarie se retrouvent pareillement dépossédées de ce lieu qui serait, selon la tradition, selon la prétention, le lieu véritable pour adorer Dieu. Où chercher Dieu ? Et puis est-ce vraiment l’homme qui cherche Dieu ? Ne serait-ce pas plutôt Dieu qui, maintenant, se serait mis à chercher l’homme ?                

C’était au bord du puits de Jacob. C’était autour de l’an trente de notre ère. Une rencontre comme il en existe trop peu, hélas. Sauf bien sûr, sauf quand l’Esprit s’en mêle : l’esprit d’humilité, de dialogue, de recherche et de révélation profonde, un esprit de mise en route personnelle et communautaire. Etonnante cette rencontre en plein midi. Tout commence par cette soif avouée de Jésus pour dévoiler d’autres soifs, spirituelles, amoureuses, et révéler enfin la question de l’adoration de Dieu. La discussion gagne en intensité, en hauteur et en profondeur. Elle devient parole vivante, eau jaillissante, surprenante même avec ses malentendus et ses répliques taquines. Au fil de la rencontre, la femme se découvre elle-même en même temps qu’elle découvre Celui qui lui parle. Tant et si bien qu’on ne sait plus trop, à la fin, qui donne à boire à qui. L’échange engage un dynamique de changement réciproque.

En cette sixième heure, à l’heure exacte du zénith, le soleil ne peut que chasser les ombres, toute ombre qui voudrait voiler la vérité sur les êtres et sur Dieu. L’ombre d’un doute, l’ombre d’un malentendu, et puis cette ombre qui traîne, celle d’une longue, une trop longue histoire de mésentente entre deux nations : les Juifs et les Samaritains. C’est Didier Decoin qui écrivait, à propos de cette rencontre, que l’ombre de Jésus et l’ombre de la Samaritaine n’en faisaient plus qu’une, ce jour-là ! Intimité spirituelle de deux êtres ? Spiritualité intimiste ? Un peu comme sur cette magnifique fontaine de la Samaritaine à Fribourg, où l’un et l’autre sont penchés au-dessus de la margelle dans une belle attitude d’écoute ?   

Certainement pas une rencontre intimiste, puisque, abandonnant sa cruche, la Samaritaine ira ameuter les gens de la ville. Lesquels sortiront de l’ombre, justement, accourant vers ce Jésus, jusqu’à réussir la prouesse de le retenir deux jours. Jésus, avec ses disciples, ne pouvait traverser la Samarie qu’à la manière d’une ombre fugitive – ainsi font les plus courageux lorsqu’ils veulent prendre le chemin le plus court entre la Judée et la Galilée – or Jésus, va s’arrêter. S’arrêter deux jours et signifier, par son séjour à Sychar, la suspension d’un jeu pluriséculaire de non-communication entre Juifs et Samaritains.  

Au soir de cette rencontre avec une femme qui aura été le premier apôtre en Samarie, au premier soir – pour la première fois ! – le soleil ne s’est pas couché sur l’évidence d’une impossible entente. Il y eut un soir, il y eut un matin, et Dieu vit une poignée de Juifs accueillis à bras ouverts par la population d’une ville samaritaine. Cela faisait longtemps qu’il attendait ce miracle – lui Dieu, le chercheur d’adorateurs en esprit et en vérité. De moisson en moisson, rien n’avait changé, là-bas, rien jusqu’à cette traversée de Jésus. Jusqu’à l’accueil du prophète, jusqu’à l’accueil du Messie qu’elle attendait aussi, elle, la femme devenue témoin.

Le témoignage de la Samaritaine, et la foi de ses concitoyens, n’est qu’un prélude : c’est le prélude de l’évangélisation de la Samarie par l’apôtre Philippe. Les Actes des Apôtres nous racontent que la proclamation du Christ rencontrait une telle soif, en Samarie, que l’Eglise de Jérusalem avait décidé d’envoyer du renfort, et quel renfort, puisqu’on envoya Pierre et Jean en personne ! (cf. Actes 8). Il y eut un soir, il y eut un matin, et d’autres humains furent transformés. Mais que c’est long de faire une humanité, une humanité d’adorateurs en esprit et en vérité ! Que c’est long de mettre en réseau les chercheurs de Dieu, sans nuire à leur identité.

De ce parcours narratif toujours à revisiter, je retiens, avec vous et devant vous, cette année, la question de la quête de Dieu. Où chercher Dieu ? Est-ce vraiment l’homme qui cherche Dieu ? Ne serait-ce pas plutôt Dieu qui, maintenant, se serait mis à chercher l’homme ? Je suis touché par cette affirmation de Jésus : « Tels sont les adorateurs que cherche le Père ». C’est lui, le Père, c’est lui qui me cherche, comme il te cherche, et nous cherche aujourd’hui encore, dans nos déserts, dans nos fatigues, fatigue d’être soi, fatigue d’être en conflit, que ces conflits soient extérieurs ou intérieurs, ou mélangés.

Avec Grégoire de Nysse, je m’émerveille de ce c’est la source qui a soif d’être bue et non l’inverse. Je crois en ce Dieu qui continue d’avoir besoin de me rencontrer. Je crois en ce Dieu, seul capable de tisser l’unité entre nous et en nous aussi. Ce sont aussi nos territoires intérieurs qui, divisés, sont appelés à l’unité. Il le fait en Jésus, dont la Parole et le repas sont notre nourriture individuelle et communautaire.

Amen                      

Prédication par le pasteur François de Charrière, le 7 mai 2026

Prédication par le pasteur François de Charrière, le 7 mai 2026

Prédication de Jean 6, 51-59

 

Le discours de Jésus sur le pain est assez surprenant. Il dit qu’il est le pain, il dit qu’il faut manger ce pain, il dit qu’il donne sa vie, sa chair.

Sur quoi les juifs sont pris dans une violence et parlent de manger sa chair alors que Jésus n’avait parlé que de manger le pain, dans un premier temps. C’est comme si les juifs faisaient un raccourci où ils collent deux mots, manger la chair, alors que Jésus avait articulé avec un troisième : le pain. Manger le pain. Le pain est entre deux mots.

Un langage direct et violent, un langage de l’immédiateté sans articulation me fait penser au récit de la Tour de Babel. Dans ce récit de l’AT (Genèse 11,1-9) il y a de la violence dans le discours. Les hommes sont obligés de bâtir une tour. Tout le monde a le même discours. Ils assènent des ordres. La brique avec laquelle ils bâtissent devient plus importante que les ouvriers. On dit qu’à Babel, qu’ils pleuraient et faisaient deuil si une brique se cassait mais pas si un homme tombait des échafaudages.

En Eglise, dans nos discours sur le pain et la Ste-Cène ou autre chose, n’avons-nous pas aussi un discours raccourci où on assène des ordres, où l’objet prend plus d’importance que le sujet ? Comment entendons-nous les points de vue différents ? Est-ce que nous ne mettons pas plus d’importance à l’objet du rite plutôt que d’accueillir le sujet qui désire communier ?

A Babel, quand les bâtisseurs s’enferment dans un projet unique, dans un discours totalitaire et fusionnel, Dieu descend et différentie, sépare. Il sépare comme dans tout le récit de la Création. Il a séparé les ténèbres et la lumière, le haut et le bas, le sec et l’humide. A Babel, il multiplie les langues, séparant les individus trop collés les uns aux autres. Rétablissant ainsi la distance nécessaire entre les individus afin que leur langage devienne, par cet acte créatif, expression de l’altérité. Prendre conscience de la différence entre ce que je pense et ce que l’autre comprend de mes paroles. Si je pense que l’autre a une démarche réflexive identique à la mienne, je l’enferme dans mon projet. Je pense par exemple au travail œcuménique. Il devient plus créatif en s’inspirant de la création du langage faite à Babel : je mets en doute ce que je crois savoir sur l’autre.

Le discours de Jésus sur le pain rappelle aussi le récit de la manne. Les ancêtres mangeaient une rosée blanche qui était apparue dans le désert lorsqu’ils avaient faim. La première fois, ils ont dit : « C’est quoi ça ? » En hébreu cela se dit « Man hou » d’où le mot manne. Manne c’est une question. Tous les matins ils mangeaient du « C’est quoi ça ? », ils se nourrissaient de questions.

Dans mon dialogue avec l’autre, les questions sont essentielles, elles ouvrent une place pour sa personne, pour son individualité, elles montrent mon écoute.

Pourtant quand je n’ai pas de réponse, je reste sur ma faim. La réponse de Jésus est de dire : « Ma chair est une vraie nourriture et mon sang une vraie boisson – Celui qui mangera de pain vivra pour l’Eternité ». Le projet de Jésus ouvre bien sur une pleine satisfaction, sur un vivre qui va jusque dans l’Eternité. On ne reste pas sur sa faim.

Pour le construire, je dirai que Jésus embrouille encore un peu plus ses auditeurs en parlant de « boire son sang » ! Pour un juif, pieux ou non, l’interdit du sang est irrévocable. Ils ont dû être secoués, désarticulés, broyés par une telle affirmation. Je vois là Jésus qui agit comme son Père à Babel, il les secoue, met de la distance entre eux. Ils croyaient savoir mais ils n’ont encore rien compris. Ils oublient de poser la question sur le sang ! Jésus complexifie ses paroles pour qu’ils lâchent prise.

Dans le déroulement de la Ste-Cène, il y a d’abord des paroles échangées puis quand nous mangeons le pain et buvons le vin, il n’y a plus que des gestes. Le pain est rompu, séparé de la miche et chaque morceau est différent. Nous entrons dans un accueil silencieux et personnel. Le silence nous fait demeurer en Dieu, nous lâchons prise en Sa présence. A Babel, il n’y avait pas de silence que des cris et des aboiements des contre-maîtres !

« Celui qui mange ma chair et boit mon sang demeure en moi et moi en lui » En juxtaposant les mots chair et sang, Jésus parle de l’entier de sa personne et de la vie qu’il apporte. L’entier de sa personne, que nous recevons par le pain et le vin, nous fait entrer dans une démarche particulière pour l’entier de notre personne, où le langage est différent, surprenant, hors pensée. C’est une expérience de lâcher prise où l’effet est souligné par un geste important. Non pas un geste, je dirai mieux, un mouvement d’immobilité : demeurer.

Mais pas un simple demeurer, une demeurer réciproque : « moi en lui et lui en moi ». Jésus immobile en moi ! L’entier de sa personne et de notre personne, chair et sang, permet ce miracle : demeurer en lui et lui en moi.

En recevant le mystère du pain et du vin, je reçois un langage propre à ma personne, pour tout mon être, un langage chanté par une Parole qui habite toute la Création. Ainsi nous demeurons dans un mouvement commun d’immobilité et d’écoute !

 

Amen

Prédication par le pasteur Marc Balz, le 26 avril 2026

Prédication par le pasteur Marc Balz, le 26 avril 2026

Grandchamp, 26 avril 2026

Jean 10,1-10 // Ac 2,36-41 et 1Pi2,20-25

 

 

Dans l’Evangile de ce jour, Jésus, nous parle de deux bergers que tout oppose, l’un est légitime et bon, mais pas l’autre puisque c’est un voleur, un brigand, un prédateur sans foi ni loi. Le second est bien représenté dans le monde  politique actuel, bien, c’est dit !

 

Le berger légitime connaît ses brebis, elles lui appartiennent, il les a choisies chacune individuellement et il les conduit sur un chemin de vie. Et les brebis le suivent car elles le connaissent : elle se savent aimées et respectées.

Et à l’opposé, le berger illégitime est un brigand, il n’entre pas par la porte, il ne connaît pas les brebis, ne les aime pas : il survient pour voler et semer la mort, et on ne sait même pas pourquoi. Toujours est-il qu’il le fait et le fera encore.

 

Jusque-là, le texte est assez clair : l’amour et la vie d’un côté, la violence, la peur et la mort de l’autre.

 

Ce passage nous en rappelle plein d’autres qui nous confortent et nous font du bien. On pense au Psaume du bon berger, évidemment à Ézéchiel 34 où des bergers incompétents et négligents ne prennent pas soin du troupeau, le laissant être la proie des bêtes sauvages, ce qui conduit Dieu lui-même à dire (Ez 34.11)  «Je viens chercher moi-même mon troupeau pour en prendre soin». On peut penser aussi à tous ces passages, de la Genèse à l’Apocalypse, en passant par les Psaumes, Esaïe et les Évangiles, où il est question de porte, ou de brebis, ou de berger… Tous à leur manière viennent éclairer notre texte et résonnent dans nos mémoires et nos coeurs.

 

Et l’on se met peut-être à rêver, à se voir en brebis sur le chemin de notre vie, guidés par ce bon berger qu’est le Christ, dont on connaît la voix, à qui nous appartenons et qui nous donne la vie en abondance. On tremble à l’idée de se tromper de berger, d’en suivre un autre qui nous conduirait à notre perte… Pourquoi pas !

 

Pourtant, des zones d’ombre demeurent : ce passage ne nous dit rien sur l’identité du portier, ou encore moins du brigand. Que représente cet enclos dans lequel se trouvent les brebis ? On se demande aussi pourquoi le berger légitime n’appelle que les brebis qui lui appartiennent par leur nom : pourquoi ne les appelle-t-il pas toutes et que se passe-t-il pour les autres ? Que représente vraiment cette nourriture que trouve celui qui passe par la porte ? Pourquoi Jésus dit-il qu’il est la porte, avant de dire dans la suite du texte et peut-être plus logiquement qu’il est le bon berger ?[1]

 

Bref, les images utilisées par Jésus nous parlent, elles paraissent claires, mais on voit bien qu’elles ne le sont pas entièrement, ce qui ne nous facilite pas la compréhension. Mais heureusement d’ailleurs, car cela nous pousse à chercher, …. et c’est l’occasion de se rappeler ce délicieux koan japonais, qui dit que «celui qui trouve a mal cherché !» Alors cherchons, en espérant ne pas trop trouver quand même !

 

Je dois vous dire que depuis que sœur Dana m’a indiqué que je devrais prêcher sur ce texte ce matin, j’y pense beaucoup, j’ai cherché longtemps et tourné en rond, beaucoup, à la recherche d’indices qui me mettraient sur une piste qui au-delà des apparences et des commentaires convenus, nous apporterait une nourriture essentielle. Et un matin, j’ai découvert que le mot «enclos» du début de cette parabole, «aulè» en grec, désigne moins la clôture d’une bergerie (c’est ce qu’on trouve dans nos traductions) mais aulè, c’est un palais ou le parvis du Temple[2]. Entre une clôture et le parvis du Temple, il y a un monde, non ?

J’ai aimé découvrir que ce bon berger qui fait «sortir» ses brebis comme le disent nos traduction, «ekballô» en grec, peut désigner un accouchement, ou alors un démon qui est «chassé», ou enfin ces marchands «expulsés» du Temple  par Jésus[3]. C’est toujours le même verbe, mais tellement plus riche et inspirant que d’emmener des brebis en promenade !

 

Enfin, j’ai aussi aimé apprendre que la «nourriture» trouvée par celui ou celle qui va et vient par cette porte qu’est Jésus, cette nourriture donc, «monè» en grec, signifie aussi croissance. Croître, c’est quand même plus réjouissant que brouter ou juste se nourrir…

 

Et cela m’oriente vers une compréhension plus ouverte, plus vaste, plus symbolique aussi. Comme le suggère Laurent Jouvet dans un récent podcast[4] : qu’est-ce que ce passage me dit de mon espace intérieur, de mon rapport avec Dieu ? Jésus nous parle de quelque chose de très profond d’une manière imagée, car on ne peut rien dire directement de la vie spirituelle, on ne peut que travailler que par image qui résonnent avec notre intériorité. Du coup, l’Écriture – et ici notre Seigneur – emploie des images du monde courant pour expliquer ce qui ce passe à l’intérieur de nous, puisque les images parlent bien plus que des concepts abstraits.

 

Alors donc, et si ce texte nous parlait de notre âme, dans laquelle des brebis (nos pensées, toutes nos pensées) vont et viennent, s’agitent dans tous les sens, de nuit comme et de jour[5], sans cesse, et que Jésus, lorsqu’il entre dans notre âme, appelle par leur nom, les chassant dehors, comme les marchands du Temple, afin que notre Temple intérieur, notre âme si vous voulez, retrouve son calme, son silence profond ; un silence dans lequel nous pouvons demeurer dans sa douce Présence ?

 

Certes et en permanence, ces brebis sont menacées par des prédateurs connus : notre anxiété pour ce monde en péril, pour nos enfants, nos proche, les animaux et la biodiversité, cette terre qui nous nourrit et nous porte. Toutes ces peurs bien légitimes sont présentes en nous, nos colères qui ne se calment pas, nos tristesses parfois sans fond et qui nous rongent. Jésus les connaît par leur nom, c’est lui qui marche à leur tête, avec nous, il les fait sortir, les expulsent parfois même, jusqu’à ce qu’elles se calment, se taisent, ou peut-être juste pour qu’elles prennent leur place en nous, mais rien de plus.

Arrive un jour, les brebis de nos pensées peuvent aller et venir, circuler paisiblement, mais quel chemin cela nous a fait faire.

 

Et si ce texte nous parlait enfin d’une nourriture qui nous fait croître, qui nous élargit, qui nous transforme, d’une nourriture suressentielle[6] qui nous ouvre à une vie en abondance ? «Voici, je me tiens à la porte et je frappe, si quelqu’un entend ma voix et m’ouvre la porte, alors j’entrerai, je prendrai la Cène avec lui et lui avec moi» (Ap 3.14). N’est-ce pas aussi de cela que nous parle ce texte, de ce repas que nous partagerons juste après et qui n’en finit pas de nous transformer ?

 

De notre naissance à aujourd’hui et demain, nous entrons et nous sortons de nous-mêmes, nous expérimentons, nous tâtonnons, nous cherchons, nous vivons tant bien que mal notre vie, mais toujours, le Christ nous accompagne, jusqu’au moment où dans notre Temple vide, nous goûtons le silence de sa présence.

Amen.

 

[1]C’est du reste aujourd’hui le dimanche du bon berger, et pas le dimanche de la porte !

[2]J.Zumstein, l’évangile selon St-Jean, Labor et Fides vol 1, p. 339  et C.l’Eplatenier, Jn 10,1-10 in Lire et Dire 23c

[3]Pour mémoire, le Sermon 1 de Maître Eckhart sur ce thème.

[4]L.Jouvet, la spiritualité au quotidien, podcast du 16 avril 2026

[5]Les brebis placée dans le jardin de la cure où nous habitions ne s’arrêtaient jamais, pas même une minute durant la nuit !

[6]C’est le sens du pain «de ce jour», epioussios, dans le Notre Père

Prédication par le pasteur Christophe Reymond, le 9 avril 2026

Prédication par le pasteur Christophe Reymond, le 9 avril 2026

Jeudi 9 avril 2026 – Grandchamp

Jean 20, 1 – 18

 

Ce soir, je vous invite à suivre Marie de Magdala, ou Marie Madeleine si vous préférez, pour nourrir notre foi et notre vie.

Cinq verbes nous guideront :  chercher, voir, entendre, se dire, et rencontrer.

Marie de Magdala ? C’est d’abord une femme qui cherche.

Elle cherche à apaiser sa souffrance. Son Seigneur et ami, Jésus de Nazareth est mort. Sans doute plus que les autres, elle ressent ce vide. Alors, elle est la première à se rendre au tombeau – au début du chapitre 20 de l’Evangile de Jean.

Et, brutalement, elle ne rencontre que le vide… du tombeau.

Alors, elle court, Marie. Elle va chercher de l’aide.

Il faut chercher le corps du Seigneur… Il a disparu, volé peut-être. Plus rien à se raccrocher.  Besoin, puissant, de faire son deuil, et de retrouver quelque chose de sa présence.

Oui, Marie de Magdala est une femme qui cherche.

 

Ne sommes-nous pas nous aussi, à notre manière en recherche…

Avec nos manques, nos blessures de vie, nos peurs, nos questions, nos doutes, et le besoin de chercher qui en découle ?

Et dans ce mouvement de recherche, il est donné à Marie Madeleine de voir. Elle voit le tombeau vide. Elle voitdeux anges, et enfin elle voit celui qu’elle prend pour un jardinier. Oui, elle n’en finit pas de voir.

Mais curieusement, ces trois « visions » de Marie de Magdala ne font qu’aggraver sa tristesse et sa perplexité.  En tout cas, elles ne lui permettent pas de croire à la résurrection de son Seigneur.  Par trois fois, la réaction de Marie n’est que stupeur et larmes. On lui a enlevé le corps de son Seigneur, et elle ne sait où se trouve… Un peu comme une obsession qui ne lui permet pas de comprendre ce qu’elle voit…

Pourtant Marie n’arrête pas de voir des signes…

Mais ce qu’elle voit… ne fait pas naître la foi.

Non décidément, voir pour croire, cela ne suffit pas !

La foi ne surgit jamais automatiquement d’un simple constat vérifiable. Même pour les témoins bibliques.

Seulement Marie ne fait pas que voir. Elle entend également.

Troisième verbe clé : entendre.

Elle entend les anges lui parler.  Juste une question. Ni théorie, ni consolation a bon marché : « Femme ! Pourquoi pleures-tu ? ».

Une question qui prend soin d’elle, qui la prend comme elle est, là où elle en est, avec ses larmes. Un tact divin !

Plus loin, elle entend le présumé «jardinier». De nouveau, pas de déclaration fracassante, mais un pas de plus.Un « Qui cherches-tu ? » s’ajoute au « Femme, pourquoi pleures-tu ? ».

En fait, le Christ prend le temps d’écouter Marie Madeleine. Par ses questions… il lui donne la parole… et la possibilité de se dire,

Se dire… tout en vérité et honnêteté.

N’est-ce pas là un besoin que nous avons tous.

 

Quatrième verbe clé donc  : se dire.

Et que dit Marie de Magdala ce jour-là ?

Aux disciples, elle fait sienne la souffrance du groupe :

« Ils ont enlevé le Seigneur, nous ne savons où ils l’ont mis ». ;

Aux anges, c’est sa propre crainte qu’elle exprime : « ils ont enlevé mon Seigneur et je ne sais où ils l’ont mis ».

Au « jar­dinier », elle s’implique définitivement dans la recherche: « dis‑moi où tu l’as mis et moi j’irai le prendre».

La recherche de Marie se fait de plus en plus profonde, personnelle, engagée. Elle chemine, elle évolue. Cette quête implique de plus en plus tout son être : « moi j’irai le prendre ».

Finalement… en face de Marie… résonne un mot. Résonnent cinq lettres en forme de prénom « Marie ».  Non plus cette fois « femme » comme des millions d’autres, mais « Marie ».

Son nom prononcé rétablit une communion. Son nom prononcé la reconnaît personnellement et révèle celui qui la nomme.

Marie peut alors reconnaître et rencontrer le Ressuscité, c’est‑à‑dire qu’elle voit, cette fois, avec les yeux de la foi : « Rabbouni », « Maître ».  Ins­tant crucial de l’existence de cette femme qui devient un être unique, Marie, appelé par son Seigneur.

Et c’est bien d’une rencontre qu’’il s’agit.

Rencontre de deux paroles : la parole laborieuse de Marie en recherche et celle du Maître qui la nomme et l’accueille.

Savons-nous ? Sommes-nous intimement persuadés et conscients que notre nom, enfin notre prénom, le mien, le vôtre, est inscrit dans le cœur de Dieu ?

Que le Christ ne cesse de nous reconnaître, chacune, chacun, comme unique et irremplaçable ?

Que le Christ ne cesse de nous appeler, chacun, chacune par notre nom ?

Et de cette rencontre, Marie de Magdala, elle, va même en devenir témoin.  Et nous ?

Christophe Reymond

Prédication par le pasteur Michel Cornuz, le Dimanche de Pâques 2026

Prédication par le pasteur Michel Cornuz, le Dimanche de Pâques 2026

Matthieu 28, 1 à 10

« N’ayez pas peur »

Matthieu nous raconte de manière très étonnante la découverte du tombeau vide : il utilise un langage apocalyptique pour exprimer le sens de Pâques. La terre tremble, l’Ange du Seigneur descend du ciel, il roule la pierre et s’assied dessus ! Ces images apocalyptiques situent la résurrection dans le vaste combat entre les forces du Mal et celles du Bien, les puissances des ténèbres et celles de la lumière, les pulsions de mort et celles de vie… Un combat cosmique – c’est pourquoi la terre tremble et l’Ange descend du ciel- La résurrection est alors présentée comme la victoire finale de Dieu sur tout ce qui cherche à anéantir les êtres humains.

Mais le risque d’un tel langage et de telles images est qu’elles sont bien loin de nous, de notre quotidien, de nos luttes de tous les jours… Le danger serait même qu’on assiste en simple spectateur à cette Victoire cosmique du Christ sans qu’elle vienne transformer en profondeur notre existence …

 

C’est là que la Parole de l’Ange est importante, il y a la dimension spectaculaire qui doit laisser les femmes tremblantes et sans voix, et il y a la Parole qui s’adresse à elle et leur donne une mission… Et le premier mot de l’Ange est « n’ayez pas peur ! » Il n’y a pas que la terre qui tremble en ce matin de Pâques, les femmes devant le tombeau vide ont dû ressentir comme un séisme intérieur... Toutes les évidences s’effondrent, tout le côté « habituel » de la vie est bousculé, toutes leurs représentations sont sens dessus dessous… Elles venaient pour pratiquer les rites funéraires, elles savaient bien que la mort finit toujours par être victorieuse et par prendre ceux qu’on aime, c’est l’inéluctable de l’existence humaine… Donc elles tentaient d’apprivoiser la mort par des rites avec une confiance pour une résurrection future, lointaine de celui qu’elles avaient aimé… Et voilà que ce matin de Pâques, tout est différent ! Ce qui se passe n’entre pas dans leurs catégories ! C’est inouï, incompréhensible… Oui, un séisme intérieur !

Alors l’Ange leur dit : « N’ayez pas peur » ! Mais il ne dit pas cela comme un slogan, comme on l’entend trop souvent de nos jours ! Un slogan qui s’adresserait à tous et finit par ne concerner personne ! Un appel général à la sérénité… Non, c’est bien à ces proches de Jésus que s’adresse cet encouragement à surpasser la peur… « N’ayez pas peur, vous“ ! fait dire Matthieu à l’ange, alors que les gardes étrangers à toute foi, en restent au bouleversement et restent « comme morts », n’ayez pas peur vous qui avez suivi Jésus, qui l’avez accompagné, qui avez mis vos pas dans ses pas, qui avez déjà saisi sa main quand vous étiez dans des moments difficiles !

Ce » n’ayez pas peur «  fait écho à tous les « n’ayez pas peur » que Jésus a prononcés pour ses disciples tout au long de son ministère: lors de la tempête apaisée, lorsqu’il marche sur l’eau et qu’ils croient alors à un fantôme, lors de sa transfiguration ou lorsqu’il leur annonce qu’ils seront trainés devant des tribunaux et persécutés! C’est en quelque sorte comme si Jésus disait à ses amis : « Avec tout ce que vous avez déjà vécu en ma compagnie et qui vous a ouverts à du nouveau, qui vous a sortis de vos habitudes de pensée et de vivre, de vos conditionnements sociaux ou religieux, de vos normes et références habituelles, de vos enfermements, ayez confiance en ma Présence, en mon Accompagnement pour affronter l’inattendu… N’ayez pas peur ! »

Cette parole peut traverser les siècles et nous concerner aussi ! Avant de trop vite passer à cette Victoire finale de Pâques sur le dernier Ennemi qu’est la mort… pensons à toutes les petites victoires qui ont eu lieu ou qui ont encore lieu dans nos luttes quotidiennes quand nous nous ouvrons à l’Esprit du Christ, quand nous sommes en communion avec Lui, quand nous marchons à la suite de Jésus...

Il y a souvent des minis séismes intérieurs qui se passent lorsque nous parvenons à nous ouvrir à autruiau lieu de rester enfermés en nous-mêmes, lorsque nous vivons réellement le pardon qui ouvre à de nouvelles relations au lieu de rester à ruminer nos rancœurs, lorsque nous renonçons à juger, à catégoriser, telle ou telle personne pour vraiment désirer la rencontrer telle qu’elle est, dans son unicité… Bref lorsque nous déverrouillons un peu nos cœurs, que nous laissons le souffle de l’Amour passer et vaincre nos blindages, alors nous parvenons parfois à sortir de nos chemins habituels, de nos préjugés, de nos peurs paralysantes et notre vie s’ouvre sur l’inattendu!

Cela peut se vivre dans nos relations avec les autres, mais aussi avec Dieu : lorsque dans la communion avec Jésus, nous découvrons un Dieu paternel que nous pouvons appeler « Abba » – « papa », un Dieu infiniment proche et bienveillant, et non un juge lointain et implacable, cela peut provoquer aussi un bouleversement intérieur qui nous ouvre à la confiance ! Nous pouvons alors, dans des moments difficiles ou lors de décisions à prendre, nous abandonner entre les mains de ce Dieu bienveillant, et faire l’expérience qu’il nous conduit sur nos chemins, qu’Il nous accompagne et ne nous abandonne pas… Cette remise à Dieu comme seul guide nous ouvre aussi à l’inattendu !

Enfin, cela peut se vivre aussi dans notre relation avec nous-mêmes, lorsque nous acceptons d’être aimés par Dieu tels que nous sommes, que nous accueillons cet Amour inconditionnel en profondeur, nous n’avons plus besoin de nous justifier à nos propres yeux et sous le regard d’autrui, nous pouvons alors casser notre vision négative de nous-mêmes qui peut si souvent nous mettre à terre, pour vivre une juste estime de soi qui nous permet là encore de vaincre certains blocages et d’avancer vers l’inconnu…

Voilà ce que réveille en nous le « N’ayez pas peur » de l’Ange de Pâques, qui a roulé la pierre du tombeau et qui s’assied dessus ! Il nous invite à voir toutes les petites pierres que Dieu a déjà roulées dans nos vies pour nous ouvrir à des réalités nouvelles, tous les pas que nous avons déjà fait pour sortir de nos peurs et affronter l’Inconnu avec confiance et détermination, toutes les relations que nous avons rétablies et qui nous ont sorti des séparations mortifères… Alors, quand nous voyons comment Dieu a déjà roulé toutes ces pierres et comment il continue à le faire, nous pouvons saisir le sens de Pâques, lorsque nous regardons toutes nos petites victoires avec l’aide de Dieu contre tout ce qui est porteur de mort dans nos existences, nous pouvons nous ouvrir à la Victoire finale du Ressuscité sur le dernier ennemi !

« N’ayez pas peur ! »