Prière contemplative avec Karin Seethaler

Prière contemplative avec Karin Seethaler

Pendant ces jours de silence nous dirigerons notre attention sur l’ici et maintenant. Ainsi nous nous ouvrirons à la présence de Dieu. C’est une orientation simple vers l’essentiel pendant laquelle se passe un imperceptible changement. Dans une introduction pas à pas à la prière contemplative et conformément aux étapes du cheminement décrites par le père Franz Jalics sj, nous nous exercerons à une attitude, celle de l’attention aimante. Elle nous donne une orientation sur le chemin vers nous-mêmes et vers notre propre profondeur. Cette orientation va nous soutenir aussi dans notre quotidien ; elle nous aide à rester en lien avec nous-mêmes et en lien avec Dieu.

Retraite d’introduction 
à la prière contemplative

19 – 22 mars 2026
3 jours

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Retraite d’introduction
à la prière contemplative

21 au 30 avril 2026
9 jours

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Mercredi de cendres – 17-18 février 2026

Mercredi de cendres – 17-18 février 2026

Le Mercredi des Cendres marque le début de notre cheminement vers Pâques à travers le Carême : 40 jours pour nous préparer à la fête des fêtes : celle de la résurrection du Christ !

Lors de la célébration du mercredi matin nous avons la possibilité de recevoir l’imposition des cendres. A la fin de la prière du soir nous pouvons recevoir une onction d’huile, expression du don de l’Esprit Saint qui nous soutient sur le chemin vers Pâques.

 Le Mercredi des Cendres est une journée de silence et de retraite pour la Communauté et les hôtes. Les sœurs ne sont pas disponibles pour des entretiens. La salle d’accueil est ouverte le mardi au tour des repas et de 16h à 18h. Mercredi elle est fermée toute la journée.

Mardi 17 février
16h-17h           arrivée
17h30              Introduction à la liturgie par une sœur
18h30              Prière du soir, suivie du repas
20h15              Message d’introduction, suivie des Complies

 Mercredi 18 février
7h15                Eucharistie avec imposition des cendres
 suivie du petit déjeuner           
12h15              Prière de midi,  suivie du repas
15h-16h           Prière silencieuse
15h-17h           Thé en self-service et silence
18h                  Repas du soir
19h15              Prière du soir suivie d’une onction d’huile
Fin de la retraite (env. 20h)

Frais de la retraite :   CHF 85.- à 105.- par personne
La question financière ne doit retenir personne, celles et ceux qui donnent plus permettent à celles et ceux qui ne le peuvent, de participer à la retraite.

Inscriptions :        accueil@grandchamp.org

Prédication par le pasteur Jean-Jacques Beljean, le 24 décembre 2025

Prédication par le pasteur Jean-Jacques Beljean, le 24 décembre 2025

Dans la faiblesse de Dieu les martyrs ont puisé la force

 

Communauté de Grandchamp, mercredi 24 décembre 2025

Prédication prononcée par le pasteur Jean-Jacques Beljean

lors de la Célébration de la Nuit de Noël

Lectures : Baruch 4, 30+36–5, 9 ; Michée 5, 1–4a ; Esaïe 11, 1–10 ; Esaïe 9, 1-6

Tite 2, 11-14 + 3, 4-5a

Luc 2, 1-20 ; Jean 1, 1-18

 

 

Chères sœurs, chers frères en Christ,

 

Au moment où retentit, à Grandchamp, l’Evangile de la venue du Sauveur dans notre humanité retentissent, simultanément, les cris des désespérés et des opprimés. Le fracas des bombes et des tirs de canon, le bourdonnement des drones et le rugissement des avions couvrent les appels des affamés et des victimes qui subissent violences et injustices. Voilà où en est notre monde malgré les progrès de tous ordres, de la médecine, des sciences, de l’intelligence artificielle et des réseaux d’aides de tous ordres.

 

Il fut une époque, pas si lointaine, où nous avions pensé que, petit-à-petit, notre pauvre monde s’en allait pas à pas vers des temps meilleurs. C’est encore en partie vrai, grâce au courage d’humains d’élite qui s’engagent, envers et contre tout, pour notre humanité et son avenir. Mais en même temps, plus que naguère, cet engagement est contesté, battu en brèche par des actions et événements concoctés par certains puissants de ce monde.

 

Ainsi, comment croire en l’amour de Dieu pour sa création et pour l’humanité, à sa promesse de paix quand la vie accable les humains de toutes sortes d’épreuves ? Comment croire à la proclamation des anges « Gloire à Dieu, au plus haut des Cieux et paix sur la terre aux humains qu’il aime »?

 

Il y a bien sûr les joies simples et bonnes des fêtes de famille, le champagne qui fait oublier, les cotillons qui distraient et les mets délicieux qui rassasient pour un temps. Il y a aussi les réconciliations, les efforts de paix, les recherches de ceux et celles qui s’engagent pour plus de justice et de paix, les œuvres civiles et ecclésiastiques d’entraide.

 

Ainsi notre cœur est-il partagé entre le pessimisme le plus radical et les espoirs que tout n’est pas irrémédiablement perdu et que seule l’espérance d’un après pourra nous consoler.

 

Alors pourquoi notre Evangile, sur lequel nous sommes solidement fondés, met-il son point-de-départ dans l’événement semble-t-il si anodin de la crèche de Bethléhem ? En quoi une crèche, une Marie, un Joseph, des anges, des bergers, puis des mages, entourant un nouveau-né démuni pourraient-ils encore nous concerner ? Bien sûr, c’est l’enfant de Noël et plus de vingt siècles plus tard nous sommes encore à la célébrer. Mais cet enfant est si petit, si exposé, alors qu’en même temps le sinistre roi Hérode prépare, par ailleurs le Massacre des Innocents ? On aurait pu espérer plus efficace que cette apparente insignifiance…

 Tout cela laisse donc perplexe…

 Je laisse mon esprit vagabonder…

 C’est alors que surgit en moi un étrange chant que jadis j’entendis sous les voûtes de l’église de l’Abbaye d’Aiguebelle :

 

« Dans la faiblesse de Dieu

Les martyrs ont puisé leur force

Leurs pas dans les pas du Sauveur

Ils affrontent l’Adversaire… »

 

Dans la faiblesse de Dieu… ne sommes-nous pas, fondamentalement, au cœur de la signification de Noël, de la signification de l’incarnation de Dieu en Jésus-Christ ? Tous les indices sont là, sous nos yeux : la crèche, le dénuement, la faiblesse. Et souvent nous n’en tirons pas les conséquences pour nos conceptions théologiques, notre foi et nos engagements.

 

A partir de la crèche de Bethléhem Dieu a changé de stratégie envers le monde : finie, la puissance, finis les rois, les chefs et les pouvoirs, bannie la force brute. Une autre voie s’ouvre, c’est le message de la crèche. Trouver Dieu c’est regarder vers la crèche, vers l’humilité, puis, peu à peu c’est se tourner vers le service dans et pour l’humanité comme le ministère terrestre de Jésus en montrera le chemin. L’apôtre Paul le dira aussi : c’est dans la faiblesse que la force se montre… c’est alors que je suis faible que je suis fort

 

Bien sûr, nous le savons, très rapidement, l’Eglise, dès qu’elle le pourra, cherchera à nouveau le pouvoir. C’est tellement humain. Et d’autres textes bibliques, que nous avons lus, semblent aussi aller dans ce sens. Mais en même temps le message de la crèche, le ministère du Christ mort et ressuscité s’est chaque fois ranimé grâce à l’Esprit qui a inspiré les témoins, les martyrs et les saints à chaque époque.

 

Les toutes dernières « Nouvelles de Grandchamp » nous le redisent bien :

 Prie… pour demeurer humain dans un monde qui vacille, où la peur ronge et la terre brûle…

 Aime… pour te tenir debout malgré ta vulnérabilité…

 Et, finalement : Résiste… non par dureté mais pour t’enraciner en Christ.

 

Voilà des mots qui expliquent bien la crèche de Noël. Non, Dieu ne s’est pas incarné à la Cour du Roi Hérode ni à celle de l’Empereur Auguste. Non, humble en Jésus, il s’est incarné pour servir, servir jusqu’à la croix et ainsi sauver. C’est donc à nous de le suivre, de poser nos pas dans les pas du Seigneur. Et c’est ainsi que, désormais depuis la crèche de Bethléhem, Dieu en Jésus pose, à travers ses témoins, des actes de salut en invitant chacune et chacun à mettre ses pas dans les siens. C’est ainsi et non par des actes de pouvoir qu’envers et contre tout chaque pas dans la foi fait naître un monde nouveau, plus vrai et plus humain. Modestement mais efficacement.

 

C’est donc paradoxalement, de la faiblesse que va surgir la force, dans la suivance du Christ.

 

Ainsi, dans l’immense tragédie du monde nous n’allons pas perdre espoir quand nous nous efforçons d’être dans la suivance du Christ.

 

Pour terminer formons quelques vœux de Noël:

 

Que la faiblesse de l’enfant nouveau-né à Bethléem soit pour nous source de force dans l’humilité. Qu’elle soit source de persévérance dans le courage. Source de paix et de fraternité, source de la joie profonde promise par Jésus. Car c’est dans cette faiblesse que les témoins de l’Evangile de tous les temps et de tous les lieux, ont, paradoxalement, puisé leur force.

 

Amen !

 

 

 

Référence : Dans la faiblesse de Dieu – Martyrs – Le livre d’heures d’En Calcat SODEC, 1977

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Prédication du pasteur Guillaume Klauser, le 4ème dimanche de l’Avent

Prédication du pasteur Guillaume Klauser, le 4ème dimanche de l’Avent

Eucharistie à Grandchamp – Luc 1, 39-45

21 décembre 2025 (Avent IV, Visitation)

Chers sœurs et frères,

Il y a de ces passages bibliques qu’on retrouve, régulièrement. Parmi ceux-ci, il y en a qui, chez moi, provoquent systématiquement la même émotion. Ainsi, ce passage de l’Evangile selon Luc suscite en moi lorsque je le l’entends un mouvement d’admiration et de respect. J’ai comme l’impression d’être un visiteur invisible, quelqu’un qui se tient chez Elisabeth, là dans un coin de la pièce, et qui assiste silencieusement, sans se faire remarquer, à une scène extraordinaire. Un moment unique dans la vie de ces deux femmes, un instant saisi, qui les transforme profondément et, comme par contagion, me transforme également.

Je vous invite à me rejoindre. Venez dans cette pièce à vivre, ce grand espace où va se dérouler la rencontre. Plaçons-nous là-bas, contre le mur, face à la porte d’entrée. Restons silencieux, ne troublons pas la rencontre à venir mais observons. Voilà Marie qui s’approche de la maison de Zacharie et Elisabeth.

Marie n’a pas vraiment l’air de s’en rendre compte, mais elle est marquée du sourire de Dieu, ce sourire qu’il porte sur l’humanité en lui envoyant son fils. Un sourire intérieur qui la suit désormais.

1. Marie n’est peut-être elle-même pas consciente de la puissance de rayonnement qu’elle porte en elle en entrant chez sa cousine.

C’est qu’elle vient de recevoir l’annonce, la Promesse de la vie-même de Dieu en elle. Pour le moment il ne s’agit que d’une promesse, et rien que d’une promesse : « Tu mettras au monde un Fils qui sera appelé Fils du Très-Haut ».

Et c’est à ce moment-là, précisément à ce moment-là que Marie nous précède dans la foi, devenant l’image par excellence des croyants, de celles et ceux qui vivent la foi, parce qu’elle fait de cette annonce par l’Ange non un dogme auquel elle se soumettrait, non une adhésion crédule, mais une histoire de confiance. C’est au plus profond d’elle qu’est nichée la foi, cette confiance qui lui fait reconnaître que malgré sa jeunesse, l’Alliance de Dieu est précisément là pour elle et sur elle.

C’est donc chargée intérieurement de cette foi, qui sera bientôt celle de l’Eglise, que Marie s’est mise en route, qu’elle s’est levée, poussée à aller à la rencontre de l’autre.

La voilà donc, sur le pas de la porte. Pouvez-vous comprendre ce qu’elle vient de dire ? On l’entend à peine. A-t-elle même vraiment dit quelque chose ? Oui. Elle vient de saluer sa cousine Elisabeth.

Remarquez avec quelle délicatesse. Elle aurait pu faire dans la maison une entrée fracassante. Mais non. En ne monopolisant pas la parole, elle laisse un espace, l’espace nécessaire à toute rencontre.

2.

Vous-mêmes à Grandchamp, vous savez l’importance de cet espace dans l’accueil. Cet espace qui donne à celui ou celle qu’on a en face de soi sa liberté et donc, par-là, sa dignité. De notre coin de la pièce, nous le constatons bien : Marie n’est pas bavarde. Pas d’effusions. Le Magnificat, ce cri de louange, explosera bientôt. Mais ce n’est pas encore le moment.

En passant le pas de la porte, juste devant nous, Marie apporte avec elle cette foi qui sait, au fond, que ça y est : l’attente va enfin prendre fin et recevoir un visage. Celui qui était tant attendu est comme déjà là. Jésus n’est pas encore né que, pour Marie, il est déjà une réalité.

Oui, lorsqu’il y a foi, déjà Dieu est présent. Dans l’espérance est la présence de l’Espéré.

Autrement dit, là où la promesse est véritablement reçue au plus profond, l’accomplissement est déjà une réalité chez ceux qui la reçoivent. Ce qui sera par la suite visible, tangible, avec un Jésus en chair et en os, lorsque naîtra ce petit enfant, quand il vivra sous le regard de ses contemporains, tout cela a déjà maintenant toute sa force et sa réalité. Là où sont Marie et Elisabeth, ces deux femmes qui espèrent, là est le Sauveur, là est Dieu.

3.

Quelle aide pour nous qui sommes pour le moment dans la pièce avec elles, mais qui n’allons pas vivre physiquement la naissance ni le ministère de Jésus sur la Terre, et qui allons bientôt retourner à nos occupations, dans le hameau de Grandchamp ou ailleurs. Oui, quelle aide de savoir que dans l’espérance est déjà présent l’Espéré.

A Elisabeth et à nous qui sommes maintenant dans la pièce, Marie transmets la foi. Mais la foi rayonne au-delà du visible, et atteint enfant dans le ventre d’Elisabeth, Jean le Baptiste. A la salutation de Marie, l’enfant « bondit de joie » dans le ventre de sa mère.

Oui, à ce moment, non seulement le bébé bouge, mais le verbe utilisé pour décrire la scène indique que ce sursaut est teinté de joie. Car l’effet « de la salutation de Marie, c’est [bien] de la joie. La joie de l’existence. La joie du Vivant. L’enfant encore à naître a reconnu ce qui s’annonce en Marie comme source de vie. La vie saluant la vie en quelque sorte »

4.

Ce dont Jean-Baptiste se réjouit et qu’il salue, c’est déjà la vie de Dieu, ce don qui va prendre forme en la personne du Christ, vie de Dieu pour l’humanité, parole de Dieu pour nous. « On peut aussi dire qu’il salue un commencement, une nouvelle étape, une nouvelle formulation de l’alliance de Dieu envers nous, par la personne du Christ.

Voilà que tous, dans la pièce, sommes marqués par la présence et par la foi de Marie, par la vie qu’elle porte et qui s’annonce. Elisabeth, après Jean dans son ventre, est à son tour touchée au plus profond par la foi, comme une évidence, comme si l’on ne pouvait, au fond, se soustraire à cette puissance de vie. La voilà remplie de l’Esprit-Saint. Jésus n’est pas encore là qu’elle sait, elle aussi, que Christ est son Seigneur. Et la voilà face à nous, qui déjà bénit son Christ au travers de Marie.

Chères sœurs, chers frères, nous n’allons pas rester plus longtemps dans la maison pour entendre Marie prier et chanter son Magnificat. C’est juste avant cela que nous nous évaporons, que nous revenons à la réalité qui est la nôtre en ce matin de décembre 2025.

Dur retour à la réalité, ou alors… c’est peut-être l’occasion d’emporter avec nous, comme un trésor précieux, la puissance de vie qui s’est manifestée en Marie sur le pas de cette porte, en Marie qui se trouvait face à nous.

C’est peut-être l’occasion d’emporter avec nous le souvenir de cette rencontre, qui annonce l’Eglise, grande communauté faite de celles et ceux qui transmettent la foi autour d’eux, par rayonnement.

C’est peut-être l’occasion enfin d’emporter avec nous cet élan d’Elisabeth qui bénit largement autour d’elle.

Puissions-nous à notre tour rayonner comme Marie, nous réjouir comme Jean le Baptiste et bénir comme Elisabeth. Amen !

1 Sr. M.-B. Berclaz, M. Hoegger, L’ange, le rosaire et Marie. Méditations œcuméniques du Rosaire, St-

Maurice, Ed. Saint-Augustin, 2010, p. 38.

2 Ibid., p. 38.1

3 Paragraphe : d’après K. Barth, Avent, Genève, Labor et Fides, 20192, p. 53-58.

4 Elian Cuvillier, « Je vous salue, Marie », prédic. du 23.12.2018, Paris, Oratoire du Louvre.