Noël – Nouvel An – Épiphanie

Noël – Nouvel An – Épiphanie

Retraite de Noël
23-26 décembre 2026

Début : mercredi 23 décembre à 17h30
arrivée dès 15h30
Fin: samedi , 26 décembre à 14h

Quelques éléments :

  •  Participation aux prières de la communauté dont la grande liturgie de la nuit de Noël
  • Messages en lien avec la fête donnés par une sœur
  • Temps de silence personnel
  • Partage dans le groupe
  • Participation aux repas en silence

Prix du séjour : CHF 210.- à CHF 270.-

Retraite de Nouvel An
30 décembre au 1e janvier 2027

Début : mercredi 30 décembre, 17h
arrivée dès 15h30
Fin : vendredi 1 janvier 2027, 14h

Quelques éléments :

  • Participation aux prières de la communauté
  • Vivre le passage vers la nouvelle année avec la fête du Saint Nom de Jésus
  • Temps de silence personnel
  • Courts messages donnés par une sœur
  • Partage dans le groupe
  • Participation aux repas en silence

Prix de séjour: CHF 140.- à 180.-

Retraite de l’Epiphanie
5 au 6 janvier 2027

Début: mardi 5 janvier,à 9h30
arrivée dès 9h, ou la veille (à partir de 17h)

Fin: mercredi 6 janvier, 14h
il n’est pas possible de prolonger votre séjour

Quelques éléments :

  • Célébration de la fête de l’Épiphanie
  • Participation aux prières et repas de la communauté
  • Messages en lien avec la fête. donnés par une sœur
  • Des temps de silence habités
  • Temps de partage dans le groupe

Prix du séjour : entre CHF 100,- et 140,-

Votre participation à ces journées ne doit pas dépendre de l’aspect financier. Qui peut mettre plus rend possible – par un geste discret de solidarité – la venue de qui peut payer moins.

Paiement : le prix du séjour peut être déposé en espèces dans la boîte de la salle d’accueil. Ou bien vous pouvez procéder par virement bancaire.

Inscriptions et plus d’informations:

par courriel : accueil@grandchamp.org

.

Journées de prière contemplative: 14 et 15 août / 18 et 19 décembre

Journées de prière contemplative: 14 et 15 août / 18 et 19 décembre

Journées de découverte
14 août et 18 décembre 2026

Pour des personnes qui ne connaissent pas encore la prière contemplative et désirent la découvrir.

La prière contemplative ou prière silencieuse est une des différentes formes de la prière chrétienne. C’est un chemin dans l’écoute, la perception et de simplement être là, ici et maintenant, avec moi-même et avec Dieu. Avec cette journée nous vous invitons de découvrir ensemble cette forme de prière.

* Il n’y a pas de chambres personnelles prévues pour cette journée.

La journée comprend :
* Petite introduction : Qu’est-ce qu’est la prière contemplative ?
* Chemin guidé vers la prière, dont perception dans la nature, perception du corps, attitude dans la prière
* Plusieurs heures de prière silencieuse
* Participation aux prières communes de la communauté
* Repas en silence
* Partage final en groupe

Indications pratiques :
Début : 9h30 (arrivée dès 9h)
Fin : après le repas de soir, environ 20h

Frais de pension : CHF 60,-
pour des séjours plus longs demandez à l’accueil

La question financière ne doit être un obstacle pour personne. Qui peut mettre plus rend possible – par un geste discret de solidarité – la venue de qui peut donner moins

Animation : s. Sonja et s. Embla

Inscriptions : accueil@grandchamp.org
C’est possible de prolonger votre séjour le samedi avec la « Journée de prière contemplative » le 15 août / 19 décembre. Merci de l’indiquer avec votre inscription.

Journées de prière contemplative
15 août et 19 décembre 2026

Pour des personnes qui ont déjà participé à
des exercices contemplatifs.

Interrompre le quotidien pour se retrouver dans le simple fait d’être ici et maintenant, d’être attentif à soi-même et à la présence de Dieu dans nos vies. Méditer ensemble et faire l’expérience de la force de la prière en communauté. C’est à cela que nous vous invitons..

* Il n’y a pas de chambres personnelles prévues pour cette journée.

La journée comprend :
* Promenade de perception dans la nature
* Plusieurs heures de prière silencieuse
* Participation aux prières de la communauté
* Repas en silence
* Partage final en groupe
* Une histoire

Indications pratiques :
Début : 9h30 (arrivée dès 9h)
Fin : après le repas de soir, environ 20h

Frais de pension : CHF 60,-
pour des séjours plus longs demandez à l’accueil

La question financière ne doit être un obstacle pour personne. Qui peut mettre plus rend possible – par un geste discret de solidarité – la venue de qui peut donner moins

Animation :
s. Sonja, s. Embla et s.Markéta

Inscriptions : accueil@grandchamp.org

Journées de découverte
14 août et 18 décembre 2026

Pour des personnes qui ne connaissent pas encore la prière contemplative et désirent la découvrir.

La prière contemplative ou prière silencieuse est une des différentes formes de la prière chrétienne. C’est un chemin dans l’écoute, la perception et de simplement être là, ici et maintenant, avec moi-même et avec Dieu. Avec cette journée nous vous invitons de découvrir ensemble cette forme de prière.

* Il n’y a pas de chambres personnelles prévues pour cette journée.

La journée comprend :
* Petite introduction : Qu’est-ce qu’est la prière contemplative ?
* Chemin guidé vers la prière, dont perception dans la nature, perception du corps, attitude dans la prière
* Plusieurs heures de prière silencieuse
* Participation aux prières communes de la communauté
* Repas en silence
* Partage final en groupe

Indications pratiques :
Début : 9h30 (arrivée dès 9h)
Fin : après le repas de soir, environ 20h

Frais de pension : CHF 60,-
pour des séjours plus longs demandez à l’accueil

La question financière ne doit être un obstacle pour personne. Qui peut mettre plus rend possible – par un geste discret de solidarité – la venue de qui peut donner moins

Animation : s. Sonja et s. Embla

Inscriptions : accueil@grandchamp.org
C’est possible de prolonger votre séjour le samedi avec la « Journée de prière contemplative » le 15 août / 19 décembre. Merci de l’indiquer avec votre inscription.

Journées de prière contemplative
15 août et 19 décembre 2026

Pour des personnes qui ont déjà participé à
des exercices contemplatifs.

Interrompre le quotidien pour se retrouver dans le simple fait d’être ici et maintenant, d’être attentif à soi-même et à la présence de Dieu dans nos vies. Méditer ensemble et faire l’expérience de la force de la prière en communauté. C’est à cela que nous vous invitons..

* Il n’y a pas de chambres personnelles prévues pour cette journée.

La journée comprend :
* Promenade de perception dans la nature
* Plusieurs heures de prière silencieuse
* Participation aux prières de la communauté
* Repas en silence
* Partage final en groupe
* Une histoire

Indications pratiques :
Début : 9h30 (arrivée dès 9h)
Fin : après le repas de soir, environ 20h

Frais de pension : CHF 60,-
pour des séjours plus longs demandez à l’accueil

La question financière ne doit être un obstacle pour personne. Qui peut mettre plus rend possible – par un geste discret de solidarité – la venue de qui peut donner moins

Animation :
s. Sonja, s. Embla et s.Markéta

Inscriptions : accueil@grandchamp.org

Prédication du pasteur François Caudwell, 23 juillet 2026

Prédication du pasteur François Caudwell, 23 juillet 2026

Prédication – Grandchamp

23 juillet 2026

1 Jean 4,7-14 / Marc 5,21-34

            Durant l’été – pas tellement à Grandchamp ! – nous pouvons faire l’expérience d’une foule enfiévrée, excitée par certains événements émotionnellement forts : matchs de foot, compétitions sportives, fêtes nationales, festivals, embouteillages, lieux de vacances surpeuplés… Les épisodes de canicule, les grosses chaleurs, donnent à ces multitudes humaines un caractère suffocant, étouffant. Comment ne pas évoquer, également, malheureusement, les foules qui se battent, et celles qui fuient la guerre, les bombardements, la misère, le chaos, et qui vivent dans la crainte, l’angoisse ou la haine.

            Marc fait ressortir dans son récit évangélique ce caractère oppressant de la foule autour de Jésus : une foule nombreuse le suivait et l’écrasait (Mc 5,24). Cette foule fait penser à celle du Vendredi Saint, menaçante, qui réclamera la mort de Jésus (15,11-15). Marc donne à son lecteur le sentiment qu’un mal rode autour de Jésus. Pire encore, au sein de cette foule se manifestent d’indicibles détresses : un père qui assiste à la mort de sa petite fille, une femme désespérée par une maladie honteuse et incurable.

            Dans ce contexte dramatique, Marc rend visible le salut, la lumière dans les ténèbres : Jésus est présent et actif ; il manifeste concrètement la miséricorde de Dieu.

 

            La foule prend ici un caractère ambiguë : elle suit Jésus et elle l’écrase (5,24). Elle est attirée par lui mais elle le menace en même temps. Il en est de même des disciples. Eux-aussi le suivent (cf. 6,1), mais ils ne comprennent pas l’attitude de Jésus (5,31).

            Cet épisode au bord du lac illustre l’ensemble de la mission du Seigneur. Il est le Fils de Dieu (1,1). En tant que tel, il détient une maîtrise souveraine des situations où il se trouve. C’est à lui qu’on s’adresse ; c’est lui qui écoute, qui ressent, qui guérit, qui se laisse arrêter puis qui poursuit sa route. Son attitude est celle du Fils que le Père a envoyé comme Sauveur du monde (1Jn 4,14).

            Or le Fils de Dieu est aussi fils de l’homme. Le Souverain côtoie les plus petits, et ne craint pas d’affronter leur détresse ou leur hostilité. En Jésus, Dieu marche avec les humains. Dieu a envoyé son Fils dansle monde (1Jn 4,9). Avec Jésus, le Ciel est sur la terre. Marc nous apprend que c’est bien ce monde, avec toutes ses contradictions, que le Fils de Dieu est venu sauver.

            Il nous a rejoints dans les réalités les plus incompréhensibles ; il en a supporté toutes les conséquences. Il était vraiment dans le monde. Et il y reste, volontairement, pour y semer son Royaume. Avec le prédicateur de Tibériade, c’est bien lui, Dieu, qui nous a aimés (1Jn 4,10).

            Marc, dès la première ligne de son Évangile, annonce cette venue du Fils de Dieu (Mc 1,1). Puis il suggère, progressivement, cette présence cachée mais bien réelle de Dieu en son Fils, au milieu de l’humanité. Dans notre récit, Jésus est habité par une puissance de vie qui guérit, qui ressuscite. 

            Il guérit parce qu’il est Dieu, mais surtout parce qu’il est Dieu pour nous. Il révèle la présence de l’Éternel aux « entrailles de miséricorde », évoquée dans l’Ancien Testament – ou dans les prières de Grandchamp. Celui qui porte la compassion de Dieu détient seul la puissance de révéler son salut. Jésus est venu manifester l’amour de Dieu au milieu de nous (1Jn 4,9).

            Il guérit la femme presque dans l’incognito. Il va redonner vie à la petite fille avec seulement quelques proches. Il ne fait pas éclater sa puissance, tandis qu’il reste habité par cette puissance (Mc 5,30) qui est la vie éternelle, la vie de Dieu. Jésus n’est pas un magicien ; il révèle simplement la compassion de Dieu. Son amour, qui s’exprime dans la plus grande proximité, presque dans l’intimité, même au milieu de la foule.

            Sur la croix, Jésus sera l’Agneau de Dieu, la victime d’expiation (4,10), dont toute la puissance reste cachée, anéantie. Là, ses souffrances puis sa mort sont bien réelles, abominables, similaires à celles de millions d’êtres humains, similaires à celles aussi qu’infligent des millions d’êtres humains. Le pardon qu’il exprime est celui de la victime de toutes les violences. La mort dont il devient vainqueur à Pâques est bien la nôtre.

            Dans la suite du récit de Marc, le retour à la vie de la petite fille de Jaïros préfigure cette victoire. Jésus a pris la main (Mc 5,41) de tous ceux qui meurent en ce monde. Le réveille-toi (id.) qu’il adresse à la fille est celui de sa résurrection (16,6). Et sa résurrection est l’annonce de la nôtre. Pour cette foule du bord du lac, qui représente l’humanité entière, Jésus est la seule espérance possible.

 

            Marc, en rédigeant cet épisode émouvant d’une femme tremblante et guérie, gardait toujours en vue la révélation de la croix et de la résurrection de Jésus. Les paroles de Jaïros résonnent comme un écho de la prédication des premiers apôtres : il demande que sa petite fille soit sauvée et qu’elle vive (5,23). Sa supplication est l’expression de la foi des premiers chrétiens, foi en Christ, porteur du salut et de la vie éternelle. Marc décrit Jésus comme ce Sauveur menacé par la foule, et néanmoins victorieux de ce qui détruit l’humain.

            Jésus déclare à la femme : Ta foi t’a sauvée (5,34). Quelle foi ? Elle n’a rien confessé. Mais, comme Jaïros, elle s’est jetée aux pieds du Seigneur (5,22 / 5,33). Les deux sont des personnes perdues devant leur Sauveur. Leur foi est à l’état pur ; inspirée par la souffrance, elle est l’élan d’un vide tendu vers la plénitude. La foi n’est pas un droit au salut, mais un accès au salut. Elle exprime notre confiance en Celui qui nous a déjà guéris, sauvés, ressuscités.

 

            Notre première lecture était adressée à des chrétiens de la fin du 1er siècle qui connaissaient beaucoup d’épreuves et qui auraient pu être tentés de désespérer. La lettre de Jean leur rappelle la proximité de Dieu, au cœur de ce monde compliqué, divisé, violent. Par la foi, ils pouvaient la reconnaître plus réelle encore qu’au bord du lac de Tibériade. Dieu demeure en nous (1Jn 4,12), leur écrit Jean. Il leur a donné son Esprit, qui est l’Esprit de Jésus.

            C’est ainsi que le Ressuscité nous rejoint dans ce monde. Sa puissance de vie n’est plus sensible par le toucher mais accessible par la foi. Il vient, écrit Jean, afin que nous vivions par lui (1Jn 4,9). Caché comme du levain dans la pâte (Mt 13,33), il veut renouveler la terre.

            Sa puissance est celle qui nous a sauvés. Elle s’est manifestée sur une croix. Elle a révélé dans les détresses humaines que Dieu est amour (1Jn 4,8). La croix a planté au cœur du monde la semence de l’amour de Dieu. Elle peut grandir et rayonner dans les nuits d’aujourd’hui. Quand nous nous aimons les uns les autres, Dieu demeure en nous, et son amour, en nous, est accompli (4,12).  Amen.

Prédication par le pasteur Pierre Bühler, le 25 Juni 2026

Prédication par le pasteur Pierre Bühler, le 25 Juni 2026

Jean 11,55-12,11

(11,55) Or c’était bientôt la Pâque juive. A la veille de ce e Pâque, beaucoup de gens

montèrent de la campagne à Jérusalem pour se purifier. (56) Ils cherchaient Jésus

et, dans le temple où ils se tenaient, ils se disaient entre eux : « Qu’en pensez-vous ?

Jamais il ne viendra à la fête ! » (57) Les grands prêtres et les Pharisiens avaient

donné des ordres : quiconque saurait où il était devait le dénoncer afin qu’on se

saisisse de lui.

(12,1) Six jours avant la Pâque, Jésus arriva à Béthanie où se trouvait Lazare qu’il

avait relevé d’entre les morts. (2) On y offrit un dîner en son honneur : Marthe

servait tandis que Lazare se trouvait parmi les convives. (3) Marie prit alors une livre

d’un parfum de nard pur de grand prix ; elle oignit les pieds de Jésus, les essuya

avec ses cheveux et la maison fut remplie de ce parfum. (4) Alors Judas Iscariote, l’un

de ses disciples, celui-là même qui allait le livrer, dit : (5) « Pourquoi n’a-t-on pas

vendu ce parfum trois cents deniers, pour les donner aux pauvres ? » (6) Il parla

ainsi, non qu’il eût souci des pauvres, mais parce qu’il était voleur et que, chargé de

la bourse, il dérobait ce qu’on y déposait. (7) Jésus dit alors : « Laisse-la ! Elle

observe cet usage en vue de mon ensevelissement. (8) Des pauvres, vous en avez

toujours avec vous, mais moi, vous ne m’avez pas pour toujours. » (9) Cependant

une grande foule de Judéens avaient appris que Jésus était là, et ils arrivèrent non

seulement à cause de Jésus lui-même, mais aussi pour voir ce Lazare qu’il avait

relevé des morts. (10) Les grands prêtres dès lors décidèrent de faire mourir aussi

Lazare, (11) puisque c’était à cause de lui qu’un grand nombre de Juifs les qui aient

et croyaient en Jésus.

Lecture complémentaire : Actes 8,18-25

* * *

Chères sœurs, chers frères et sœurs réunis dans ce e chapelle,

Dans la construc on narra ve de l’évangile de Jean, nous sommes à un endroit

décisif puisqu’avec le chapitre 12 se termine l’ac vité publique de Jésus, pour céder

la place dès le chapitre 13 au récit de la Passion, qui cons tue la seconde moi é de

l’évangile. À cet endroit, notre péricope opère une transi on entre deux événements

marquants, la résurrec on de Lazare, dernier grand acte de l’ac vité publique de

Jésus, et l’entrée triomphale à Jérusalem, premier grand acte public de la Passion.

Entre-deux, un récit beaucoup plus discret nous est raconté, qui sse des liens entre

ces deux événements. Une transi on peut sembler peu importante, un peu banale,

et pourtant c’est elle qui assure la con nuité du récit en rappelant ce qui vient de se

passer et en an cipant ce qui va arriver.Les premiers versets sont de ce deuxième type : la Pâque juive se rapproche, et cela

suscite l’arrivée à Jérusalem de nombreux pèlerins qui, intrigués par Jésus, se

demandent s’il va venir ou non à la fête, tandis que les autorités, elles, se préparent

déjà à l’arrêter à la première occasion. Ces autorités, on les retrouve aussi dans les

derniers versets de notre passage, où ils affirment ne pas seulement vouloir me re à

mort Jésus, mais aussi ce Lazare que Jésus a relevé d’entre les morts et qui, à cause

de ce miracle, détournent trop de Juifs de la bonne voie. Pauvre Lazare, qui vient de

ressusciter et qui devrait déjà mourir à nouveau !

Nous rejoignons ainsi les éléments qui, eux, rappellent ce qui a précédé : on

retrouve ici Lazare et ses deux sœurs Marthe et Marie, à Béthanie, qui offrent un

repas en hommage à Jésus. Les disciples sont là aussi, en par culier Judas Iscariote,

et ici, on établit à nouveau un lien avec ce qui va se passer puisqu’on men onne qu’il

sera celui qui va livrer Jésus à ses ennemis. Il se dis ngue d’emblée par sa

roublardise, puisqu’il invoque l’aumône aux pauvres, acte de piété décisif dans la

période de la Pâque, mais en fait seulement pour voler l’argent.

Au cœur de tous ces entrecroisements entre le passé et l’avenir, Marie, l’une des

sœurs, accomplit durant le repas un acte symbolique d’une grande simplicité : avec

un parfum précieux, elle oint les pieds de Jésus et les essuie avec ses cheveux. Ce e

onc on, nous la connaissons aussi dans les autres évangiles, mais avec bien des

différences. Luc l’a déplacée tout à fait ailleurs dans son évangile et l’a ribue à une

pros tuée qui, avec le parfum, mouille aussi les pieds de Jésus de ses larmes. Il en

fait donc une scène de repentance et de pardon. Mais l’onc on chez Jean ressemble

à celle de Luc en ce que Marie oint les pieds de Jésus, tandis que chez Marc et

Ma hieu, qui situent aussi ce e onc on à Béthanie au début de la Passion, la

femme – anonyme, ce e fois – oint la tête de Jésus, et sans la sécher.

Ce e onc on au début de la Passion fait évidemment sens, car elle exprime que ce

Jésus qui entre dans sa Passion est le Christ, puisque le tre Christos en grec signifie

celui qui est oint, comme jadis les prophètes ou les rois, ce qui donne une

significa on messianique à ce qui va lui arriver.

Pour l’évangéliste Jean, ce e onc on prend une dimension toute par culière. Cela

est marqué par différents aspects. Tout d’abord, l’acte est accompli par une femme,

ce qui est loin d’être banal à ce e époque. C’est à elle que revient la tâche de

proclamer Jésus comme le Christ, l’oint, l’élu de Dieu. Et elle le fait de manière très

dévouée, puisqu’elle va jusqu’à dénouer ses cheveux pour essuyer les pieds de cet

hôte, ce qui est totalement inhabituel pour l’époque. Pourquoi oint-elle les pieds, et

non pas la tête de Jésus ? Par humilité, par respect, sans doute, en se tenant aux

pieds de celui qu’elle honore ; et peut-être aussi faut-il oindre les pieds de celui qui,

devenu serviteur, lavera ceux de ses disciples. Autre trait marquant : le parfum choisi

est excessivement précieux, digne du plus grand roi : une livre fait plus de 300

grammes, et le prix de 300 deniers représente environ le salaire de dix mois de

travail.Finalement, la manière la plus claire de souligner l’importance de cet acte, c’est que

l’évangéliste Jean, à la différence de Marc et Ma hieu, le place avant l’entrée à

Jérusalem. L’onc on de Marie devient ainsi le premier événement de la Passion,

discret, certes, en cercle restreint, mais décisif pour la significa on à donner aux

événements à venir. En effet, l’interpréta on de l’onc on par Jésus lui-même, en

réponse au reproche de Judas, permet de corriger l’entrée dans Jérusalem qui

suivra : « Non, il n’y aura pas de triomphe facile, pas de pres ge royal ! Marie a fait

cela en vue de mon ensevelissement, et elle souligne ainsi que j’entre à Jérusalem

non pas pour régner triomphalement, mais pour mourir. Alors, laissez faire ce e

femme, laissez-la proclamer la véritable significa on des événements à

venir ! J’entrerai peut-être en triomphe, mais ne vous laissez pas tromper : si je suis

venu pour être élévé, pour être glorifié, c’est sur la croix ! L’onc on chris que de

Marie, c’est pour faire de moi le Christ crucifié ! C’est là le parfum qui remplit toute

la maison, l’heureuse nouvelle qui se répand partout ! »

Pour le dire dans les termes que l’évangile de Jean u lise un peu plus tard dans le

même chapitre 12 (cf. 12,24) : « En vérité, en vérité, je vous le dis, si le grain de blé

qui tombe en terre ne meurt pas, il reste seul ; si au contraire il meurt, il porte du

fruit en abondance. » C’est cette fertilité-là qui est visée.

Et les pauvres, alors ? Indépendamment du fait que Judas n’est pas sincère, la

réponse que lui donne Jésus résonne de manière quelque peu cassante à leur égard :

« Des pauvres, vous en aurez encore bien assez avec vous, et vous aurez tout loisir

de vous occuper d’eux, mais maintenant, occupez-vous de moi, car moi, vous ne

m’avez pas pour toujours. » Cette opposition rapide, qu’on retrouve aussi chez Marc

et Matthieu, me laisse un peu sur ma faim. Je vous avoue que j’ai envie de corriger

un peu le texte. J’aurais préféré que Jésus dise : « En mourant sur la croix, je

m’abaisse, j’abandonne toute gloire humaine, je m’appauvris de toutes choses pour

devenir celui qui sert. Je rejoins ainsi les humbles, les petits, les pauvres, et cela vous

offre un nouveau rapport à eux. Il ne suffit pas de faire l’aumône aux pauvres, avec

condescendance, du haut de votre statut de gloire et de richesse. C’est en devenant

à ma suite pauvre avec les pauvres, c’est en allant à la suite de ce grain de blé qui, en

mourant, porte du fruit en abondance, que s‘ouvrira pour vous une véritable

diaconie des pauvres. Dans l’onc on à la mort que Marie accomplit sur moi se

répand une onction sur les pauvres, et vous en aurez toujours assez avec vous pour

la leur transmettre. Ce que vous ferez à ces plus pe ts de mes frères, c’est à moi que

vous le ferez. Heureux les pauvres ! »

Amen.