Homélie par le pasteur Pierre-Yves Brandt pour la fête de tous les saints témoins le 1er novembre 2020

Homélie par le pasteur Pierre-Yves Brandt pour la fête de tous les saints témoins le 1er novembre 2020

Lectures : Ap, 2-17 et Mt 5,1-12

Bonne fête à vous,

Le saintes de la Communauté de Grandchamp,

Et à vous aussi,

Les saints et les saintes qui les ont rejointes pour cette célébration dominicale !

Nous avons entendu ces derniers jours la lecture des derniers chapitres de la Lettre de Paul aux Romains, dans lesquels il parle de ses projets d’aller à Jérusalem rendre visite aux chrétiens qui s’y trouvent et qu’il appelle les saints de Jérusalem (R, 15,25-26). Il recommande aux saints par appel qui sont à Rome (Rm 1,7), c’est-à-dire aux chrétiens de Rome, il recommande Phoebé, ministre de l’Eglise de Cenchrée, demandant qu’on l’accueille dans le Seigneur d’une manière digne des saints (Rm 16,2). Plus loin, il demande encore de saluer Philologue et Julie, Nérée et sa sœur, Olympas et tous les saints qui sont avec eux (Rm 16,15). A l’époque de Paul, « saint », qui veut dire « consacré à Dieu », est un terme qui désigne tout simplement les membres d’une communauté chrétienne. Aucune procédure de canonisation n’a encore été mise en place pour aboutir à l’attribution de cette appellation. Alors, dans la tradition des premiers chrétiens, et puisque nous fêtons aujourd’hui tous les saints, je n’hésite pas à vous inclure tous parmi les fêtés.

Bonne fête à vous tous !

Car la Bonne nouvelle de l’alliance nouvelle et éternelle conclue par notre Seigneur Jésus Christ, c’est qu’il n’y a plus de séparation entre des élus et les autres. Tous sont appelés, élus par l’amour inclusif de Dieu.

Le visionnaire de l’Apocalypse en donne une image saisissante. Il voit une foule immense, si grande que nul ne pouvait la dénombrer, de toutes nations, tribus, peuples et langues, se tenant devant le trône de Dieu, lui rendant un culte nuit et jour. Ils sont vêtus de robes blanches, comme on en voit de nombreuses aujourd’hui dans cette chapelle. Et l’un des anciens précise au visionnaire qu’ils ont blanchi leurs robes dans le sang de l’agneau. Autrement dit, ce sont tous ceux qui sont entrés dans l’alliance avec Dieu que Jésus a scellée lors de son dernier repas avec ses disciples., lorsqu’il leur a partagé la coupe de son sang, dont il a précisé qu’il était le sang de l’alliance, versé pour la multitude (Mc 14,24 et parallèles). Car en Jésus l’alliance a été élargie à toute l’humanité et non plus réservée seulement au peuple d’Israël, qui est aussi là dans la vision par la présence des 144’000, nombre symbolique pour représenter les 12 tribus (12 fois 12’000). Le Christ a ouvert l’alliance à la multitude et les saints ne sont pas rares, mais impossibles à dénombrer.

L’ancien qui converse avec le visionnaire, ajoute encore que ceux qui appartiennent à cette multitude n’auront plus ni faim ni soif, er que Dieu essuiera les larmes de leurs yeux.

C’est une confirmation directe de la promesse faite par Jésus au moment où il prononce les Béatitudes : Ceux qui ont faim et soif de justice seront rassasiés, ceux qui pleurent seront consolés. Après la grande épreuve, ils ont trouvé le bonheur tant attendu.

Ce bonheur, Jésus l’avait donc énoncé dans une série de béatitudes : Heureux…

Mais d’où pouvait-il avoir connaissance de ce bonheur, sinon par la prière, par la relation intime qu’il entretenait avec son Père du ciel. Alors, certes, on peut se dire qu’il puise dans sa relation intime avec le Père une certaine représentation de ce qui peut combler ceux qui sont entrés dans l’alliance avec Dieu. Mais puisque Dieu est celui qui instaure l’alliance, ne pourrait-on pas aussi entendre dans les Béatitudes une représentation de ce qui comble Dieu lui-même, lui qui est le Saint ?

Alors, bien sûr, si l’on veut écouter les Béatitudes pour parler de la manière dont Dieu trouve son bonheur, il faut un peu adapter la lecture.

« Heureux les pauvres de cœur ». je ne sais pas bien ce que pourrait signifier que Dieu est pauvre de cœur ; surtout que le texte de l’Evangile selon Matthieu dit plutôt, si l’on traduit littéralement : « Heureux les pauvres en esprit ». Or Dieu n’est pas pauvre en Esprit. C’est plutôt qui avons besoin de son Esprit ; nous en sommes pauvres sans lui qui nous le donne. Mais lui, il est pauvre de nous jusqu’à ce que nous nous donnions à lui. Alors il devient riche de nous et, alors, ce n’est pas le Règne des cieux qui sera à lui, mais le règne sur la terre.

« Heureux les doux » : Dieu n’est-il pas celui qui est doux par excellence et qui aura la terre en partage au bout de sa douce persévérance ?

« Heureux ceux qui pleurent » : oui je crois que Dieu pleure avec ceux qui pleurent et qu’il espère le jour où il sera consolé parce que toute l’humanité sera entrée dans son alliance.

« Heureux ceux qui ont faim et soit de justice » : depuis les débuts de l’histoire de Dieu avec son peuple, il crie sa faim et sa soif de justice. Les prophètes n’ont cessé de le répéter. Il attend encore.

« Heureux les miséricordieux » : toute la tradition biblique nous dit que Dieu est le Miséricordieux. Saurons-nous, un jour enfin, être miséricordieux à son égard ?

« Heureux les cœurs purs » : nul ne peut entrer pleinement dans le mystère de Dieu pour parler du cœur de Dieu, mais il est clair que le cœur de Dieu est sans duplicité. Ici, reconnaissons qu’il n’y a pas besoin de parler au futur : Dieu ne nous verra pas, parce que Dieu nous voit déjà tels que nous sommes.

« Heureux les artisans de paix » : Dieu ne cesse de chercher la paix. Là aussi, il est à la source de la paix, déjà…

« Heureux ceux qui sont persécutés pour la justice » : Dieu ne cesse d’être la cible de violences, rejets, etc.

Cette lecture des Béatitudes appliquée à Dieu nous montre que ce qui peut faire le bonheur de Dieu est indissociable de ce qui peut faire le nôtre. Dieu ne sera heureux que lorsqu’il n’y aura plus d’injustice sur terre, c’est-à-dire que toute l’humanité sera entrée dans son alliance. Alors tous seront saints et la fête de tous les saints sera la fête de toute l’humanité devenue peuple saint de Dieu.

Pour aujourd’hui, réjouissons-nous déjà avec toute la multitude des saints qui sont sur terre ou déjà auprès de Dieu, dans l’espérance de l’accomplissement de l’alliance universelle.

Homélie par la pasteure Lucette Woungly-Massaga pour le 29 octobre 2020

Homélie par la pasteure Lucette Woungly-Massaga pour le 29 octobre 2020

Lectures : Romains 15, 22-29, Luc 13, 10-21

Il me fait du bien, Paul, avec tous les projets qu’il fait malgré tout ! Bon, il n’est pas sous la menace de covid19, mais son avenir n’est pas sans nuage : d’une part, il est bien affecté dans son corps, puisqu’il a plusieurs fois demandé au Christ de l’en libérer. D’autre part, se rendre à Jérusalem n’est pas sans danger : les autorités juives ont dû entendre comment il a tourné casaque après avoir persécuté la nouvelle doctrine, comment il en est devenu un témoin intrépide, prêchant jusque dans leurs synagogues … d’où il était chassé sans ménagement après un certain temps. Malgré tout, il fait des projets concrets et bien optimistes : tout confiant, il est persuadé qu’il ira non seulement en Italie pour visiter la communauté de Rome, mais il compte se rendre en Espagne (le bout du monde d’alors) ! Une sacrée confiance et une espérance solide [que je voudrais bien avoir moi aussi, et jusqu’au bout! Et avec sa même conviction qu’il fait ses projets avec la pleine bénédiction de Christ (v.29) !]

Quel contraste avec la femme toute courbée depuis 18 ans, qui n’a pas d’horizon : elle ne pouvait pas se redresser complètement et ne voit donc que le sol, les cailloux (peut-elle être encore sensible aux fleurs?)… elle voit les pieds des gens, et ne peut croiser leur regard. Elle n’a pas d’horizon intérieur non plus, quel projet d’avenir pourrait-elle avoir encore, après 18 ans dans cet état ? – Alors que Jésus était en train d’enseigner dans une synagogue un jour de sabbat, elle était simplement là: Il y avait là une femme, comme faisant partie du décor, sans nom, pas vraiment vivante. Aucune parole, aucun geste. Et Jésus ne va lui poser aucune question alors que souvent, il cherche le contact pour créer la relation, éveiller le désir caché.

Pourtant, en la voyant, Jésus lui adressa la parole et lui dit : Femme, te voilà libérée de ton infirmité. » Il lui imposa les mains : aussitôt elle redevint droite – Et même si, à ce moment-là, il n’y a pas de dialogue, le courant a passé, au niveau le plus profond, la femme a été touchée corps et âme: son enfermement éclate, elle se redresse, son regard se pose alentour, elle voit celui qui lui a parlé et transmis de sa force en lui imposant les mains. Elle a compris: guérie, rendue à la vie, elle se mit à rendre gloire à Dieu. En cet homme, c’est Dieu qui l’a touchée.

Les 2 petites paraboles que Luc nous présente juste à la suite de ce récit nous donnent la clé du sens de ce qui vient de se passer: La femme vient d’être touchée par le Royaume de Dieu, d’y goûter, elle renaît à la vie – vie nouvelle – seul Dieu peut faire chose pareille! Déjà la pâte lève, le grain de moutarde a germé et pousse (vv.18-21). Le Royaume de Dieu est bien présent, mais caché…

Qui décèle qu’il est au milieu de nous, agissant? Jésus reste incognito. La femme, elle, s’ouvre à cette vie nouvelle inaugurée en et par Jésus! Ce n’est pas le cas du chef de la synagogue, lui qui attendait pourtant avec tout le peuple que Dieu intervienne enfin pour établir son Royaume sur leur terre spoliée par les Romains. Mais pas comme ça! Il prend toute la foule à témoin: Jésus aurait bien pu attendre un jour de plus pour soigner cette femme, le shabbat est sacré, consacré à Dieu ! Ah, quand les connaissances théologiques ou les traditions ecclésiales rendent aveuglent –et moi, combien de fois passé-je à côté d’une l’intervention de Dieu? combien de fois suis-je insensible à un signe de sa présence?

Et l’assemblée de la synagogue, a-t-elle compris de quel ordre était cette guérison et qui était celui qui avait agi? – Toute la foule se réjouissait de toutes les merveilles qu’il faisait (v.17). Se réjouissait-elle de voir des merveilles, sans penser plus loin? Pourrait-elle comprendre le sens profond de ce miracle sans l’éclairage des 2 petites paraboles?

Depuis la venue du Christ Jésus, le Royaume est présent dans la pâte humaine, dans le terreau de l’humanité. Partout dans le monde, en tout temps, il se manifeste sans jamais s’imposer comme évidence. C’est ce message qui donne à Paul des ailes pour faire des projets de voyage jusqu’au bout du monde. Et pour le transmettre, ce message pas croyable, il emploie un tout autre langage pour se faire comprendre des non-Juifs. Pour ma part, j’ai l’impression que je suis tour à tour le chef de la synagogue passant à côté, la femme vivant un moment de grâce, touchée profondément, libérée, guérie, ou encore comme la foule qui ne réalise pas toujours clairement que le Royaume déjà présent se manifeste dans tel ou tel événement concret.

Un mot encore pour vous qui commencez ce soir une retraite: Un temps de retraite n’est-il pas un cadeau qui peut me rendre plus attentive à la présence de Dieu (à sa parole chuchotée dans mon cœur)? et à la présence de son Royaume (son agir alentour ou en moi)? Tous mes temps sont dans la main de Dieu, à moi d’être bien présente dans chacun de mes temps!

AMEN.

 

Homélie par la pasteure Séverine Schlüter pour le 22 octobre 2020

Homélie par la pasteure Séverine Schlüter pour le 22 octobre 2020

Lectures : Romains 12,16-21, Luc 12, 1-12

«Ne vous inquiétez pas de la manière dont vous vous défendrez ou de ce que vous aurez à dire, car le Saint-Esprit vous enseignera à ce moment-là ce que vous devez exprimer.»  (Luc 12, 11-12 – traduction en français courant)

Cette phrase a résonné tout particulièrement en moi ces derniers jours. Non que je sois amenée devant un tribunal ou que je doive me défendre – mais parce que, tout de même, j’ai accepté la responsabilité de m’exprimer devant vous, et de vous apporter un message sur les lectures de ce jour.

Cela fait maintenant plus d’une année environ que je ne vous ai plus rendu visite dans ce cadre. Depuis, beaucoup de choses ont changé pour moi, puisque mon mari et moi sommes devenus parents adoptifs de deux garçons venus d’Haïti, en avril dernier.

Or il se trouve que le plus grand, Ricardo, a dû entrer à l’hôpital justement aujourd’hui. Pour des interventions bénignes, rassurez-vous – mais cela occupe pas mal l’attention. Et c’est aussi demain le délai pour rédiger le rapport des 6 mois de leur arrivée en Suisse. Nous avons dû dans le même temps nous occuper de mes beaux-parents, entrés récemment au home…

Alors, c’est vrai, j’avoue, ces derniers jours, je me suis vraiment demandé si j’allais arriver à trouver le temps de réfléchir au message que je voulais vous donner ce soir.
Et oui, même à des pasteurs expérimentés, il arrive de se demander : qu’est-ce que, au monde je vais bien pouvoir leur dire ???

En relisant les textes proposés, cette phrase m’est alors sautée aux yeux :
«Ne vous inquiétez pas de la manière dont vous vous défendrez ou de ce que vous aurez à dire, car le Saint-Esprit vous enseignera à ce moment-là ce que vous devez exprimer.»

Alors j’ai respiré un bon coup (c’est ce qu’on dit à nos enfants de faire quand ils sont énervés ou stressés), et je me suis dit : OK – je crois que tu es appelée à lâcher-prise, et à faire confiance. Il y a eu des choses importantes à régler, et même si apporter un message à une assemblée mérite d’y apporter du soin, personne ne va te manger si tu ne fais pas la meilleure prédication du monde !

Et puis j’ai pensé à mes enfants, justement. Eux-mêmes ont dû lâcher-prise sur tellement de choses : ils n’ont pas choisi de quitter leur famille pour se retrouver dans une crèche ; ils n’ont pas choisi d’être adoptés, de laisser leur pays pour un découvrir un autre. Ils ont dû apprendre et se familiariser avec tant d’aspects nouveaux : apprendre ce qu’est une famille, les règles à suivre dans une maison ou en société, la langue, leur environnement, de nouvelles personnes et manières de faire… nous avons pu mesurer leurs progrès et leurs ressources pour s’adapter.

Pourtant, il y a un aspect du lâcher-prise avec lequel ils ont encore des difficultés : ils veulent toujours faire le plus possible de choses par eux-mêmes, comprendre comment ça marche, et faire si possible sans notre aide – ce qui est souvent bien, mais qui les mets et nous met parfois dans des situations compliquées, et potentiellement risquées !

Ricardo, le plus grand qui a 6 ans, est très protecteur encore parfois avec son frère de 4 ans, Marc Arthur, et vigilant sur plusieurs situations du quotidien : vérifier qu’on a bien éteint les lumières, qu’on a fermé la voiture, rangé les vélos…

Il faut dire qu’ils ont dû apprendre tout jeunes à survivre sans toujours pouvoir compter sur des adultes. Et c’est à nous maintenant de leur prouver que nous sommes des parents fiables, et qu’ils peuvent apprendre à nous faire confiance. Qu’ils ont le droit d’être juste des enfants, et de nous laisser la responsabilité de gérer la maison.

Dans les deux textes du jour, il est justement beaucoup question de lâcher-prise.
Et notamment dans ses rapports avec les autres.

Le texte de Romains nous invite, pour bien vivre ensemble, à être en accord les uns avec les autres. Je ne crois pas que cela veuille dire qu’il faut être d’accord sur tout et avoir les mêmes opinions. Mais il s’agit surtout de ne pas comparer les situations des uns et des autres, d’éviter de s’offusquer quand l’autre a des opinions ou des manières d’agir différentes que les nôtres, de mettre de côté ses désirs de justice, quand on se sent menacé par le comportement de ceux qui nous entourent. Pour rester fixés sur l’essentiel :
Il ne s’agit pas d’être vainqueur dans ses démêlés avec l’autre, mais vainqueur par le cap que l’on garde, et le bien que l’on arrive à faire et à montrer.

Le texte de Luc, pour sa part, nous invite à lâcher-prise par rapport aux craintes que peuvent nous inspirer les autres, et leur jugement sur nous.
Les pharisiens apparaissent ici comme des espèces de garants des bonnes mœurs, et des conséquences inhérentes à un mauvais comportement; et c’est en cela qu’ils peuvent susciter la crainte. Pourtant, qui sont-ils, au fond ? Même si d’apparence ils sont très respectables, Jésus rappelle à ses disciples qu’au fond d’eux-mêmes, ils ont les mêmes limites que n’importe quel être humain. Que personne ne peut avoir tout compris, et tout résolu dans sa vie, et qu’on reste tous en chemin.
Là aussi il s’agit de se tourner vers l’essentiel : bien choisir Celui à qui on veut donner sa confiance, pour poser son regard sur nous, et nous dire où nous en sommes sur le chemin.

Cela m’a refait penser à une histoire sous forme de conte, que nous avons relue en début d’année dans un culte avec les familles : celle de Punchinello, écrit par Max Lucado.

Punchinello est un Vémiche. Et chez eux, on colle des gommettes dorées et étoilées à ceux qui sont beaux, doués et plein de talents – les autres, qui paraissent plus négligés ou maladroits reçoivent des ronds gris. Punchinello est malheureux de cette situation, jusqu’au jour où il rencontre une Vémiche sur qui aucune gommette ne tient collée. Il va alors s’entretenir avec le sculpteur Eli, son créateur, qui constate :

« Je vois qu’on t’a donné beaucoup de mauvaises notes ! »
« Ce n’est pas de ma faute, Eli, j’ai fait tout ce que j’ai pu. » dit Punchinello.
« Oh, tu n’as pas besoin de te justifier, poursuit Eli. Peu m’importe ce que pensent les autres Vémiches. »
« Vraiment ? »
« Oui, et tu devrais en faire autant. Qui sont-ils pour donner des étoiles et des ronds ? Ce sont des Vémiches, tout comme toi. Ce qu’ils pensent ne compte pas, Punchinello. Tout ce qui compte, c’est ce que moi, je pense. Et tu as une grande valeur pour moi, voilà ce que je pense. »
Punchinello se mit à rire. « Moi, une grande valeur ? Mais en quoi? Je ne sais pas marcher vite, je ne sais pas sauter, ma peinture s’écaille. Pourquoi ai-je de la valeur à vos yeux ? »
Eli regarda Punchinello, posa ses mains sur ses petites épaules de bois, et répondit très lentement :
« Parce que tu es à moi. Voilà pourquoi tu as de la valeur à mes yeux. »

Punchinello n’aurait jamais imaginé que quelqu’un le regarderait comme cela, encore moins son créateur. Il ne sut plus quoi dire.

« Si les gommettes ne collent pas sur ton amie, c’est parce qu’elle a décidé que ce que je pensais était plus important que ce qu’ils pensaient. Les gommettes ne collent que si tu leur permets de coller. »
« Comment ? »
« Les gommettes ne collent que si elles ont de l’importance pour toi. Plus tu mets ta confiance dans mon amour, moins tu te soucies de leurs gommettes. »

« Je ne comprends pas très bien. »
Eli sourit.
« Ça Viendra, mais cela prendra du temps. Tu as reçu beaucoup de mauvaises notes. Viens donc me voir tous les jours, et laisse-moi te montrer à quel point je t’aime. »

Eli souleva Punchinello de la table de travail, et le posa par terre.
« Souviens-toi », dit Eli, alors que le petit Vémiche franchissait le seuil, tu as une grande valeur, parce que c’est moi qui t’ai créé. Et je ne fais pas d’erreurs. »

Punchinello ne s’arrêta pas, mais au fond de son cœur, il réfléchit :
«Je crois qu’il pense vraiment ce qu’il dit».
Et à ce moment-là, un rond gris tomba par terre…

C’est ce point central que j’aimerais garder ce soir : le lâcher-prise et l’apprentissage de la confiance ; la confiance dans les capacités que chacun.e a en lui. En sachant que le seul regard qui importe sur notre personne, c’est celui de Dieu, qui sait reconnaître ces valeurs, et qui peut nous apprendre à aller vers le meilleur de nous-mêmes.

Amen.

 

Homélie par le pasteur Jean-Philippe Calame pour le 15 octobre 2020

Homélie par le pasteur Jean-Philippe Calame pour le 15 octobre 2020

Evangile : Luc 10, 38-42

Pour approfondir la méditation de l’évangile entendu ce soir, il est probablement précieux d’essayer d’entendre intérieurement avec quel ton Marthe d’une part et Jésus d’autre part s’adressent la parole.

Pour l’intervention de Marthe, vous trouverez certainement facilement dans vos souvenirs la voix d’une maitresse de maison généreuse, dévouée, très active et dynamique, un peu autoritaire, à l’instant où, la fatigue et le stress aidant, cette aimable personne « craque » en constatant l’inaction d’une autre personne dont elle attendrait normalement de l’aide….
C’est vraisemblablement sur ce ton, un peu excédé mais s’efforçant de se maîtriser, que Marthe dit à Jésus : « Seigneur, cela ne te fait rien que ma sœur m’ait laissé faire seule le service ? Dis-lui donc de m’aider. »

Cet exercice d’écoute est important, car d’une part il nous fait mesurer combien nous pouvons sans peine nous identifier à Marthe, et d’autre part, cela nous fait apprécier en contrepartie l’ humilité de Jésus, sa patience et son amour, lorsqu’il lui répond : « Marthe, Marthe, tu te donnes du souci et tu t’agites pour bien des choses ».
Un ton dans lequel un acteur professionnel saurait exprimer tout en même temps une fermeté indiquant qu’il y a un véritable enjeu, et un amour entier pour la personne de Marthe.

L’enjeu c’est que nous saisissions la loi de vie, que Jésus aimerait tant faire partager à tous : « Une multitude de choses t’inquiètent. Or, Il suffit de peu de chose, et même il suffit d’une seule… ».

Et si cette parole de Jésus, vraiment destinée à tous, si ce résumé de l’évangile nous servait de clé pour approcher ce qui habitait le cœur de l’apôtre Paul au sujet du peuple de la Première Alliance ?
Au long de trois chapitres de sa lettre aux Romains (chapitres 9 à 11) Paul exprime sa douleur incessante et son questionnement spirituel au sujet de son peuple d’origine, « à qui appartiennent l’adoption, la gloire, les alliances, la législation, le culte, les promesses de Dieu ; oui, ils ont les patriarches, et c’est de leur race que le Christ est né, lui qui est au-dessus de tout, Dieu béni pour les siècles… »
Que désire Paul, plus que tout au monde, pour le peuple dont il est issu et dont il respecte tant l’élection, sinon qu’il connaisse l’unique nécessaire désigné par l’évangile,  l’Unique incarné en Jésus de Nazareth.

Et voici que tous, juifs, chrétiens venus du monde païen, tous sont unis par un égal besoin vital. Pour tous il est vital de saisir enfin dans quelle relation, dans quelle alliance le Seigneur veut inviter et rassembler ceux qu’il a créés !
Sans cette connaissance, sans cette découverte, les païens s’agitent et s’inquiètent pour ce qui ne nourrit pas et ce qui ne désaltère pas. Les descendants d’Abraham selon la chair multiplient les précisions aptes à commenter chaque commandement.
Chacun à sa manière, chacun en sa quête, risque de se perdre, de s’aigrir, de s’enorgueillir ou de s’imaginer orphelin. D’où la remarque angoissée et non dépourvue d’agressivité qui monte aux lèvres de chacun-e à certaines heures : « Cela ne te fait rien que je sois laissé seul-e ? »
Païens comme descendants d’Abraham, tous en viennent un jour ou l’autre à cette exclamation qui est un comble, devant le Dieu qui a tout créé par sa parole : « Seigneur, dis quelque chose ! » Et surtout, chacun a son idée sur ce que le Seigneur devrait dire : « Dis à untel de faire ceci, dis à unetelle de faire cela ! » …en priorité ce qui est souhaité que l’autre fasse, c’est quelque chose en notre faveur !

« Mon peuple, mon peuple, rappelle le Seigneur, que n’ai-je pas fait pour toi ? Mon enfant, que n’ai-je pas dit en ta faveur ? » « Ne t’ai-je pas dit de ne pas multiplier les sacrifices ? Ne t’ai-je pas indiqué l’unique nécessaire ? Rien d’autre qu’accomplir la justice, aimer avec tendresse et marcher humblement avec ton Dieu… » .

Par son attitude, Marie sœur de Marthe nous rappelle le premier commandement, l’orientation vitale pour le déploiement de toute existence : « Écoute ! » . « Écoute Israël ! »: quiconque écoute entre dans l’Israël de Dieu. Une accompagnatrice spirituelle de la Fraternité du Bon Samaritain écrivait récemment : « Pourquoi donc l’écoute est-elle si essentielle ? Le cantique monastique « Aujourd’hui ne fermez pas votre cœur, mais écoutez la voix du Seigneur », inspiré du psaume 94, m’a permis d’avancer l’hypothèse [que] l’écoute est la voie privilégiée de l’ouverture du cœur ». Oui, l’écoute ouvre le cœur. Écouter vraiment quelqu’un permet à celle ou celui qui est écouté de rouvrir progressivement son coeur (alors que toute blessure ou agression profonde de l’affectivité provoque une fermeture du cœur). L’écoute est sous la promesse : « Ainsi, tu apprendras à aimer le Seigneur ton Dieu ; d’abord tu apprendras à le connaître, puis aussitôt, le connaissant, à l’aimer ».

Dans cette scène de l’évangile, ce n’est donc pas une opposition entre l’action et la contemplation qui est prioritairement en jeu. La question qui est en jeu est d’abord celle de l’écoute, première loi de vie ou première indication vitale donnée à Israël. Tout comme le premier geste de la personne qui aide à un accouchement est d’orienter correctement la tête de l’enfance à l’instant de sa Pâque, du passage de sa naissance, ici la priorité pour notre seconde pâque est d’orienter l’écoute vers le Seigneur, afin de pouvoir vivre par lui, avec lui et en lui tant la contemplation que l’action.
Nous n’avons pas à choisir entre contemplation et action. Nous nous devons aux deux à cause du Christ. Issac de l’Étoile, au 12è siècle, l’exprimait ainsi : « Avoir soif de lui seul, le Christ. Là où il n’y a que le Christ seul, se mettre volontiers au service de tous, là où sa présence est multipliée ! ». 2

La promesse (et l’enjeu !) de l’écoute est de nous permettre de devenir des êtres humains dont le cœur est avec le Seigneur qui parle. La part réservée et promise à ceux qui la choisissent, c’est de développer un cœur intelligent, c’est-à-dire un cœur semblable à une corde « sympathique » qui, sur une guitare indienne, donne sa note simplement en vibrant au son de la note dont la fréquence lui correspond.

Devenir des êtres humains dont le cœur est avec le Seigneur qui parle… Alors action et contemplation sont ajustées, vivifiées, par Celui dont la parole créée, sauve, et soutient la vraie vie.

Amen

 

Homélie par le pasteur Jean-Baptiste Lipp pour le 8 octobre 2020

Homélie par le pasteur Jean-Baptiste Lipp pour le 8 octobre 2020

Evangile : Luc 9, 28 – 36

 

Chères Sœurs, chers frères,

Dans cette histoire étrange, mais si ruisselante de lumière, Jésus pourrait bien être au sommet de sa gloire. Au bord de l’Ascension, même ! Le temps aurait pu s’arrêter à ce point culminant de l’Evangile. Et l’Evangile aurait trouvé ici une splendide conclusion. Pierre l’a compris, lui qui propose d’éterniser ce moment de bonheur intense en dressant trois tentes.

Pas si fou, pas si faux, quand on sait que, parmi les grandes fêtes d’Israël, il y a la fête des Tentes, justement. Le peuple de Jésus, – le peuple de Pierre, de Jacques et de Jean -, connaît bien la fête de Sukkot. On y célèbre, sept jours durant, la traversée du désert. Lors de ce temps de l’exode, Moïse s’entretenait avec Dieu dans la Tente de la rencontre…

Au désert, Dieu se révélait et se dérobait en même temps. Et cette expérience d’une révélation en marche est tellement fondamentale, qu’aujourd’hui encore, nos frères et sœurs israélites lui donnent une grande place. La fête de Sukkot, la fête des Tentes, la fête des Cabanes a lieu cette année du 3 au 10 octobre. On est en plein dedans.

Pensons à eux. Pensons à eux, dont certains dressent même des cabanes sur leurs balcons. Et pensons aussi à celle et ceux qui auraient dû faire ici et maintenant une retraite itinérante. Une retraite annulée en raison de la situation sanitaire… En marche, nous le sommes toutes et tous à l’école de l’exode. Même si nous sommes devenus sédentaires, nous avons dans nos racines spirituelles le nomadisme biblique. Et c’est à la lumière de ce nomadisme que je vous invite à retrouver notre Evangile du jour. 

C’est un point culminant, puisque l’Ancien et le Nouveau Testament se donnent la main. Ne s’agit-il pas ici d’une véritable « rencontre au sommet » ? Une rencontre en présence des plus grands ? Moïse pour la Loi, Elie pour les Prophètes, Jésus pour l’Evangile et, à leurs pieds, les principaux apôtres … pour la transmission apostolique. En effet, Jésus a voulu emmener au sommet de cette montagne Pierre, Jacques et Jean, ceux que j’appellerais « le trio de choc ».

Dans l’Evangile de Luc, Pierre, Jacques et Jean ont été aux premières loges pour voir ce qui s’était passé dans la maison de Jaïros. Jaïros dont la fille semblait morte, ou était peut-être déjà morte… Les trois disciples ont été les témoins privilégiés d’une formidable victoire de Jésus sur la mort ! C’est ce que vient de relater l’Evangile, à la fin du chapitre qui précède le nôtre, le chapitre 8.

Mais à l’autre bout du même Evangile, à Gethsémané, ils seront tous trois les témoins du face-à-face de Jésus avec sa propre mort. Ils seront présents dans ce jardin célèbre, où Jésus sera non pas transfiguré, mais comme défiguré par l’angoisse de la mort. Gethsémané est le prélude du Golgotha, cette autre « montagne », où Jésus sera mis en croix. Sur le Golgotha, ce ne sont pas trois tentes qui seront dressées – une pour Moïse, une pour Elie et une pour Jésus – mais trois croix. Deux pour deux malfaiteurs, et une pour Jésus.

Du reste, Luc est le seul évangéliste qui donne au récit de la transfiguration de Jésus une couleur « Gethsémané », une odeur de la passion. En effet, Luc précise ce que ni Marc ni Matthieu ne disent : Jésus monte sur cette « montagne pour prier ».

Luc précise encore de quoi Jésus, Moïse et Elie s’entretiennent avec lui : ils s’entretiennent de de son départ qui allait s’accomplir à Jérusalem, littéralement, ils parlent de l’exode de Jésus, un exode qu’il faut comprendre ici comme un chemin vers la vie, mais qui passe par une souffrance et par une mort.

Luc précise enfin que les trois disciples choisis pour l’accompagner sont « écrasés de sommeil ». Les indices sont nombreux, qui font de ce récit de la transfiguration non seulement une annonce de Pâques, mais aussi et d’abord de Vendredi Saint.    

Pierre veut dresser trois tentes sur la haute montagne de la transfiguration, éterniser ce moment de bonheur intense passé aux pieds de son Seigneur illuminé. Mais il devra attendre. Et en attendant, redescendre. Pierre, Jacques et Jean redescendent de la montagne forts d’une expérience inoubliable. Une vision indicible. Un immense point d’exclamation !

Mais aussi un formidable point d’interrogation ? C’est qu’ils n’ont pas encore tout vu. Et surtout : ils n’ont pas tout entendu. Ce n’est pas pour rien, je crois, que la proposition de Pierre – dresser « un saint camping » au sommet de la montagne – est immédiatement suivie de l’apparition d’une nuée. Ce n’est pas par hasard que, – de la nuée qui les recouvre et les inquiète, – une voix fait entendre cette consigne qui a toute son importance : « Celui-ci est mon Fils, celui que j’ai élu, écoutez-le ! »

Les disciples sont appelés à passer du mode de la vision à celui de l’écoute. Passer de l’expérience privilégiée d’une illumination – expérience que nous connaissons parfois, notamment lors d’une retraite spirituelle – à celle, exigeante souvent, ingrate parfois, mais prometteuse toujours d’une rumination de la Parole au quotidien. « Ecoutez-le ! » est le maître mot de ce récit.

Et si je l’écoute, et si je fais silence pour l’écouter, alors plus besoin de lui dresser une tente. Je pourrai me dresser moi-même, et nous pourrons nous dresser ensemble pour devenir, selon une image de l’apôtre Paul, des « temple du Dieu vivant » … 

Comme Jésus, et avec Jésus nous sommes en exode. Comme Jésus, et avec Jésus, nous sommes appelés à la vie, sans échapper à la mort. Comme Jésus, et avec Jésus, nous sommes appelés à prier pour nous laisser transfigurer.

Amen

 

 

Homélie par le pasteur Jean-Louis L’Eplattenier pour le 4 octobre 2020

Homélie par le pasteur Jean-Louis L’Eplattenier pour le 4 octobre 2020

Esaï 5, 1 – 7, Philippiens 4, 6 – 9, St. Matthieu 21, 33 – 43
mêmoire de St. François d’Assise

 

Dieu aime sa vigne ! En d’autres termes, Dieu nous aime, même dévastés, grêlés, gelés !

C’est beau de parler de vigne, en ce temps de récolte. Il y a quelques années, un orage de grêle, d’une rare violence, avait ravagé la totalité du vignoble. Le lendemain, un viticulteur de la région était allé trouver son ami, voisin, viticulteur aussi, et lui avait dit : « Va dire à ta vigne que tu l’aimes ! »

Dans l’Évangile, aujourd’hui, le problème n’est pas du côté de la vigne, mais des cultivateurs : c’est à eux que Jésus s’en prend, c’est à ces responsables, Grands prêtres et Anciens, les vignerons qu’il s’adresse.

Je pourrais m’arrêter là et faire le bilan de moi, au soir de ma vie = qu’ai-je fait des promesses de mon ordination, de la responsabilité confiée, d’une vie consacrée, de l’écoute, de la patience, du pardon, de la confiance, de la miséricorde ? Ce sera mon problème : le Seigneur m’attend à l’heure du règlement de compte.

Et puis, comment comprendre ce mystère : Dieu n’aurait-il pas eu d’autres moyens que celui de condamner son Fils à mourir ? La parabole semble dire, pourtant, qu’Il a pensé, espéré que son Fils serait respecté et qu’il pourrait accomplir sa mission : faut-il admettre que Dieu se serait trompé ?

J’aime à croire que « le chant du Bien-aimé à sa vigne » illumine l’Évangile d’aujourd’hui : Dieu ne se trompe, ni ne se renie : rien ni personne ne cloisonnent son Amour ; Jésus lui-même le confirme : « Dieu n’a pas envoyé son Fils dans le monde pour juger le monde mais pour que le monde soit sauvé par Lui. »

Il y a comme une contradiction entre ce projet de salut et la colère de Dieu, et son jugement face à la vigne du Bien-aimé et aux vignerons de la parabole.

C’est vrai que Dieu ne fait rien sans nous : Il respecte notre oui comme notre non, mais, avec ce qui lui restait de souffle, sur la croix, Jésus a dit : « Père, pardonne-leur, car ils ne savent pas ce qu’il font. »

Je ne minimise pas l’importance de notre responsabilité, ni la réalité des transgressions assombrissant notre « oui » à suivre Jésus ; notre engagement s’exprime par une obéissance, une fidélité ; mais je crois à cet incompréhensible amour de Dieu et j’y vois la perle de la Parole aujourd’hui, parce qu’elle nous rappelle qu’avec le Christ, le Souffle de Bonté poursuit en nous, et avec nous, l’œuvre que le Père a entamée = en effet, « la pierre qu’ont rejetée les bâtisseurs est devenue la pierre d’angle, la clé de voûte : c’est ça l’œuvre, la merveille du Seigneur ». Sa vigne s’est élargie à la dimension de l’univers : au-delà d’Israël et de l’Église : par sa mort, il s’est identifié à la vigne : « Je suis la vigne », dit-il, et nous sommes les sarments bien-aimés de ce cep dont nous goûtons le fruit dans l’Eucharistie : le sang du Christ et son corps pour nourrir et réjouir notre âme.

Et puis, nous poserons la question : « Comment rendrai-je au Seigneur tout le bien qu’il m’a fait » ?

Saint Paul donne quelques pistes pour réponse , en se donnant en exemple : « Mettez en pratique tout ce que vous avez appris, reçu, vu et entendu de moi »…

L’Église, aujourd’hui, célèbre la mémoire de François d’Assise, Saint-François ; alors je préfère l’attitude de communion qu’inspire sa prière si connue, demandant au Seigneur d’être instrument de paix, ferment d’amour, de pardon, de vérité, d’espérance, de joie.

Et quand nous élèverons la coupe du Salut, nous nous écrierons : « Loué soit le Seigneur » : ce sera la parole la plus belle, la plus essentielle : reconnaître que Dieu est Dieu, Le Vigneron = c’est Lui. Saint-François, encore lui, nous invite à la louange en mobilisant tout notre être …

Père, que tout ce qui est en moi bénisse ton saint nom.
Que mes mains te louent par leurs gestes,
que mes pas te louent par leurs chemins.

Que mes lèvres te bénissent à travers leurs chants,
que mes yeux te célèbrent en reflétant ta lumière, ta beauté.

Que mes oreilles te répondent en écoutant ta voix,
que ma mémoire te rende grâce en se souvenant des traces de ta Présence dans ma vie.

Que mon intelligence te loue en cherchant la Voie de ta sagesse,
que ma volonté t’honore en se faisant servante de la tienne.

Que mon cœur te loue en aimant de ton amour,
que ma force te loue en s’offrant à toi
Que mon corps te loue, demeure de ton Esprit,
que tout en moi te rende gloire.

(Saint-François)

Amen.